‹ De Québec à Lima [microforme]Chapitre 19 sur 54 · LE LAC HURON. LE LAC SUPÉRIEUR. LA POINTE · texte numérisé non relu

LE LAC HURON. LE LAC SUPÉRIEUR. LA POINTE

LA Vendredi, 10 septembre 1858.

Je me sépare de nouveau de mon compagnon de voyage, qui se dirige vers Montréal et Québec. Comme Toronto est la dernière ville que je doive rencontrer de longtemps, je fais mes provisions de : poudre, de plomb, de balles, et j'achète un fusil à 1 deux coups, dont l’un des canons est carabiné, arme ! très-commode et très-utile, quand on veut tout tirer asus S'embarrasser d’un arsenal. Je sors de ma (1 malle mon revolver, tout en espérant ne pas avoir l'occasion de m'en servir ni contre les Indiens, ni Montre messieurs les yankees.

pur

La seconde et la plus intéressante partie de mon voyage commence; et quoique je doive trouver la vapeur pour des centaines de milles encore, c’est

un pays moins connu, plus aventureux, plus nou- M veau que je vais parcourir. Adieu pour plusieurs A

mois à l'existence des villes, aux coutumes euro-

péennes, aux champs bien cultivés, aux pays trop | peuplés ! Salut à ces terres sauvages du Nord-Ouest, 4 qui ont pour l’entreprise et pour la jeunesse un M attrait fascinateur! Salut aux mille contrastes qui M

égayent et qui animent la vie!

J'ai eu le plaisir de faire la connaissance de M. Eugène Taché, fils d’un ancien premier ministre

canadien du temps de lord Elgin; nous devons M

faire route ensemble jusqu’au Sault-Sainte-Marie, où il va rejoindre des ingénieurs qui explorent la partie

britannique des rivages du lac Supérieur. Jeune M homme rempli d’ardeur et de franchise, affectueux M

pour la France sans être hostile à l'Angleterre, c’est

un digne représentant de cette noble jeunesse cana- |

dienne, que l’avenir appelle à de belles destinées.

Nous quittons Toronto à quatre heures du soir ; à ce # qu’il paraît, c’est ici la mode de tout faire partir à Mi la fois : trois trains s’éloignent au même instant de À la même gare; c’est une confusion incroyable. On 1 se demande comment font les malheureux émi- |#

grants, qui ne savent pas voyager.

Nos compagnons de char (c’est ainsi qu’on nomme À

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