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richesse du pays, et à la solution des grandes questions qui le préoccupaient.
‘ Dans cette tâche ardue, j'ai su résister à l’impatience des uns et au découragement des autres, parce que les plaies ouvertes par cinquante années de guerre civile ne se cicatrisent pas en un jour. Mais ferme dans la conscience de ma foi, je marche droit à mon but, avec une infatigable persévérance. Les forces pourront m’abandonner ; le courage jamais.
‘4 J'ai respecté la liberté de la presse, lorsqu'elle n’a pas dégénéré en licence, en même temps que j’ai fait respecter l’autorité de la loi. Bien aveugle qui ne voit pas qu’une autorité forte est la dernière añcre de salut pour notre patrie !
‘ Vous avez pu observer le calme que je garde au milieu des calomnies qui se sont élevées contre nous à l'étranger. En avant, messieurs! les calomnies passeront et nos œuvres resteront.
‘ Fort de l’appui de ma conscience et de la rectitude de mes intentions, je contemple tranquiliement l’avenir. Le Mexique a mis son honneur entre mes mains ; qu’il sache qu'entre mes mains, son honneur ne périra pas ! ”?
Ces paroles n’ont pas été de vains mots pour celui qui écrivait un jour les vers suivants :
He lived in order to die He died in order to live. (1)
(1) Voir parmi les pièces justificatives qui sont à la fin du second volume ‘ de Québec à Mexico,”’—celle qui est intitulée, — Pensées de Maximilien.
Pourtant, une ombre venait se poser à côté des beaux effets de lumière que l’on remarquait dans ce doux portrait, anjourd’hui mutilé.
En Europe, cette ombre aurait été une qualité ; au Mexique elle devenait un crime, car elle menait Maximilien au suicide politique. L'empereur, habitué à croire en tout ce qui l’entourait, quand il était sur le pont de sa frégate, au milieu de toutes ces loyales figures de matelots, et plus tard encore, quand, gouverneur de la Lombardie, il voyait à ses pieds un peuple opprimé, tout étonné de rencontrer un Autrichien bon, juste et compatissant, aurait dû laisser à son château de Miramar cette belle et franche confiance, qui ne pouvait que lui nuire et le faire tourner en ridicule par son Mexique gangréné.
Je me souviendrai toujours de l'immense éclat de rire qui retentit un beau matin, d’un bout à l’autre de la capitale, lorsqu'on apprit que l’empereur, parti pour faire une exploration scientifique du côté de Pachuca, avait eu ses chemises en batiste fine, son cheval tout harnaché, son nécessaire de voyage et ses armes enlevés par un de ses aides-de-camp favoris ! Et quelques jours après, quand la rumeur indiscrète eut fait circuler que Sa Majesté venait d’avoir sa montre escamotée en pleine cathédrale, au milieu de son brillant état-major, les lazzis se remirent à pleuvoir sur le malheureux palais impériai. Chacun se souvenait qui d’une anecdote, qui d’un tour de passe-passe opéré sous ses yeux ; mais rien ne pouvait égaler les deux chefs-d’œuvre sus-mentionnés, si ce n’est
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pourtant quelque chose de très-véridique, arrivé du temps de M. Juarez.
Présidant un soir le conseil des ministres, l’ex-roi démocratique s’aperçoit que la sonnette d'argent venait d’être enlevée. Voulant épargner à ses conseillers la rougeur de la honte, il se contenta de souffler brusquement les deux candélabres en vermeil qui éclairaient le cabinet des délibérations, donnant cinq minutes au coupable pour remettre fur:ivement sur la table ce qui appartenait à César. Le délai expiré, le président frotta une allumette chimique pour allumer les bougies . . . maïs les chandeliers avaient disparu à leur tour, sans qu’on ait jamais pu savoir quel honorable portefeuille ils étaient allés éclairer.
Si les tribulations de l’honnête président avaient pu s'arrêter là, tout aurait été couleur de rose pour lui, dans la moins rose des républiques ; mais en ces temps là, il y avait à Mexico un aventurier espagnol ou cubain de naissance, grand parleur de son métier et poëte d’albums par occasion.
‘ Associé à une maison de commerce américaine, écrivait bien confidentiellement M. de Barrès à l’un de ces amis qui sont l’indiscrétion même, il était venu au Mexique, attiré par l’eau troublé des révolutions, et dans l’espoir d’y faire un bon coup de filet. Il avait pour lui le ton haut et tranchant, l’art de trouver une rime au premier mot donné, et de danser galamment la kavanera, danse perfide où les jeunes