‹ De Québec à Lima [microforme]Chapitre 15 sur 54 · AA DE QUÉBEC A LIMA · texte numérisé non relu

AA DE QUÉBEC A LIMA

nous ; les parois de ce ravin , perpétuellement humectée” par une poussière d’eau, sont couvertes d’une végétation luxuriante, qu’on admire plus que la cascade en elle-même. Mon petit guide me cueille des framboises ; il est prévenant et gentil, presque blond; comment cela se fait-il ? Il est vrai que le village de Lorette est la promenade favorite des officiers anglais en garnison à Québec.

Entre Lorette et le lac Saint-Charles, où nous nous rendons ensuite, il faut traverser de hautes collines couvertes de bois. Des petits pois sauvages, des framboises, des arbustes couverts de baies de toutes couleurs, une flore riche et brillante, donnent une grande beauté à leurs nombreuses clairières. Je ne m’en étonne pas moins de la persévérance et du courage de ceux qui les premiers viennent s'établir dans ces forêts, qui s’y construisent leur maisonnette de planches, et se mettent à défricher un sol noir et humide.

Autour du lac sont établies quelques familles canadiennes, qui mènent cette existence patriarcale, si rare de nos jours ; au delà, de grandes montagnes s'élèvent, et le désert commence. Il s'étend jusqu’à la baie d'Hudson.

Ce soir, le gouverneur général, sir Edmond Head, fait son entrée à Québec. Il est accucilli par des sifflets, des pommes cuites et des œufs pourris. Dans un banquet que lui offraient les Anglais du

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Haut-Canada, il a eu la maladresse d'appeler les Français du Bas-Canada « une race inférieure. » On peut juger de son impopularité. Une telle erreur n'aurait jamais été commise par lord Elgin, son habile prédécesseur, dont j'entends la louange dans toutes les bouches. Puisse-t-il réussir en Chine aussi bien qu’au Canada !

Je pars demain pour le Saguenay. Il faut dire adieu à mes aimables compagnons de voyage, les Robertson, que j'avais retrouvés ici. Puissé-je les revoir un jour en Australie! C’est mon espoir ; et nous causons longuement ce soir des rivages lointains de l’autre hémisphère , des savanes, des déserts, et de ces flots que sillonna, pour la première fois, en 1642, le navire de l’intrépide Abel Tasman.

Sur le Saint-Laurent, jeudi soir, 2 septembre 1858.

Nous partons de Québec, le 1‘ septembre, de bonne heure, au bruit de vingt et un coups de canon que l’on tire en l'honneur de la réussite du télégraphe atlantique. C’est un jour de jubilé universel. L'on nomme cela ainsi en Amérique. Il me semble qu’on aurait pu attendre un peu plus long-

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