RES
çais de la Nouvelle-Écosse), se cherchèrent à travers le monde, et ne se retrouvèrent qu’au moment de la mort. Le poëme est écrit en hexamètres, mesure de vers que Longfellow semble atfectionner.
On ne peut non plus passer sous silence les pièces lyriques du poëte de Cambridge; les vers sur le beffroi de Bruges, ce beffroi vieux et noir, trois fois brûlé et trois fois relevé, où le poëte, au sein de l'antique tour, entend battre un cœur de fer; sur Nuremberg, la ville des minnesingers, la ville où vécut Albert Dürer, « cet évangéliste de l’art, au cœur simple et révérant; » la Pluie en été; le Nuage errant, etc., sont des chefs-d’œuvre, soit comme évocation de souvenirs historiques, soit comme éloquence d'expression. Je veux citer quelques passages de cette dernière pièce, adressée à un chef indien:
« Sombre et ténébreux es-tu, chef des puissants Omahas! Sombre et ténébreux, comme le nuage errant, dont tu as pris le nom. Enveloppé dans ta couverture écarlate, je te vois errer à travers les rues étroites et populeuses de la cité, comme erraient autrefois sur le bord des rivières ces oiseaux inconnus, qui ne nous ont laissé que l’empreinte de leurs pieds!
1. Allusion aux études de Silleman, Hitchcock et Deane, sur le grès bigarré du Connecticut.
Ent ia race venir ( Prairie:
respiré toisant terrain d'un dé
Retot Wabasl lu es fc Écoute !
déserts beaux , « reçut ur qui mail truire la toi et p plus fate tissant, affronte souri !— brillent lueur gr signale,
à tra- \u mohexasemble
s pièces sur le r, trois sein de er; Sur ville où art, au le Nuage me évome éloes pasun chel
nts Omaint, dont écarlate, leuses de s rivières mpreinte
eane, sur
Encore un petit nombre d'années, et que restera-t-il de a race? la trace de tes pas! Comment peux-tu aller et venir dans ces rues, toi qui as foulé le vert gazon des Prairies? Comment peux-tu vivre dans cet air, toi qui as respiré l’air si pur des montagnes ? Ah! c’est en vain que toisant ces murs et ces trottoirs, tu as l’air de réclamer le terrain de ies chasses, qu'ils ont envahi ; à tes regards pleins d'un dédain superbe, on répond par des regards de haine...
Retourne donc à tes bois, dans les régions à l’ouest du Wabash; c’est là que tu es roi encore! c’est là que tu es fort et grand, un dompteur de chevaux, un héros! Écoute! quel est le murmure qui s'élève du cœur de ces déserts montagneux ? est-ce le cri des renards et des corbeaux , ou le cri du Behémoth immense, qui, sans être blessé, reçut un jour sur ses défenses les carreaux du tonnerre, et qui maintenant est aux aguets dans son repaire, pour détruire la race de l’homme rouge? Ah! bien plus fatal sera pour toi et pour ta race que Îles corbeaux et les renards, bien plus fatal pour toi et ta race que le Behémoth au pas retentissant, sera, vois-tu, ce grand canot-tonnerre, dont la proue affronte et brise le courant, pourtant impitoyable, du Missouri!— Et là-bas, au loin, sur les Prairies, les feux de camp brillent à travers la nuit; et ce nuage de poussière dans la lueur grise de l’aube, ce n’est point la voie du bison qu’il signale, ni le galop du Mandane , l’habile cavalier; c’est la caravane qui blanchit le désert où habitent les Comanches….. Ah! comme l’haleine de ces Saxons et de ces Celtes, pareille au vent d’est, fait reculer de plus en plus à l’ouest la chétive fumée du wigwam |
Gloomy and dark art thou, O chief of the migthy Omahas; Gloomy and dark, as the driving cloud, whose name thou hast taken !
Wrapt in thy scarlet blanket, I see thee stalk through ile city’s
Narrow and populous streels, as once by the margin of rivers
Stalked those birds unknown, that have left us only thuir foot prints.
What, in a few short years, will remain of thy race but footprints ?
