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Dans les escaliers, sous les tables, dans les armoires, jusque dans les :ndroits les plus reculés, grouillent de petits négrillons de: t'eux sexes. De vrais singes, mais drôles, et serviabies.
Le train ne doit parir qu’à unc heure. J'en profite pour visiter une plantation de coton, située à peu de distence de ja station. Îl y a déjà un changement sensible £ans la tempc: ture. Le ciel est couvert ; mais il fait chaud, et l’on se croirait dans une de nos matinées tièdes et brumeuses du mois de juin. J’entre dans quelques champs où le coton n'a pas encore été cucilli. C’est à cette saison qu’on le récolte; on le sèmc au printemps. L'arbre à coton est un arbuste dont la hauteur varie de deux à quatre pieds; il est droit; son écorce est lisse; chaque arbuste a plusieurs branches également droites, sur lesquelles poussent les baies. Son bois n’est pas dur. La culture du coton, comme ‘tes les autres cultures, exige des engrais. Depuis quelque temps le guano est généralement employé.
Je visite le quartier des nègres, composé d’une rangée de huttes fort misérables. On m'avait fi.it de belles comparaisons (toujours à l’avantage du Sud!) entre les demeures des nègres et celles de nos paysans d'Europe. Je puis affirmer, en toute conscience, que ces cases sont inférieures aux plus pauvres cabanes irlandaises. Mais nous verrons plus loin.
Devant la maison du planteur, un beau canard à
col rouge plumé. Il remarqué le même :
espèce.
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Nous qu sons la rit côté, nous dorées ami Sons, Sur le nom de parce que Sont couvd Sune. Rien que nous t route. Un vertes d’u chênes bl
col rouge se promène, au milieu de son sérail emplumé. Il s'aperçoit que je le regarde, et fier d'être remarqué, il se rengorge, il se pavane, et me donne le même spectacle que plus d’un bipède d’une autre espèce.
Il y a cent soixante-deux milles de Weldon à Wilmington, petit port où l’on s’embarquait autrefois pour gagner Charlestown. Nous y arrivons par une nuit étoilée. Toutes les fenêtres sont ouvertes, les habitants prennent le frais devant leurs portes, les boutiques ont des auvents pour garantir les marchandises du soleil; les rues, les hôtels ont cette saleté qui annonce partout les pays méridionaux. A Washington nous étions encore dans le Nord; décidément nous voici dans le Midi.
Nous quittons Wilinington avant le jour et passons la rivière dans un bac à vapeur. De l’autre côté, nous retrouvons le chemin de fer. Des brumes dorées annoncent le lever du soleil, Nous traversons, Sur un pilotis peu solide, le désert qui porte le nom de « Green Swamp » (marais vert), sans doute parce que de grands espaces de terrain déboisés sont couverts d’une herbe marécageuse et malaine. Rien de plus triste que l'aspect de ces swamps que nous trouvons sur la plus grande partie de la route. Un sol humide, des eaux stagnantes couvertes d’une mousse jaunc; pas de pins, mais des chênes blancs, des cyprès; mille chicots d’arbres
dont les têtes pointues sortent du marais peu profond. C'est cependant dans ces solitudes que se réfugient les esclaves rendus fous par les mauvais traitements de leurs maîlres; mais ils n’y sont pas en sûreté, On met sur leurs traces des dogues qui les manquent rarement. Longfellow a bien saisi ce trait, dans sa pièce sur le « Dismal Swamp, » le Marais triste (qui sépare la Virginie de la Caroline du Nord, par le 36° 38' de latitude nord) :
In dark fens of the dismal Swamp
The hunted Negro lay;
He saw the fire of the midnight camp, And heard at times a horse’s tramp,
And a blood-hound’s distant bay...
Where hardly a human foot could pass, Or a human heart would dare,
On the quaking turf of the green morass He crouched in the rank and tangled grass, Like a wild beast in his lair;
À poor old slave, infirm and lame, etc., etc.
« Dans les sombres fondrières du Marais triste, le nègre pourchassé s’est tapi ; il a vu briller les feux du camp nocturne, il a entendu plusieurs fois le galop d’un cheval, et l’aboiement lointain d’un limier qui aime le sang... Là où peut à peine se poser un pied d'homme, là où plus d’un cœur d'homme frémirait de s’aventurer, sur ce sol tremblant du verdâtre marécage, il s’est blotti, lui, dans les herbes enchevêtrées et puantes, comme une bête sauvage dans son repaire; un pauvre vieil esclave, infirme, estropié, etc., etc.
. [n'y à pas d'espérance pour l’homme noir, tant
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DE QUÉBEC A LIMA. 251 qu'il habite ce pays démocratique. Mais, si ses pieds touchent le sol sacré du Canada, si ses yeux peuvent apercevoir la blanche falaise de Douvre, il est libre ! il est homme ! et c’est vers le royaume de l’aristocratie que se tournent tous les persécutés, les esclaves de la Caroline comme les prisonniers de Nisita ! |
En approchant de Charlestown, par une belle et calme fin du jour, nous rencontrons de magnifiques bois de grands pins d'Italie, qui font songer à la villa Pamphili, au mont Onofrio, et à ce jardin du palais Colonna, rempli pour moi de divins souvenirs!
Il fait nuit quand nous arrivons ici. De bonne heure, nous parcourons les rues de la ville et le port. Charlestown, comme New-York, Portland, et plusieurs autres villes de l’Union, s'étend sur une longue presqu'ile, entre deux fleuves ou bras de mer. On y voit plus de noirs et de métis que de blancs ; sur les murs sont affichées plusieurs ventes d'esclaves. La fièvre jaune a été terrible cette année, même parmi la population de couleur. Elle n'a entièrement disparu qu’il y a peu de jours, à la suite de quelques gelées blanches.
Tant de familles ont été éprouvées par ce fléau, que la ville est encore très-triste. Du reste, le temps lourd et malsain, qui ressemble aux journées de sirocco à Rome, ne porte pas à la gaieté. La principale prorienade de Charlestown estelle-mème assez
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