Ce point constitutionnnel, si longtemps débattu, vient
d’être de nouveau fixé par la sixième des résolutions propostes |
au sénat, et votées le 26 mai dernier. Un projet de constitution a été rédigé pour le Kansas, à l’assemblée de Wyandotte, le 5 juillet 1859; le bill pour l'admission de ce nouvel État dans l’Union, comme État libre, a été adopté en 1860 par la chambre des représentants; il ne lui manque plus que la sanction du sénat, qui ne pourra la lui refuser, quoique les esclavagistes y soient en grande majorité.
tous les fier en
éraleme Les élect cat répub les journ petite tail Le disc un peu fa damner 1 partis : se:
est sonore au contra) entendre faveur d'u le font ap dant, pour Ce quin conduite d de désordr qui vienn sérieuseme Quincy, tr dignes d'êt
Verrt- tous les honnêtes gens ; quand on voulut le paci- Le. Le fier en le réglant, Douglas se prononça en faveur hamp de la squatter sovereignty, c'est-à-dire du pouvoir ait en D Quauraient les premiers colons d'admettre ou d'expis dure l'esclavage.
rable; Comme de coutume, ce terme moyen mécontenta Gr ga éralement les démocrates et les républicains ardents. . SN Les élections pour le sénat vont avoir lieu, et l'avo- Union at républicain Lincoln dispute le siége à celui que, Gensus les journaux nomment le petit géant, à cause de sa s habi- petite taille et de sa vaste habileté. 0pula- Le discours de Douglas se ressent d’une position chacun un peu fausse, car il ne veut ni défendre ni con- COMME D damner l'esclavage, afin de se concilier les deux AUtON®- D ris : ses arguments sont peu concluants ; sa voix ent le est sonore, mais sans précision. La voix de Lincoln, es A0 D au contraire, peu harmonieuse mais claire, se fait Lu Les entendre au loin, et ses raisonnements serrés en ouers,
faveur d’une bonne cause, ses railleries mordantes, le font applaudir par une foule composée cependant, pour la plus grande partie, d'amis de Douglas.
Ce qui m’a le plus frappé, en effet, c’est la bonne conduite de la population pendant les discours : pas de désordre, pas d’interruptions; attitude de gens qui viennent s’éclairer, qui tiennent à exercer strieusement leurs droits politiques. Je quitte Quincy, très-persuadé que les Illinois suckers sont dignes d’être électeurs,
urent
u, vient proposées | stitution otte, le tat dans la chanction du avagistes
. Éd ne Ge rnié palin cs péri it aisersnie ét tislainiant biere ones tréphstitéi él ttragierarrrtmté ter mme + .
msi cotations cine nérdiéses eu
* Pourquoi nomme-t-on les gens de l'Illinois suc-
( | tons sept
kers? Je ne sais, mais ces genres de surnoms sont RÉ DA communs aux États-Unis. C'est ainsi que les gens |
| Palmyre,
des États de la Nouvelle-Angleterre sont nommés ii pompe
yanhees, ceux du Michigan badgers, ceux de l'Ohio DE... ss
buckeyes, de l’Indiana hosiers, du Missouri pukes, du nié as Wisconsin woolvereens. Les États ont aussi leurs sur- Entin.
à 14 : ini j |
noms : Old-Dominion est l'État de Virginie; Pine er | t k de airie, €
State celui du Maine; Cotton-State celui du Mississipi; a ie |
he | u Crescent-City est la Nouvelle-Orléans; Quaker-City, dp£.
admirable
Philadelphie ; Empire-City, New-York; Bay-City, Boston; Monumental-City, Baltimore, etc. Les journaux sont pleins de ce jargon, et si on ne le connaît pas, on risque fort de ne pas les comprendre.
colore les :
ilest impo:
k nuit qui trons dans (ours d’eat nous fait lraverser la moins gliss:
Slnts les # viture mer:
de coutum j'en crois m Cependan élrangeté ts Camps d nène à l'Ord Une pas ad lamés , not
Saint-Joseph, 16 octobre 1858.
