‹ De Québec à Lima [microforme]Chapitre 8 sur 54 · Un descendant de ces vieux colons hollandais, Herman · texte numérisé non relu

Un descendant de ces vieux colons hollandais, Herman

Knickerbocker, existait encore à Williamsburg en 1855. Il avait été membre du congrès, de 1809 à 1811.

rs

nd

ades de e vieux fais s’il ivières sou vE-

lent les

>au, où e Wasit dans er,»

nyside, ain. Ici erre de ar Cou- -Point, au géit failli \ cause

le fort

lcf des rk, le e cette

siége es. Ici,

Herman Il avait

le fleuve se resserre ; les montagnes semblent vouloir se réunir : les Américains avaient barré ce lieu avec des chaînes, afin d'empêcher les vaisseaux anglais de remonter plus loin le fleuve pour en dévaster les rivages, et pour établir leurs communications avec les royalistes du Nord. Ceux-ci étaient en général des Irlandais ou des Écossais catholiques, qui préféraient la domination de la couronne à celle des puritains.

Au sortir de ces défilés, nous apercevons à l’ouest les sommets azurés des Catskil].

A deux heures, nous sommes à Catskill, chef-lieu du comté appelé Greene, du nom d’un des généraux collègues de Washington. C’est une ville de six à sept mille âmes. Nous prenons la voiture de Mountain-House. Nous traversons un pays accidenté; à chaque.pas, quelque chose me prouve que c’est ici un monde nouveau. Rien de la stabilité de l’ancien monde. Tout commence, tout est provisoire; des maisons en bois, des routes à peine tracées, pas d’enclos, peu de champs cultivés; des ponts en planches, qui manquent de crouler toutes les fois qu’on passe dessus. J'avais déjà remarqué cet aspect dans la Longue-Ile, aux portes mêmes de New-York.

Au bout de trois heures, nous arrivons au pied de la montagne, sur la crête de laquelle est située Mountain-House : la voiture va si lentement que je prends les devants à pied.

La soirée est splendide : derrière moi, le soleil éclaire encore la vallée de l’Hudson ; mais les hautes cimes boisées qui s'étendent vers l'occident le cachent déjà à mes yeux; plus près, s'élève la forêt vierge, avec sa verdure touffue et sa mystérieuse beauté. Les essences d'arbres ne sont plus celles de nos bois d'Europe. Ce sont surtout des érables, des platanes, des acacias. En certains endroits, il y a des massifs de grandes fleurs du soleil. Cette nature nouvelle possède un charme pénétrant. Je m’applaudis d’avoir traversé l'Atlantique à l’âge où l’on est le plus sensible à tous les aspects du beau.

Je passe le ravin où l’on raconte que Rap-Van Winkle dormit vingt ans' ; et j'arrive enfin à Mountain-House. L’hâte nous reçoit insolemment, c’est la coutume de ce pays libre ; la maison semble déserte. Tout à coup, le gong résonne pour annoncer le souper ; gentlemen et ladies sortent de tous les coins, et se précipitent vers la salle à manger, avec une rapidité qui fait honneur à leur appétit.

Le soir, il fait tout à fait froid et le vent hurle dans la forêt.

Page 1