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DE QUÉBEC A LIMA. 7 105 etchez les Tartares ; Atl-Kuzu n'est-il pas le vieux nom du Volga? D'après les traditions mexicaines, Quetzalcoat}l, envoyé céleste, aurait fait sortir leurs pères de la Terre de Glace, le mystérieux aztlan, pour les amener, par ner, à un point jusqu'ici non déterminé du rivage américain, d'où ils vinrent, par une suite de stations plus ou moins longues, fonder au Aexique un puissant empire. Or, c’est précisément cet exode dont M. de Humboldt ne. croit pas l’époque postérieure de beaucoup aux agitations occasionnées en Chine au cinquième siècle par la chute des Tsin'; c’est cette émigration qui serait représentée sur un des papyrus en fibres d'aloès ou d’agave, de la collection si patiemment formée au milieu des tribus du Mexique (1735 à 1745), par le chevalier milanais Boturini Benaducci?. Toutefois, dit le prince de Wied-Neuwied
1, M. de Humboldt remarque que nombre de mots mexicains se terminent par la syllabe tsin (Vues des Cordillères, p. 308). 2. Boturini, que son ardeur à recueillir toutes les antiquités indiennes avait rendu suspect, fut envoyé en 1745 à Madrid, ir y être interrogé. Sa collection fut confisquée à Mexico et - «. l'abandon, reconnu innocent à Madrid, mais séparé, dit- “ timdement, de ses chers trésors (me hallaba apartado de mi archivo!), il se contente d’en donner une liste, de mémoire, à la suite de son Idée (esquisse) d’une nouvelle histoire de l'Amérique du Nord, où il fait remonter l’émigration mexicaine jusqu’à l’époque de la tour de Babel! (Madrid, 1746, in-4) Le papyrus cité plus haut vint, on ne sait’comment, entre les mains de M. Bullock, de Londres, fixé depuis à Cincinnati; il en fit faire une Copie, publiée par M. Delafield dans son Inquiry upon the
(III volume de son Voyage), c’est en vain qu’on chercherait des Mongols dans l'Amérique septentrionale! Sans doute, répond M. A. de Gobineau, dans son Essai sur les races (1855), il y a une opposition apparente entre les types indien et mongol; mais on trouve des familles intermédiaires, qui permettent d'établir un lien entre les deux races; sans doute, les belles formes des Iroquois et des Al- &onquins se rapprochent plus du type caucasique que du type mongol; mais, sous la carnation cuivrée des Dacotahs et des Chenooks, on trouve un fond évidemment jaune ; la couleur noire de leurs cheveux, leur peau sèche et roide, leurs yeux légèrement obliques, raphellent les caractères distinctifs de la race mongole. Ces traits du visage mongol, le major Pike dit aussi les avoir reconnus chez les Dacotahs et chez les Pawnees.
Le peintre Smibert, qui accompagna d'Italie en Amérique le célèbre docteur Berkeley (plus tard évèque de Cloyne), avait fait à Florence le portrait de quelques tartares sibériens, présentés au grandduc par le czar. QuandSmibert descendit à la baie de
sur vingt centimètres de hauteur; M. Schoolcraft, chargé en 1849 d’une enquête sur l’origine et l’état actuel de la race rouge (et marié lui-même à une Indienne parfaitement élevée à Philadelphie), a reproduit ce dessin dans lepremier des grands in-folios qu'il a publiés de 1851 à 1855. M. de Humboldt, dans ses Vues des Cordillères, a publié aussi d’autres papyrus de Boturini, achetés à Mexico à la vente de M. Gama.
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Narragansets, aux premiers Indiens qu’il aperçut, il s'écria : « Voilà mes Sibériens! »
Enfin, voici le docteur Macgowan, qui, connaissant le Japon et sa langue, se fait fort d'établir, par des preuves philologiques, par des rapprochements de toute sorte, que les naturels de l'Amérique du Nord sont de la mème race (the same stock) que le : peuple Japonais! Avant lui, M. Silas Burrows avait sisnalé chez les habitants de l’île de la reine Charlotte des figures sculptées, toutes semblables à celles qu'on exécute au Japon, au point d'être prises par des Japonais pour un ouvrage de leur pays.
L'histoire de Java, de Sumatra, de la Nouvelle- Guinée, et l'étude des langues de leurs indigènes, comparées aux langues américaines, n’amènerontelles pas aussi des révélations ? |
D'autre part, les indigènes de l’Amérique du Nord appartiennent-ils à la même famille que ceux de l'Amérique du Sud? Le prince de Wied-Neuwied se trouvant, le 25 mars 1833, au milien d’Indiens Sacs et Renards, est frappé de leur ressemblance avec les Indiens du Brésil; « je les tiens, dit-il, pour être absolument de la même race!» Il remarque aussi que les momies péruviennes présentent le même type que certaines tribus du Nord. Le grand nez aquilin de plusieurs tribus du nord de l'Amérique, celui aussi des Indiens Sacs du Bas-Missouri , ressemble au nez de bélier qu’on voit
dominer dans les sculptures mexicaines, aussi bien que chez les Quichuas du Pérou, qui avaient atteint sous les Incas, lors de l’arrivée des Espagnols, un si haut degré de civilisation. Nos pauvres Indiens d'aujourd'hui appartiennent-ils donc au même sang que les conquérants Aztèques, ou que leurs sujets . les Zapotecs, subjugués par le prédécesseur de Montézuma , et dont M. Brantz-Mayer vient de dessiner les ouvrages!, dans la belle vallée d’Oaxaca, ce marquisat de Fernand Cortès, leur protecteur ? Mais alors, pourquoi n'ont-ils pas élevé partout des monuments, comme ceux de Palenqué, de Mitla, de Copan au Mexique, ou comme ceux de Trujillo, au Pérou? Faudrait-il donc attribuer uniquement à des différences de latitude, à une plus grande sécurité, enfin à toutes sortes de circonstances extérieures plus favorables, la supériorité éclatante de ces peuples artistes, astronomes, et architectes, sur leurs tristes congénères de ce temps-là et du nôtre?
Que de conjectures! que de lueurs incertaines, trompeuses! cu plutôt, que d’obscurités ! Aussi ne doit-on pas s'étonner que, fatigués de la variété et de l'inconsistance de tant d’hypothèses sur la filiation et les migrations des races, des esprits rigoureux aient porté toute leur attention sur les restes mêmes des Indiens d’autrefois, pour les comparer à la constitution anatomique et physique des Indiens