SEP
itaire le denense
30 septembre.
J'ai passé une bonne nuit, ayant pris le parti de me déshabiller. C’est ce que je conscille à tous ceux qui voyageront avec une tente dans un climat tempéré. On n’est jamais rafraîchi entièrement quand on garde ses vêtements. Nous voudrions bien prolonger un peu notre repos. Mais, longtemps avant le jour, le vieux Pike s’est levé; il faut partir.
Dès que l’aurore pâle d'une matinée nuageuse nous permet de distinguer le sentier à peine tracé, nous laissons derrière nous le lac Lone. Lorsque le jour paraît, nous nous trouvons sous des pins d’une hauteur prodigieuse qui, étant éloignés d’un cours d'eau, resteront sans doute encore debout pour des siècles. Sous leurs dômes sombres croissent avec abondance la grande herbe nommée langue de renne, et la nervine, plante rare, excellente contre les maux de nerfs et que les colons recherchent toujours, car elle annonce un bon terrain.
Peu à peu, nous élevant graduellement, nous arrivons sur une haute crête, entre le grand lac Mus-
colong, où la Mauvaise Rivière prend sa source,
et le lac des Pins. Nous entrons maintenant dans
la région appelée par les Indiens les Mille Lacs.
Quelques-uns sont déjà nommés, comme le lac.
Spider (Araignée), près duquel nous nous arrêtons à midi, mais la plupart n’ont pas encore de Aésignation. Nous en baptisons plusieurs. Nous enlevons l'écorce d’un des grands arbres de leurs rivages, et inscrivons les noms, chers à tout cœur Français, d'Orléans et de Bourbon, et au-dessous la date de notre passage. Ces noms leur resteront peut-être... Ne serait-il pas curieux, si plus tard nous revenions dans ces déserts, de trouver des villages ainsi nommés, dans les contrées qu’aujourd’hui l’Indien seul connaît encore ?
Sur presque tous ces lacs, nous voyons des troupes de canards et d’oies sauvages. Ces derniers oiseaux, qui portent en chippewa le nom très-imitatif de Wawa, sont en effet très-sauvages;, nous ne parvenons à les tirer qu’à balle : nous tuons quelques canards, mais impossible de les repêcher sans chien, à travers la boue et les roseaux.
Cette journée est très-fatigante : nous avons continuellement à couper notre route à travers les arbres , à écarter les branches mortes qui obstruent le sentier. Ce n’est que tard dans l’après-midi que nous arrivons à la grande prairie. Ennuyés de l'horizon borné des bois, nous saluons l’espace avec un plaisir extrême, nous voyons des empreintes et du crottin d’élan (moose-head deer').
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Cette vue enflamme nos passions chasseresses ! Robert et moi, nous marchons en éclaireurs; du fond d’un houquet de pins, nous apercevons un troupeau de daims qui paissent au loin dans une vallée ; le vent est en notre faveur; nous nous glissons dans les herbes, et nous arrivons assez près de ces animaux qui sont peu farouches, car les Indiens de ces parages n’ont que de vieux fusils à pierre, qui ne portent pas loin; mais, soit maladresse, soit toute autre cause, nous les manquons; et nous en avons d'autant plus de chagrin, que nous n’avons pas de perdrix ce soir , et que le lard américain ne ressemble guères au bacon appétissant qui se mange en Irlande.
Nous campons dans la prairie, sur les bords d’un lac charmant! Au milieu est une île couverte de grands pins, si bien dessinée, qu’on la dirait artificielle. Vesper se lève dans l'occident encore vaguement doré. Nous donnons à ce lac le nom poétique de l'Étoile du Soir.
Comme les nuits précédentes, la comète (en chippewa, Iskoodah) brille dans l’ouest d’un éclat merveilleux. Cette vie sous la tente, dans un pays vierge et magnifique, sans moustiques, avec un beau climat, réaliserait presque l’idéal..., sauf une femme aimée. Pour. ‘oi aucun de nos poëtes n’estil venu ici? Il aurait recueilli des images plus énergiques et plus jeunes que celles qu’on trouve
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dans les brouillards de la Seine, ou devant les sites prairie
si souvent énervants de l'Italie. j une Va | niimêèr