Le 13 au soir, j'ai quitté Quiney, et j'ai été coucher à Hannibal, petite ville de l’État de Missouri, d'où je suis reparti le 14 au matin, pour gagne Saint-Joseph, en traversant les bois et les prairies. On fait déjà quatre-vingts milles de cette route en chemin de fer; mais les ouvrages sont à peine terininés, les ponts sont encore à jour, et nous mt
S sucs sont gens mmés l'Ohio kes, du rs Sur- 3 Pinesissipi , pr=-Ciy, ty, Bosur naux ait pas,
tons sept heures à faire ce court trajet. Ne serionsnous pas ingrats de nous plaindre ? Nous passons à Palmyre, à Mâcon, et à Syracuse ! Mais ces noms si pompeux font un effet singulier , quand les réalités apparaissent : Palmyre se compose de deux ou trois maisons, Syracuse d’un cabaret, etc.
Enfin, le chemin de fer s'arrête au milieu d’une prairie, et nous montons dans un de ces carrosses du marquis de Carabas, déjà décrits. Le temps est admirable, enivrant, poétique; le soleil couchant colore les vapeurs qui s'élèvent de la plaine, mais est impossible de ne pas songer aux horreurs de h nuit qui nous attend : au crépuscule, nous entrons dans un vallon boisé, sillonné de nombreux cours d’eau qu'il'faut franchir à gué. Le cocher nous fait descendre chaque fois, et nous avons à traverser la rivière sur des troncs d’arbres plus ou moins glissants; toutefois, ce sont encore là les insants les moins désagréables ; car les cahots de la voiture merappellent le roulis de l'Arabia, et comme de coutume, la digestion de mes compagnons, si j'en crois mes oreilles, est fort orageuse.
Cependant, telle est la beauté de ces forèts, telle étrangeté de ce pays nouveau, tel le pittoresque ts Camps d’émigrants, semés sur ce chemin qui nène à l’Orégon et à la Californie, qu’il est difficile le ne pas admirer. À minuit, éreintés, rompus et lamés , nous nous arrêtons devant un petit hôtel,
rairies.
‘oute en ine tel-
où nous nous cre sons avec la voiture venant de Saint-Joseph. Nous demandons quelque chose à manger, même un morceau de pain sec; on nous répond insolemment qu’on n’a rien à nous donner. Un moment après, MM. les cochers (le nôtre est un capitaine) sortent d’une arrière-chambre, k boucheencore pleine. Pour le coup, mes Américains sont indignés;, mais bientôt : « c’est un pays libre, me disent-ils ; l’aubergiste n’est malhonnète qu'à ses dépens; c’est une preuve de plus de l'indépendance du caractère américain. » Le lieu où la scène se passe mérite d’être célébré, il porte le beau nom de Linnæus !
De bon matin, nous rentrons dans. des prairie égayées de temps en temps par lés maisons des colons, mais la route n’est guère meilleure. Enfin, après une longue journée, nous arrivons à la set. tion de chemin de fer ouverte entre le désert à Saint-Joseph !. Ilestquatre heures : des brumes d'or entourent l’ouest vers lequel nous nous dirigeons. Bientôt les bois succèdent aux prairies. Puis des steppes marécageux, d’où s’envolent bruyammert les cansrds sauvages et les poules de prairie, an nonceut le voisinage du Missouri! Le Missouri, non magique pour moi! Associé dans mon esprit avt l'étendue illimitée, le mystère, les neiges éternellé
1. La ligne entière de Hannibal à Saint-Joseph a été ouverk quatre mois après, le 22 février 1859.
des moi qu'habit( Aujout caravane, espagnol:
files d’an gres et 1 part*, Ce c Joseph, ce y compris six heures Nous sc américain.
de violence
l. Depuis le ‘press, porte s lettres venay
des montagnes Rocheuses et le désert immense qu'habitent les Comanches!
Aujourd'hui, je parcours Saint-Joseph, auquel les caravanes qui partent, qui arrivent, les muletiers espagnols du Nouveau-Mexique avec leurs longues files d'animaux chargés de marchandises, les nègres et les Indiens, donnent une physionomie à part. Ce qui malheureusement abonde aussi à Saint- Joseph, ce sont des mauvais sujets de toutes nations, y compris des républicains rouges français. Passé sx heures, l’homme prudent ne sort pas de chez lui.
