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LES CORPS EXPEDITIONNAIRES DU MEXIQUE. 71 dessus de leurs képis l’ouragan de mitraille, puis se levaient rapides comme l'éclair, et quelques secondes après, foudroyaient l’ennemi atterré sous ses propres projectiles, s’arrêtait tout essoufflé pour se demander où la France pouvait puiser son irrésistible élan et cette confiance en ses propres forces.
Ce mystérieux secret qui fera toujours des armées qui l’appliquent les plus redoutables du monde, gît tout simplement, selon moi, dans le mode de conscription. Faire du soldat une force motrice intelligente et non pas une machine, était un beau rêve qui une fois à l’état de réalité, devait donner à celui qui aurait fait et utilisé cette précieuse découverte, force, énergie et puissance.
Courons à la première armée qui nous tombe sous la main. En Angleterre qui dit soldat, dit un homme qui ne trouvant plus moyen de gagner son pain et de se vêtir, vient au dépôt de recrutement chercher sa part d’uniforme, de logement et de pain de munition.
Tout est différent en France.
Soldat y est le synonyme de l’homme qui court payer au jour de l’échéance sa dette de sang à la patrie, et ce n’est véritablement que sous le drapean français qu’on peut trouver le mot égalité dans la pureté de son acception. Un curieux pénétrant soudainement dans une chambrée de caserne ou sous une tente-abri du corps expéditionnaire du Mexique, y aurait trouvé parmi ces blonds Alsaciens confondus dans la foule des fils de paysans de la Savoie, de l'Auvergne, de la Bretagne ou de la Provence,
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le prince Murat, le prince Bernadotte et bien d’autres illustrations, vêtus de la tunique de simple soldat, cassant gaiement une croûte, faisant leur café en fredonnant une bribe d’opéra, ou cirant leurs souliers Godillot comme un simple portier du quartier latin.
Noblesse oblige, et le soldat qui s'appelle M. le marquis, M. le vicomte, craindrait de faire rire à ses dépens le camarade d’en face qui s’appelle Pierrot ou Louison, s’il ne se pliait pas comme lui aux minuties du service. De son côté, le plébéïen, le prolétaire, l’homme de peine se sent fier de voir marcher à l’égal de ces hauts titres, sa qualité de fils de bonnetier, d’aubergiste, de cantonnier, que sais-je encore ? L’émulation s’en mêle petit à petit : le désir de porter haut un nom honnête mais obscur, de le faire vénérer des amis, respecter des ennemis, se glisse insensiblement à travers les battements de ces cœurs loyaux, et quand le clairon sonne, quand la voix de la France a parlé, les échos du champ de bataille jettent à la postérité et à l’histoire les noms de ‘Trochu, de Castagny, d’'Hurbal, de Douay, de Lorencez, de Brincourt, Berthier, Nègre, Aymard, de Maussion, Osmont, l’Hérillier, Mangin, de Lascours, Doutrelaine, de Laumière, (1) Jeanningros et Margueritte. (2)
(1) Le général d’artillerie, Verhnet de Laumière, fut tué au siége de Puébla.
(2) Jai connu le général de division Margueritte, lorsqu'il était colonel au 3ème chasseurs d’Afrique, Le 1er septembre 1870,
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Puisque j'ai parlé de l’armée anglaise, je continue le parallèle, et je remets de nouveau en présence ces deux joyeux camarades de Crimée : l'officier anglais et l'officier français.
Milord n’a guère changé depuis ses prodigieuses consommations de champagne frappé à Traktir.
Il est vrai que son fils ne sort plus du boudoir de milady sa mère ou des haras de sa seigneurie, pour passer au comptoir d’un agent et y payer espèces sonnantes, son parchemin de sous-lieutenant. Le brevet d'officier n’est plus chose vénale dans l’armée anglaise, mais à peine arrivé au régiment on lui met entre les mains un ‘ Queen’s Regulations, ’” et le voilà qui mène ses soldats comme le jockey de monsieur son père domptait ses nobles pur sang. Si par malheur, le pauvre diable fait mine d’être récalcitrant, il le fait cravacher de par le code, puis une fois le caf o’nine taïls appliqué, il ne pense
ce brave officier supérieur tombait sur le champ de bataille de Sédan :
‘“# Vers deux heures de l’après-midi, dit le lieutenant-colonel Bonie, dans un livre plein de renseignements, intitulé : ‘ 74 cavalerie française,” les projectiles arrivèrent de tous côtés si nombreux, et les fantassins prussiens sortirent en telle quantité du village d’Illy, que notre infanterie ne put se maintenir sur les crêtes, On vint alors de nouveau faire un appel désespéré au dévouement de la cavalerie ; ainsi que pendant toute la campagne nous l'avons trouvé là, affrontant la mort le sourire aux lèvres.
Le général Margueritte réunit toute sa division, rer, 2ème et 4ème chasseurs d'Afrique, 1er hussards, 6ème chasseurs, et il s'avance sur les hauteurs comprises entre Floing et les bois de ja Garenne, Voulant reconnaître le point sur lequel il fallait charger, il se portait bravement en avant lorsqu'une balle le
plus qu’au prochain bal, au prochain raôut, croyant en savoir assez de son métier, du moment qu’il ne montre jamais le flanc à l’ennemi et qu’il lui apprend à mourir.
Quant au soldat, il sait n’avoir rien ou presque rien à attendre du côté de l’avancement supérieur ; aussi s’habitue-t-il sous ce régime du knout à considérer son devoir comme une chose machinale qui doit se faire tous les jours. Devant l’ennemi, si ces officiers viennent à être blessés ou à perdre la mémoire, il prendra rarement de lui-même l'initiative, et le plus souvent restera comme une masse inerte sur ce terrain mouvant de bombes, de boulets, serrant flegmativement ses files à mesure que la mitraille passe, et ne se souciant que d’une chose, conserver son alignement.
Chez l'officier français, c’est différent.
frappa mortellement à la tête, en traversant les joues et la langue. Il donne le commandement au général de Gallifet, et repasse à cheval soutenu par deux maréchaux-des-logis. Ses yeux sont déjà voilés, sa barbe est teinte de sang, ses mains sont crispées à la selle, et en présence de ce triste spectacle, chacun regrette ce chef aimé qui était l’étoile de son arme, et dont le souvenir lui sera toujours cher.
Se mettant à la tête de la division, le général de Gallifet l’entraîne avec une vigueur remarquable. Méprisant les dangers, tous ‘entrent dans la fournaise ”’ comme à Waterloo, Deux fois les régiments essayent de percer les lignes prussiennes, deux fois ils sont forcés de revenir écr'isés et réduits de moitié ; et ces escadrons, qui jusqu'alors n'avaient connu que la victoire, durent malgré leur élan sublime, se replier dans les ravins et en arrière des bois, Les pertes furent telles, qu’on put compter par régiment une moyenne de 240 chevaux tués.”