‹ De Québec à Lima [microforme]Chapitre 21 sur 54 · ES À · texte numérisé non relu

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rivée de l'Étoile du Nord, deux fois par mois, y cause toujours un certain mouvement; car c’est le seul bateau à vapeur qui remonte le lac jusqu'ici; sur toutes ces côtes, il a autant d'importance et il est aussi connu que le Prince Gustave sur celles de la Norwége.

Nous venons de repartir pour La Pointe. Nous revoyons les falaises de grès rouge; nous glissons paisiblement sur les ondes de ce grand lac du Nord, qui paraît mystérieux et presque fantastique à l'imagination de l'enfance : l'enfance, période joyeuse, qui semble déjà bien éloignée, lorsque c’est dans ces solitudes qu’on entend sonner sa vingt-deuxième année... Mais, pendant que la jeunesse dure encore, qui n’aimerait à chasser dans ces bois avec les trappeurs canadiens, à errer sous ces falaises, dans les canolts des Chippewas ?

Je suis depuis plusieurs jours à La Pointe, days cette famille irlandaise dont j'ai parlé, et qui, forcée par des revers de fortune de s’expatrier, est venue S'établir dans ce pays lointain. Sauf cette famille, un missionnaire belge, et quelques juifs alle-

| mands, il n’y a pas d'hommes blancs à La Pointe.

Dans le voisinage, on rencontre quelques colons ainéricains et irlandais, un autre petit noyau de celle population d’aventuriers de l’ouest se trouve à Bayfield, ville nouvelle, qui a été commencée

à quelques milles d'ici sur la terre ferme. Le village de La Pointe est situé dans l’île Madeleine, l'une de ces îles que l’on appelle les douze apôtres, quoiqu'il y en ait une vingtaine. Il ne s'élève pas sur une pointe de terre, comme son nom semblerait l'indiquer, mais au fond d’une baie spacieuse, qui forme un excellent port. Les bois et les marais d’alentour sont remplis de bécassines, de pluviers, de pigeons ramiers, de canards sauvages, d’écureuils ; les rivages de l’île Madeleine sont extrèmement poissonneux. Les habitants cultivent peu la terre; ils vivent de chasse et surtout de pêche. Ce sont des métis, qui descendent en général de femmes Chippewas et de chasseurs Canadiens, employés par une compagnie de fourrures qui avait un poste ici, il y a quelques années. Ils sont la proie des juifs qui, malgré la loi, leur vendent de l’eaü-de-vie, les appauvrissent, les abrutissent, et sont les fléaux de la race. L’un d’eux s'appelle M. Autrichien (Austrian), l’autre «M. Prussien (Prussian). L'ivrognerie est le principal défaut de tous

ces métis, même les efforts des missionnaires M restent impuissants à le combattre. Cependant ils Pi

sont tous catholiques assez observants. Il n’en est pas de mème des Indiens nomades, qui composent la population flottante de La Pointe. Ceux-là sont en général idolâtres. Ils se distinguent des chrétiens par la peinture dont ils couvrent leurs joues; il y

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