Nous sommes sur les confins du grand désert anéricain. Une espèce de simoun. souffle avec tant de violence, que le ciel semble rempli de nuages de poussière, et que les bateaux à vapeur du Missouri ne peuvent pas partir.
ant de hose à n nous 1s donle nôtre bre, la éricains ys libre, ête qu'à ndépenla scène eau non
prairies
Lawrence (au Kansas) ce 18 octobre 1858.
Hier, j'ai fait 70 milles sur le Missouri, et suis Yenu coucher à Leavenworth, d’où je suis reparti
D mm og mm ttes nitrate ” - :
l. Depuis le 3 avril 1860, un courrier à cheval, le Pony- Express, porte en dix jours, de Saint-Joseph à San-Francisco,
été ouvef es lettres venant de New-York ; il y a soixante-quinze relais,
ce matin; et je viens d'arriver à Lawrence, après avoir traversé la prairie des Delawares, dans une de ces voitures légères appelées buggy's.
Pendant la guerre civile de 1856 et 1857, Leaven. worth était la citadelle du parti de l'esclavage, Lawrence du parti de la liberté. On le devinerait aisé. ment, en voyant d’un côté la saleté, la férocité, h paresse; de l’autre la propreté, l’activité, l'industrie. À propos de Douglas et de Lincoln, j'ai déjà di quelques mots des différents partis qui, les armes la main, firent du Kansas un champ de bataille, tandis que, sur la même question, des débats orageux avaient lieu à Washington, dans le Sénat ou dans la chambre des Représentants. La question en elle-même est fort simple. En deux mots : le Nori voulait un nouveau sol pour le travail libre, le Mi un nouveau marché pour ses esclaves. C'était une question, non-seulement de principes, mais d'inttrêts. Aussi ne faut-il pas s'étonner derencontrerunt âpreté et une extrème violence chez les deux partis, mais c’est dans celui de l'esclavage que se comnirent toutes ces atrocités, toutes ces infamies, qui oi donné au Kansas une si triste célébrité.
Dès qu’il devint urgent, en 1855, d'organiser k gouvernement du Kansas qui, jusqu’en 1854, avaiti peine été colonisé, le Sud résolut de conquérir tt territoire à l'esclavage, d’élire immédiatement un législature que'onque, et d'établir les lois les ph
L sera coup | travaux fo
sévères duKan:
facilités maient était vo celui de grand n més à j lière). | naturelle son-Blar Toutes 1 déral fu:
le gouve marécha tant Fain Sous Ie tion du p de la ser et ronde sés de l’e el une ass der-ruftian doivent at nelle infa il est dit : 0
» APrès une de
Leavene, Lawait aisé ocité , la ndustrie.
déjà dit armes à bataille, bats ora- Sénat où estion en : le Nord e, le Mi était un
e comNiies, qui ON
ganiser le 5h, avaiti quérir € ment uni is les pli
DE QUÉPEC A LIMA. 151
sévères contre les partisans de la liberté. La position du Kansas donnait aux démocrates du Sud de grandes facilités pour exécuter ce que leurs journaux nommaient « cette sainte tentative; » car ce territoire était voisin de l’État du Missouri, qui dispute à celui de l’Arkansas l'honneur de posséder le plus grand nombre de ces voleurs ou assassins, nommés à juste titre border-ruffians (gredins de frontière). De plus, le parti démocratique , qui aime naturellement l'esclavage, dominait alors à la Maison-Blanche, en la personne du président Pierce. Toutes les nominations émanant du pouvoir fédéral furent donc faites dans le sens de ce parti: le gouverneur Reeder, le juge Lecompton, le maréchal des États-Unis Donaldson, et son assistant Fain.