How canst thou walk in these streets, who hast trod the green turf of the prairies ?
How canst thou breathe in this air, who hast breathed te sweet air of the mountains?
Ah! ’tis in vain that, with lordiy looks of disdain, thou dost challenge
Looks of dislike in return, and question these walls and these pavements,
Claiming the soil for thy hunting-grounds.….
Back, then, back to thy woods, in the regions west of the Wabash!
There, as a monarch, thou reignest.….
There, thou art strong and great, a hero, a tamer of
horses! |
Hark! what murmurs arise from the heart of those mountainous deserts?
Is it the cry of the Foxes and Crows? or the mighty Behemoth
Who, unharmed on his tusks once caught the bolts of the thunder,
And now lurks in his lair, to destroy the race of the red
man ?
Far m Be Far mo Fo Lo! the sol Merciles can Gleam t of t Marks n hor: IL is à :
Con Ha! hov bla
Drifts e wig
Long Courtsh vieux ec nir en ville ; il envoi refuse, Vous pi entre |:
qu'il ad un ami cilla.
Jugh the
argin of
nly thoir
race but trod the athed tie lain, thou
walls and
rest of the
tamer of
of those
ighty Be-
bolts of the
DE QUÉBEC A LIMA. 205 Far more fatal to thee and thy race than the tread of Behemoth,
Far more fatal to thee and thy racethan the Crows and the Foxes.
Lo! the big thunder-canoe that steadily breasts the Missouris.
Merciless current! And yonder, afar on the prairies, the camp fires
Gleam through the night; and the cloud of dust in the gray of the day-break
Marks not the buffalo’s track, nor the Mandan'’s dexterous horse-race :
Lis a Caravan, whitening the desert, where dwell the Comanches!
Ha! how the breath of these Saxons and Celts, like the blast of the east-wind,
Drifts evermore to the west the scanty smokes of thy wigwams!
Longfellow vient de publier cet automne the Courtship of Miles Standish. Miles Standish est un vieux capitaine puritain de Plymouth ; il veut obtenir en mariage Priscilla, la plus jolie fille de la ville; mais au lieu de la demander lui-même, il envoie le jeune Aiden plaider sa cause. Priscilla refuse, et lui dit : « Pourquoi, John, ne parlezvous pas pour vous-même? » Alden est partagé entre la joie qu’il éprouve de se voir aimé de celle qu'il adorait secrètement, et la crainte d’avoir trahi un ami; puis, quelque temps après, il épouse Priscilla,
Cette histoire bien simple a été remplie de charmants détails par le poëte, qui descend, dit-on, de John Alden‘; mais elle ne comportait pas un développement aussi considérable, et elle me parait inférieure à beaucoup des autres œuvres de Longfellow.
Ce qui pourrait avoir contribué à cette impression chez moi, c’est que je trouve les puritains les gens les moins séduisants et les plus antipathiques du monde.
Dans les pièces fugitives qui suivent the Courtship of Miles Standish, il en est une, the Two Angels, aussi remarquable par son originalité, que par les bons sentiments qu’elle contient. Elle fut inspirée par la naissance d’un enfant de Longfellow, le matin même où mourait la jeune femme du poëte Lovell.
Je demande la permission de la citer avec la traduction en vers, due à la muse d’un aimable poëte du Berri, M. de Vasson.
1. Miles Standish signa le sixième, et John Alden le septième, la convention (covenant) par laquelle quarante et un chefs de famille ou hommes libres, à bord du May-Flower, avant même d’être en vue des côtes de l'Amérique, s’engagèrent le 10 novembre 1620 à obéir aux lois qu’ils feraient en commun pour le bien général de la société, tout en restant, disaient-ils, fidèles sujets de notre souverain et seigneur le roi Jacques Ie". Le 17 février 1621, Miles Standish fut élu capitaine de la milice de Plymouth et se signala dans les luttes contre les Indiens.
e char- -On, de 1 déveparaît Long-
mpresins les thiques
puriship Is, aussi es bons rée par le mau poële
> Ja trale poëte
septième, \ chefs de ant même novembre e bien gésujets de rrier 1621, outh et se
Two angels, one of Life, and one of Death, Passed o’er the village as the morning broke; The dawn was on their faces; and beneath, The sombre houses capped with plumes of smoke.
