DÉ QUÉPEC A LIMA
pourront bientôt jouir paisiblement, et par leur travail personnel, des avantages que leur procure un beau pays, plein de ressources et d'avenir.
Des prairies ondulantes, couvertes de poules et de dindons sauvages, et plus loin de bisons et de daims; des cours d’eau nombreux; dans les vallées, des bois de chènes, de cotonniers, et de hickory dont les feuilles dentelées, dans l'espèce à écorce lisse, rappellent un peu les frênes de l'Irlande; quelques hautes collines isolées, qui ressemblent de loin à des tours, tel est l'aspect de cette contrée qui a près de 600 milles de long, depuis le Missouri jusqu'aux montagnes Rocheuses. Les Indiens occupent une partie du sol, qui leur a été assuré par le gouvernement des États-Unis sous le nom de Réserve. Plusieurs tribus y sont venues des bords de l’Atlantique ; ainsi les Delawares cu Mohicans, que j'ai visités aujourd'hui, sont les ascendants des guerricrs qui habitaient les montagnes de l'État de New- York. Parmi eux, j'ai vu quelques beaux types de jeunes filles; et ce sont évidemment des sauvages bien supérieurs aux Chippewas et aux Sioux; mais ils sont plus civilisés, et sont par conséquent moins intéressants pour un voyageur. Plus loin, sont les Réserves des Indiens Renards, des Shawnee, des Osages, des Pottowatomies du Michigan; presque tous abâtardis moralement, sinon physiquement, par le contact des hommes blancs. Ce n’est que plus
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DE QUÉBEC À LIMA. 157 au sud, dans le territoire indien, que l’on trouve trois tribus, les Choctas, les Creewks et les Cherokees, qui n'ont pas dégénéré en se civilisant. Ces peuples cultivent la terre; ils ont des nègres pour lesquels ils sont plus humains que les blancs; ils établissent des écoles, impriment des journaux; ilsse flattentmême,commeleur nombreaugmente chaque jour, d'être admis tôt ou tard à former un État.
Lawrence est située dans une excellente position, sur une colline qui domine le cours de là rivière Kansas, La ville commence à sortir de ses ruines; de nombreux ouvriers reconstruisent le grand hôtel. En attendant, je loge dans une maison en bois, dont les fenêtres sont presque toutes sans carreaux, ais le froid n’est guère à craindre. Rien en effet ne peut égaler la beauté du temps. C’est le moment enivrant et poétique que l’on nomme «l'été indien ; » le matin et le soir, des brumes légères, quelque chose de velouté dans les horizons et dans le ciel ; etsur la terre, les éclatantes couleurs de l’automne, un ciel élevé, un soleil joyeux, mais ni grande chaleur, ni froid; enfin des journées où l’on se sent heureux de vivre.
Ce soir , d'immenses tourbillons de fumée cerise remplissent l'Ouest, ct semblent s'élever dela prairie. Mes regards sondent l’horizon. Je suis arrivé à inon point extrème à l'Occident : demain, je me tourne vers l'Est, Je laisse derriëre moi les mon-
tagnes Rocheuses, le Nouveau-Mexique, les ruines mystérieuses du Rio-Gila, explorées seulement par les trappeurs; et, quoique désireux de regagner les pays civilisés à l'approche de l'hiver, je ne puis m'empêcher de regretter de ne pas tenter l'aventure jusqu’au bout, de ne pas pénétrer plus avant dans ces régions de l'inconnu ! ‘
soit peu fallait pa Voulant coucher, vait avec