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COLLEGE. COUP D'OEIL SUR LA LITTÉRATURE AMÉRICAINE

Rivière House. — Boston, 21 novembre 1858.

Les montagnes Blanches forment deux groupes qui occupent tout le nord du New-Hampshire. Les Américains ont donné aux principaux pics le nom de leurs grands hommes : le mont Washington est k plus élevé du premier groupe, le mont Lafayette du second.

On découvre une vue admirable du haut du mont Washington ; mais la neige et le froid rendaient l'ascension impossible à cette saison de l’année. Parti de bonne heure de Gorham, je suis

donc réduit à me contenter de traverser les forèts premie et les défilés des montagnes. Tout est couvert d’une M associé: couche épaisse de neige; et lorsque nous sortons ingrate des bois qui nous abritent un peu du vent glacial, son san le froid est aussi intense qu’à Saint-Pétersbourg. Nous Mais je ne m'en plains pas, car on ne doit voyager les che que pour voir les pays sous leurs aspects originaux. obligés Ces mêmes gorges, pendant les chaleurs d’un été porte le américain, présentent un tout autre spectacle. Le le

Nous nous arrêtons pour reposer les chevaux à dons à I la maison Crawford, près du défilé le plus étroit de me ram la chaîne, que l’on nomme l’Entaille (the Notch). Les seogie Crawford sont des colons qui vinrent s'établir dans Anglete ces solitudes. Leur aïeul, Abel Crawford, vers 1792, Par les explora ces cimes, établit des sentiers, et en 1840, il à habite gravit le premier à cheval, le mont Washington. Il raissen avait alors soixante-quinze ans. Cinq ans après, ce dire qu vigoureux vieillard était élu comme membre de là lérance législature de New-Hampshire, et ses collègues en décl admiraient encore la rectitude de son jugement et la fonctio vivacité de son esprit. Il est mort « plein de jours, » mis da vers 1850, laissant une postérité robuste comme lui. Rent

À la nuit tombante, nous repartons, et nous assez pe avons bientôt gagné la plaine. La lune éclaire les ville po

montagnes, et le sommet arrondi du mont Washing- el je ca ton regarde dans la nuit le dôme conique du mont Æ Trois-M La Fayette. Les r

Ces deux grands noms dominent l’histoire des Boston,

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premiers temps des États-Unis. Partout ils sont associés ensemble. Et l’Amérique n’a point été ingrate pour l’intrépide gentilhomme qui consacra son sang et sa fortune à la cause de la liberté.

Nous désirions pousser jusqu’à Littleton, mais les chevaux sont trop fatigués, et nous sommes obligés de nous arrêter dans un petit village qui porte le doux nom de Bethléen.

Le lendemain, de bonne heure, nous nous rendons à Littleton, où je prends le chemin de fer, qui me ramène à Boston par les bords du lac Winnipiscogie et Concord. C’est le cœur de la Nouvelle- Angleterre. Le pays est peu fertile, mais bien cultivé. Par les beaux temps d'été, il doit être très-agréable à habiter. Les habitants du New-Hampshire me pa. raissent instruits et intelligents. Je suis fâché de dire qu’ils viennent de se distinguer par une intolérance qui n’est ni de leur siècle ni de leur pays, en déclarant les catholiques exclus de toutes les fonctions gouvernementales. Ce serait à peine permis dans un État à esclaves.

Rentré à Boston un samedi soir, je connais encore assez peu l'esprit éclairé des hautes classes de cette ville pour ne pas aser faire des visites le dimanche, et je consacre cette journée à visiter la cité des Trois-Monts.

Les rues étroites et tant soit peu tortueuses de Boston, avec leurs fréquentes montées et leurs

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vieilles maisons, charment les yeux fatigués par l’'uniformité ordinaire des grandes métropoles des États-Unis. En outre, les Yankees ont eu assez d’imagination pour donner des noms à leurs rues, ct l'on ne rencontre pas ici les rues 1, 2, 3, ou A, B, C, l’éternelle avenue Jefferson, l’inévitable square Madison, etc. i

Sur le sommet d’une des trois collines qui ont donné à la ville son surnom, se trouve un jardin public, nommé the Common ; il est borné au nord par la belle rue Beacon, où s’élèvent les maisons de Prescott, de Ticknor et de presque lous les gens distingués qui habitent Boston. C’est à Boston qu'est mort, en mars 1838, le docteur Bowditch, le plus éminent mathématicien qu'ait produit l'Amérique, et le plus célèbre, après Franklin, dans le monde savant. Il venait d'achever la traduction, avec un commentaire approfondi, de la Mécanique céleste de La Place.

Faneuil-Hall, sur la place du marché, est un vicil édifice en briques, autrefois hôtel de ville. Il est cher aux Américains; car il leur rappelle l’énergique résistance de l'assemblée du Massachusets aux prétentions exorbitantes de l'Angleterre.

La presqu'île de Boston est trop étroite pour sa population, et de nombreux faubourgs se sont groupés sur les langues de terre avoisinantes. Dans un de ces faubourgs, celui de Charlestown,

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