Their attitude and aspect were the same; Alike their features, and their robes of white; And one was crowned with amaranth, as with flame, And one with asphodels, like flakes of light.
I saw them pause on their celestial way: —
Then said I, with deep fear and doubt oppressed : ‘Beat not so loud, my heart, lest thou betray
The place where thy beloved are at rest! ”
And he, who wore the crown of asphodels, Descending at my door, began to knock :
And my soul sank within me, as in wells The waters sink, before an earthquake’s shock.
[ recognised the nameless agony, The terror, the tremor, and the pain, That, oft before, had filled and haunted me, And now returned with threefold strength again.
The door I opened to my heavenly guest,
And listened, for I thought I heard God’s voice ; And, knowing whatsoe’er He sent was best,
Dared neither to lament or to rejoice.
Then, with a smile that filled the house with light : — ‘My errand is not Death, but Life, ” he said;
And, ere Î answered, passing out of sight, On his celestial embassy he sped.
TT was at thy door, o friend, and not at mine, The angel with the amaranthine wreath
Pausing, descended; and, with voice divine, Whispered a word... that had a sound like death...
Et l'an, S'appr Dans n Comme
Then fell upon the house a sudden gloom, A shadow on those features fair and thin;
And softly, from that hushed and darkened room, Two angels issued, where but one went in.
Alors je Mal sa Mal au Palpitar All is of God! If He but wave His hand,
The mists collect, the rains fall, thick and loud; Till, with a smile of light on sea and land,
Lo! ñe looks back from the departing cloud.
A l'env Ce que Quoi qu Dois-je Angels of Life and Death alike are His;
Without His leave they pass no threshold o’er, Who then would wish or dare, believing this,
Against his messengers to shut the door ?
Alors /” Ce sour « Je sui Dit-il;
L'ange de mort, à l’aube, avec l’ange de vie Planaient dans la lumière, et la terre endormie Gisait dans l’ombre encor. Des toits, sous leur linceul, S'exhalait la fumée en panaches de deuil!
Ils avaient mêmes traits, même forme immortelle ; L'un d’eux portait au front couronne d’asphodèle; Couronné comnie lui, l’autre envoyé de Dieu Portait fleur d'amaranthe à la couleur de feu.
Je les vis s'arrêter dans leur course divine;
Je voulus comprimer mon cœur dans ma poitrine; Ce cri seul en sortit : « Oh! cachons-leur toujours Les lieux où j'ai placé mon nid et mes amours ! »
Et l'ange qui portait couronne d’asphodèle S'approcha de ma porte : — une angoisse mortelle Dans mon sein, aussitôt, tarit mon sang troublé, Comme l’eau dans la source où la terre a tremblé.
eath..….,
Alors je reconnus la cruelle agonie, Mal sans nom qui souvent a déchiré ma vie, Mal au frisson glacé, qui ressaisit mon cœur Palpitant, cette fois, d’une triple terreur...
A l'envoyé du ciel j’ouvris, tremblant d'apprendre Ce que Dieu, par sa voix, allait me faire entendre; Quoi qu’il donne, il est bon! je n’ose pressentir….. Dois-je déjà pleurer ? dois-je me réjouir ?
Alors l’ange sourit : d’un rayon de lumière, Ce sourire éclaira la maison tout entière. .… « Je suis l’ange de vie, et non l'ange de mort ! » Dit-il; il disparut, que j'écoutais encor...
Ami! l’ange rortant couronne d’amaranthe, S'arrêta, descenaît, et sa voix déchirante Non chez moi, mais chez toi, laissa tomber tout bas . De ces lugubres mots qui sonnent le trépas.…..
Soudain, sur ta maison, on crut voir un nuage Qui voilait de son ombre un pâle et doux visage : Dans cet appartement, sombre et silencieux,
Ïl n’entra qu’un seul ange : on en vit sortir deux !
