LA
IF E | # 1È Le.
qd 4°
Les derniers rayons du soleil couchant commen-
e, çaient à se décolorer et à mourir lentement sur le Le versait de la Malinché, lorsque la diligence fit son e entrée dans la ville des Anges, passant à côté du
(1) Vue de loin, la dame blanche ressemble à s’y tromper à un Y immense cercueil en fer. Sa hauteur est de 4,786 mètres, soit
14,352 pieds.
trop célèbre pénitencier, immense édifice quadrangulaire, tout noirci de fumée, criblé de balles, de boulets et d’éclats de mitraille, et dont chaque lambeau de muraille, chaque pierre tombée cache une goutte de sang français.
Il y avait dans l’intérieur de cette énorme forteresse, une grille en fer qui en sautant écrasa sous son énorme mass , presqu’une compagnie entière de Mexicains.
Forcé de ployer sous la bravoure de nos soldats, Ortega en l’évacuant fit mettre le feu dans une partie de l’édifice, et ses détenus politiques trouvèrent dans cet épouvantable brasier une mort horrible. Seule, une maiheureuse femme put s'échapper, à moitié rue et couverte de brûlures, mais sa raison ne résista pas au choc terrible qu’elle avait subi. Elle mourut folle, et personne ne resta pour raconter les terribles angoisses de ces pauvres enchaînés que la flamme venait lécher et faire mourir longuement.
Les rues de la ville qui conduisent au pénitencier portent partout, les traces des terribles assauts que lui donnèrent les troupes du maréchal Forey, le 29 mars 1863. Elles sont bordées par ces fameux cadres qui offrirent une résistance si désespérée. Chaque grille, chaque gouttière, chaque fissure du pavé était devenu une embrasure par où sortait une escopette, un tromblon, un canon de carabine, et les yeux terrifiés du voyageur ne peuvent s'arrêter sur un angle de maison, sur une corniche de toit qui ne soit éraflée
ES
LA VILLE SAINTE. 201 par une grenade, dentelée par une balle miniée, écorchée par un boulet rayé ou par une éclat d’obus.
La ville elle-même est ceinte d’un long ruban de modestes tombes. où généraux, colonels, officiers subalternes et pauvres soldats se sont assoupis, loin de leur belle France. A peine le froid suaire de gazon qui les recouvre, cache-t-il les abîmes de larmes et de
sang, où se pose toujours sans y toucher le talon léger cle la gloire et du génie des batailles.
En quittant Mexico, un de mes amis, M. Corriston, m'avait chargé d’une lettre pour un compatriote, un Montréalais, M. Kurkzyn, june négociant, faisant d'excellentes affaires à Puébla. Je ne sais qui de * nous deux ressenfit le plus vif plaisir, en échangeant la cordiale poignée de mains que nous nous donnâmes. . Lui, apprenait par ma bouche les nouvelles les plus ile ë récentes du pays; politique, changement de minis-
les à x à | tère, nécrologie, mariages, naissances, pour lui, tout que . RASE :
h était du nouveau. Moi, je contais tout avec un nt. RAT , . à plaisir indicible. Il] me semblait qu’à force de parler ier de la patrie, la distance diminuait, et l’imagination lui | aidant, je croyais être tranquillement à Québec, pas- Lars sant joyeusement une longue et bonne soirée en têtequi à-tête avec un vieil ami.
lle, M. Kurkzyn avait emporté avec lui cette franche
hospitalité canadienne qui fait reconnaître un de nos compatriotes partout à l’étranger ; aussi, durant le mois de ma garnison à Puébla, ne voulut-il pas me permettre de me servir du billet de logement que m'avait fait tenir le secrétaire de la subdivision militaire.
al LR.
je té d'il