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géants qui font l’orgueil de la Cordillière, avant que la diligence s'engage dans les rues proprettes de Puébla.
D’après le cathéchisme, le moi ne prendrait possession finale de l’homme que sept années après sa naissance.
J'admets cette vérité comme toutes celles que renferme le modeste et fidèle ami de mon enfance. Néanmoins, j'ose croire que la souffrance, la douleur ou les contrariétés peuvent développer quelques lueurs d'intelligence chez l’enfant, avant l’époque précitée. Or, il suffit bien souvent d’une petite étincelle pour allumer un incendie.
Je me rappelle encore l’impression que laissa derrière elle la première douleur morale que j'ai ressentie.
J'étais bambin de cinq ans, et j'aimais comme mes petits camarades le jeu et le bruit. Ma mère, comme toutes les mères, avait une peur affreuse des rhumes, des catarrhes, des grippes et des coqueluches. Elle ne me permettait que très-rarement de courir dans la prairie qui entourait notre petit manoir de Beaumont, et pour mieux me retenir à la maison, elle m'avait fait cadeau du plus gentil canari, que l’imagination d’un naturaliste puisse rêver.
Dès lors, plus de jeux, plus de courses, plus de promenades.
de
Je passais mon temps à le soigner, à le regarder, à l'écouter siffler ses joyeuses: chansons, et comme Victor Hugo l’a dit si RON pour s sa colombe, ‘ longtemps nous nous aimâmes.”
Pourtant un soir — je venais de donner mon cœur au bon Dieu — je me sentis pris d’une subite inquié-
tude sur mon petit camarade. Il m'avait semblé tout .
triste, tout morose ce jour-là, et je ne pus m'empêcher de sauter en bas de mon lit pour courir à sa cage.
Hélas! mon pauvre ami, mon gentil ‘Bijou ”’ était mort ! et je regagnai la petite alcove en sanglotant.
Là, tout pelotonné entre mes deux draps, mon imagination d'enfant se mit à rouler sur une singulière pente.
Jusqu'à ce jour, il n’y avait eu que la douleur physique pour me faire pleurer : je me demandai comment cela pouvait être que la mort de mon serin, sans me faire mal personnellement, pût m’arracher des larmes brûlantes et véritables.
Pour la première fois, le moi se dressa alors; il tressaillit avec terreur sous l’aiguillon de la douleur morale, et je compris pourquoi ses piqures étaient plus profondes et plus poignantes, que celles de sa sœur aînée, la souffrance physique.
Depuis, la leçon de philosophie enfantine que m'avait donnée la mort de ‘‘ Bijou, ’’ m’a suivi
gore cer
Retenir
partout, bien que je puisse dire avec un poëte de ces derniers temps :
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