Tout est de Dieu! les vents, qui poussent les nuages, Et la pluie à torrents que versent les orages,
Comme aussi les rayons, qu’au monde contristé Ramëne le soleil où sourit sa bonté;
Vous, ses anges de deuil et ses anges de joie, Vous ne venez à nous que lorsqu'il vous envoie. Qui de nous oserait, cette pensée au cœur,
Se refuser d'ouvrir aux anges du Seigneur ?
J'ai eu le chagrin de ne pas rencontrer Longfellow, qui était malade lors de mon séjour à Boston ; chose rare; car, conime me disait son beaufrère Appleton, « Henry à une bonne santé, contre toutes les règles poétiques. » J'ai été reçu par Mme Longfellow dans un beau salon, richement meublé, et plein d'objets d’art.;On reconnaît immédiatement en elle Mary Ashburton, l'héroïne du roman de Lonjifellow (Hypérion); cette jeune fille dont les yeux « étaient lumineux comme les planètes, sans être scintillants comme les étoiles. » Belle encore, mère de beaux enfants, gracieuse, avec une tournure d'esprit originale et distinguée, elle est digne de l’homme dont elle partage la vie; et si quelqu'un est heureux ici-bas, il me semble que ce doit être l’auteur d’Évangeline.
Bryant, le poëte de New-York, que plusieurs personnes préfèrent à Longfellow, tient beaucoup plus intimement à la littérature anglaise, et en particulier à Byron, dont il emploie la strophe dans plusieurs de ses poëmes. C’est une nature mâle, énergique, mais sévère et un peu triste, et par cela même moins sympathique que celle de Longfellow. Jeté de bonne heure dans le tourbillon américain,
Boucan tremen:
1849, | delaire ses Cor man el sible d Ulalum Courts, ténébre sent po rés par crimin
Qui:
de Pres des en hardies plus pu
Longfel- * à Bosn beau- , Contre eçu par chement It immé- ‘oine du une fille les plaétoiles. »
acieuse, tinguée, e la vie;
semble
Lurs peroup plus particuans plule, énerpar cela gfellow.
éricain,
sans fortune, obligé de se mettre à la tête d’un des journaux de New-York, ce qui lui a manqué, c’est le calme et le loisir. Véritable poëte, quand il se trouve devant la nature, son âme s'élève, les images se pressent dans son esprit, et rien n'est plus magnifique que ses descriptions de la prairie et de la splendeur automnale de la forêtaméricaine.
Après Bryant, viennent Lovell, qui a remplacé Longfellow dans l’enseignement des littératures étrangères au collége d'Harvard ; Dana, l’auteur du Boucanier; enfin, Edgar Allan Poé, inort du delirium tremens dans ün hôpital de Baltimore, le 7 octobre 1849. Les traductions étonnantes de Charles Beaudelaire ont familiarisé les lecteurs parisiens avec ses contes fantastiques, qui surpassent ceux d’Hoffman en intensité et en horreur. Mais il est impossible de rendre ses poëmes étranges, la Corneille, Ulalume, a Cité de la mer, le Palais hanté, etc. Courts, toujours irréprochables quant à la forme, ténébreux, difficiles à suivre et à saisir, ils maîtrisent pourtant l'imagination, et semblent être inspirés par tout ce qu’il y a de plus horrible et de plus criminel dans l'univers.
Qui n’a pas lu l’histoire de la conquête du Mexique de Prescott, cette narration brillante et fidèle d’une des entreprises les plus merveilleuses et les plus hardies dont l’histoire fasse mention ? Prescott a de plus publié Ferdinand et Isabelle, la Conquête du Pérou,
et en ce moment il écrit l’histoire de Philippe II, dont les deux premiers volumes ont déjà paru!