Sous les auspices de ces hommes qui, à l'exception du premier , se montrèrent les âmes damnées de la servitude, les élections se firent promptement et rondement, les électeurs du parti libre étant chassés de l'endroit où l’on votait par les Missouriens, et une assemblée, composée exclusivement de border-ruffians, mit au jour un recueil de lois qui doivent attacher au nom de leurs auteurs une éternelle infamie. Dans ces lois, entre autres choses,
Lilest dit: « que quiconque parlera contre l'esclavage p sera coupable de félonie, et sera condamné aux | travaux forcés, le maximum étant de cinq ans, le
ae —…
Re DES Ses
nero ne mn ne na SE
minimum de deux ans (Statut du Kansas, chap. 151, section 12); que quiconque introduira des livres séditieux sera puni de la penie de mort, etc., etc.» Je passe sous silence des règles sur l’organisation des prisons, conçues avec toute la froide cruauté d’un pays qui a inventé le système cellulaire. Ainsi, comme l’a attesté un voyageur anglais, celui qui possède la Case de l'oncle Tom est regardé ia comme un aussi grand malfaitcur qu’un assassin! Et quand on songe que ceci se passe sous un gouvernement dit démocratique, et dans un pays qui se dit libre! quand on songe que l'frlandais Mitchell, qui ne pouvait vivre sous le gouvernement « despotique » de l'Angleterre, a établi un journal pour glorifier et défendre ces opinions abominables; les lächetés et les trahisons de la vieille Europe sem-
1. Le Montgomery-Mail, journal le plus important de l’État d’Alabama, contenait l'avis suivant, le 17 janvier 1860 : « On invite toutes les personnes possédant des exemplaires des sermons de l’infâme abolitionniste anglais Spurgeon, à les envoyer à li cour de la prison pour être brûlés. Une souscription est ouverle (is set on foot) pour acquérir tous les exemplaires de ces sermons que nos librai.es peuvent avoir en magasin, afin de les brûler par la même «ucasion. » Et le même journal, en rendant compte, quelques jours après, de cette exécution, ajoutait: « Nous espérons bien que les œuvres de ce crasseux brailleur (greasy cockney vociferator) recevront le même traitement dans toute l'étendue du Sud; et si le pharisaïque auteur se montrait jamais ici, nous avons la confiance qu’un bout de corde serait promptement passé autour de son éloquent gosier. 11 a prouvé qu'il n’était qu’un sale calomniateur (a dirty slanderer), eton doit le traiter en conséquence. »
blent n quler telligen Cepen draconie
il est dil persévér terre. Le le Congr sociétés « rence s’a, l'entoura; Le Sud gouverne dération, cité duqu der-ruffia en régime irailleurs Atchison, des États- Conda, à 1 publique (agé le 21 mes des É Pouvoir pi ques mois Das dans 1
, 151, es Séelc.» À sation ruaulé e.
s, Celui rdé it assin!.
n gouqui $C fitchell, t « desal pour
de lÉtt :«Oninsermons voyer à li st ouverlè
n rendant ajoutait:
brailleur ment dan montrait rde serait a prouvé er) | et on
blent moindres, et l'on se dit qu’il n’y a rien de tel que le pouvoir de l'aristocratie, c’est-à-dire de l’in-
telligence.
Cependant, malgré cette terreur, malgré ces lois draconiennes, le parti libre n'était pas vaincu; car ilest difficile de triompher de l'énergie et de la persévérance des habitants de la Nouvelle-Angleterre. Le parti républicain reprenait courage dans le Congrès, et demandait de nouvelles élections. Les sociétés dre Boston étaient actives. La ville de Lawrence s’agrandissait , s’embellissait; et ses citoyens l'entouraient de retranchements en terre.
Le Sud résolut de frapper un grand coup. Le souverneur Reeder, qui avait montré quelque modération, fut remplacé par un homme sur la férocité duquel on pouvait compter (Shannon). Les border-ruffians se mirent en campagne, et se formèrent en régiments sous le nom de « gaillards de la Platte, lirailleurs de Kickapoo. » Le général David R. Atchison, sénateur du Missouri, ex-vice-président des États-Unis, se mit à leur tête. Le shériff les seconda, à le tête du Posse, c’est-à-dire de la force publique du comté! Lawrence fut envahi. et saccagé le 21 mai 1856, le grand hôtel brûlé; les hommes des États libres furent partout traqués, et un pouvoir pillard et sanguinaire régna pendant quelques mois sur cette belle contrée. Je n’entrerai das dans les péripéties de la guerre civile ; mais je