J'ai été visiter Prescott aujourd’hui. Un domestique irlandais m'a introduit dans une bibliothèque richement meublée; au-dessus de la cheminée, un beau portrait espagnol et deux cadres, contenant, l’un une dentelle provenant du linceul d'Isabelle la Catholique; l’autre un morceau de la bière de Fernand Cortez; sur la cheminée ellemême et sur les tables, plusieurs bronzes antiques; puis, ouvert sur une chaise, l’Épisode de l'histoire de Hanovre, par Blaze de Bury. J'avais eu le temps d'examiner toutes ces choses, quand le panneau d’une des armoires s’ouvrit, et Prescott parut. C'est un homme de cinquante à soixante ans, grand, assez maigre, avec beaucoup de calme et de disünction dans les manières, et une grande bienveillance dans le regard. Nous causâmes d’abord de la pluie et du beau temps ; désireux de le mettre sur quelque sujet plus intéressant, j’eus l’heureuse inspiration de lui demander de qui était le portrait au-dessus de la cheminée. « C’est celui de Gonzalve
1. Prescott a terminé le troisième volume avant de mourir, le 28 janvier 1859, à Boston. Il était né en 1796, à Salem, en Massachusets. La septième édition américaine de Ferdinand et Isabelle est de 1854; la première avait paru en 1838. On a réuni en un volume in-8, Boston, 1845, et Londres, 1856 (Routledge), les articles fournis par Prescott au North-American Review. M. Ithier a traduit le Philippe IT en français, 5 vol. in-8, 1860.
de Cord moi ded je sais qi assez SOU tonnaiss sa prêter une lettr thisait si sécria-til est vr:
puisse vi Vous ête se mit à décidém sujet, et dessus. »
Il me Compans très-utile
Ensuit.
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pe II, paru !.
omeshèque ninée, conte- .d'Isade la e elleiques; histoire temps inneau t. C’est grand, de disenveild de la tre sur se inortrait pnzalve
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de Cordoue, célèbre général qui... — Permettezmoi de dire, M. Prescott, interrompis-je en riant, que je sais qui était ce grand capitaine; il nous a battus assez souvent, nous autres Français, pour que nous le connaissions.» La glace était rompue, il me parla de a prétendue cécité, et me dit avoir autrefois reçu une lettre du pauvre Augustin Thierry, qui sympalhisait si vivement avec lui. « Je ne suis pas aveugle, sécria-t-il, je vois passablement d'un œil; l’autre, l'est vrai, est complétement perdu, quoiqu'on ne puisse voir entre les deux aucune différence. — Vous êtes alors comme la princesse d’Éboli? » Il se mit à rire. « Mais oui, la princesse d'Éboli était décidément borgne ; j'ai fait des recherches sur ce sujet, et tous les contemporains s'accordent làdessus. »
Il me demanda si je connaissais M. Ternaux- Compans, dont les savants travaux lui avaient été très-uliles pour plusieurs de ses ouvrages.
Ensuite, me conduisant dans le salon, il me montra deux portraits de Ferdinand et d'Isabelle, qui portent sur leurs visages, Ferdinand la beauté et la fourberie, Isabelle la noblesse et la grâce. Puis, Sarrêlant devant un portrait de Fernand Cortez : «Voilà un homme vraiment grand, un homme dont il est agréable de célébr:: la vie! Quoi de plus faile à écrire que la conquète du Mexique! Il y a là tous les éléments d’un beau poëme, sans en excep-
ter l’unité, chose nécessaire à toute œuvre. J'écris en ce moment l’histoire de Philippe IL. je ne m'étais pas rendu suffisamment compte de la difficulté de l’entreprise : le sujet est si immense; il faut sauter continuellement d’un bout de l’Europe à l’autre, et le lecteur perd le fil de la narration et des idées, Je vois que vous avez étudié l’histoire, vous devez me comprendre. Je tâche avant tout d’être clair et intéressant ; j'ai plusieurs fois modifié l'agencement de mon Philippe II. — Je vois que vous n’admireriez pas la manière de “**, en lui citant un de ses confrères en histoire. — J’estime son talent, mais je crains la diffusion; l’histoire est plus intéressante que le meilleur des romans; si on ne la rend pas telle, c’est qu’on ne sait pas l'écrire. » Je le remerciai comme catholique de ne pas s'être laissé entraîner par les préjugés protestants, même au sujet de Philippe IT. « Un fanatique, me dit-il, ne doit pas écrire l'histoire ; du reste, j'ai tant vécu avec les grands personnages de l'Espagne, qu’il me semble que l'Espagne est ma seconde patrie. Et cependant, ajouta-t-il, comme je lui demandais quelques renseignements sur le Mexique, vous serez peut-être étonné quand je vous dirai que je n'ai jamais été en Espagne ou au Mexique. Vous me dites que vous avez élé en Italie? Avez-vous rencontré le prince de Monteleone? voilà un homme qui peut être fier de sa naissance! Il a conservé
d'imme d'Oaxac enlèver sembler Aztèque ils sont espagno Après cott, dé profiter heureux tente ur depuis r J'ai a personn et de la États-U même 6 nant il entier à ont par ques de
. J'écris > m'étais culté de at sauter autre, et »s idées. us devez clair et encement ’admiren de ses , Mais je éressante rend pas > remeraissé enau sujet , ne doit avec les ne sem- >, Et cejais quelpus serez e je n'ai
ous me ous ren-
homme conservé
d'immenses propriétés au Mexique : toute la vallée d'Oaxaca. Mais je suis fâché de dire qu'on les lui eulèvera peut-être bientôt. Les Mexicains actuels semblent se regarder plutôt comme héritiers des Atèques, que comme descendants des Castillans, et ils sont hostiles à tout ce qui rappelle la conquête espagnole. »
Après une longue conversation, j'ai quitté Prescott, désolé de ne pas avoir plus de temps pour profiter de sa bienveillance et de sa société ; mais heureux d’avoir trouvé encore supérieur à mon attente un homme dont j'ai tant admiré les ouvrages depuis mon enfance.
J'ai aussi vu à New-York Bancroîft et sa femme, personne charmante, et fière à juste titre du talent et de la réputation de son mari. L'historien des États-Unis a débuté dans la carrière politique ; il a mème été pendant quelque temps ministre. Maintenant il est retiré des affaires, et se consacre tout entier à son ouvrage, qui achevé (huit volumes ont paru) sera un des grands monuments historiques de notre époque. Comme Prescott, Bancroft se distingue par la tolérance. La plus belle partie de son œuvre, vraie mine d’érudition, est celle où il s'échauffe et s’anime en décrivant la découverte de l'Ouest, par les missionnaires jésuites, qui ne craignirent ni les rapides des fleuves ni le tomahawk des sept nations!
Washington Irving, qui ne sort plus maintenant de sa villa de Sunnyside, sur les bords de l'Hudson, consacre sa vicillesse à l’histoire de Washington, livre qui fera connaître ce grand homme à l’Europe actuelle’. On ne peut trop admirer la souplesse du talent de cet écrivain, qui sait tour à tour aborder l'histoire dans la Conquête de Grenade, le roman dans les Contes de l’Alhambra, l'essai humoristique dans le Skeich-book, et le New-York de Knickerbocker ; le voyage dans Astoria et dans cette charmante petite narration, Un tour dans les prairies, livre qui a donné des velléités de voyage a plus d’un collégien.
A la classe des historiens se rattachent aussi Everett, plus connu peut-être comme orateur et ninistre en Angleterre, que comme écrivain, el Ticknor, auteur d’un remarquable essai sur la litté- ‘ralure espagnole, dont, comme je l'ai déjà dit, les Américains se préoccupent plus que de la nôtre.
Il y a en Amérique plusieurs écrivains qui étudient la philosophie; mais le seul dont le nom soit connu est Emerson, l’auteur des Hommes représen-
1. Washington Irving est mort en décembre 1859. Déjà la préface du dernier volume de son Washington, datée d'avril 1859, pouvait faire pressentir ce malheur. L'auteur y dit, en « ?t,que, très-souffrant d’une maladie nerveuse, résultat d’un travail excessif, il a prié son neveu, P. Munro Irving, de surveiller l'impression et de corriger les épreuves. Edouard Everett vient de publier aussi une biographie du même grand homme.
latifs', e qui ne :
quant di Toute quiestr près de iuférieun niel Haw rouge, € au milic temps di morale é les sorci curieux, ne furer avec déc Intosh, Quant à h rappel rage, doi le talent.
Les An des Ang] Yoyages, de récits léressant
l. Cesh lenborg, €
ntenant Hudson, inglon, "Europe lesse du aborder > roman ristique Knickerte charprairies, > à plus
at aussi ateur el vain; el la littéà dit, les ôtre.
qui étu- 10m soit représen-
Gjà la préavril 1859, à ot,que, travail exeiller l’imtt vient de
DE QUÉBEC A LIMA. 217 atifs', esprit de la même nuance que Carlyle, mais qui ne sauve pas ses œuvres de l'ennui par le piquant de ses paradoxes.
Toute la France connaît les romans de Cooper, qui est mort il y a quelques années, à sa campagne près de New-York; et cependant ils sont bien inférieurs aux contes psychologiques de Nathaniel Hawthorne, la Maison aux sept pignons, la Lettre rouge, etc. Ce dernier ouvrage nous transporte au milieu de la société puritaine des premiers temps du Massachusets, où toute offense contre la morale était punie avec une sévérité horrible et où ls sorcières étaient brülées par centaines. Temps urieux, débauche d’'hypocrisie, car jamais hommes ne furent plus abandonnés à tous les vices, mais aec décorum. Paulding, Mlle Sedgwick, Mile Mac htosh, ont écrit aussi des romans intéressants. Quant à Mme Beecher Stowe, je n'ai pas besoin de h rappeler, immortalisée par un livre, dont le counge, dont les nobles tendances surpassent encore le talent.
Les Américains sont trop les véritables petits-fils des Anglais, en ce qui concerne la passion des ‘oyages, pour ne pas avoir publié un grand nombre de récits remarquables. Je citerai l'ouvrage si inéressant de John L. Stephens sur l'Amérique cen-
l. Ces hommes sont Platon, Montaigne, Shakspeare, Swen- Jenborg, Gœthe, Napoléon.
trale, qu'il sillonna en tous sens, depuis les ruines MR
de Palenque et de Copan jusqu'aux rives marécaseuscs du lac de Nicaragua ; les voyages de Bayard Taylor sont écrits d’une manière claire et agréable, sans préjugés, enfin remplis de renseignements
utiles ; il a parcouru l'Espagne, tout l'Orient, l'Inde
et la Chine, en ce moment il revient de Grèce et de
Russie. Je regrette beaucoup de n’avoir pu le ren- À
contrer; mais nous aimons {ous deux à errer sur la terre; qui sait si le hasard ne nous réunira pas
quelque jour? Je citeraienfin, De New-York à Delhi, |
ouvrage sort amusant d’un jeune homme de New- York, Minturn. C’est l’œuvre d’un esprit sympithique et sensé. Il parle de l'Inde sans se laisser entraîner à des déclamations vulgaires contre les Anglais. Il montre ce que sont les Hindous, et se moque de ces journalistes américains et français, qui ne savent ce qu’ils disent, qui font presque un héros de Nena-Sahib, et qui mériteraient, pour la peine, de tomber entre les mains de leur ami.
Tels sont les principaux noms de la littérature À
américaine contemporaine. Maintenant, si l'on me demande quelles sont ses tendances, je dirai qu'elles sont vagues encore, mais qu’elles me semblent hostiles à cette démocratie furieuse qui après avoir détruit tout gouvernement, sauf peut-être le despotisme, finirait par. saper la famille et par abàtardir l'intelligence. La littérature américaine tourne des
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> Mmarécale Bayard agréable, gnements
nt, l'Inde 8
rèce et de u le renerrer sur unira pas
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de Nevt sympase laisser ontre les ous, et se français,
ittératurc 1
si l'on me ai qu'elles semblent près avoir le despoabtardir burne de
regards affectueux vers le passé; pleine d’un pariotisme élevé, elle aime le peuple, mais elle ne le latte pas. Elle rend justice à l’ancien monde, et dirigeant les âmes vers le beau, elle cherche .à prouver que les traditions saintes ne sont pas inmpatibles avec la liberté.
LES IRLANDA . LE CONGI
Je suis 1 luqu'à Fa Bay-State, :
Ile des côt:
est un bea pour navig perfides. À L \ew-York brume sorr
Pendant