‹ De Québec à Mexico, souvenirs de voyage, de garnison, de combat et de bivouac [microforme]Chapitre 9 sur 34 · RER · texte numérisé non relu

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Nuit et jour, c’étaient des marches et des contremarches, par la pluie, par le vent, par le soleil : des alertes, des combats disproportionnés, des victoires impossibles et des chasses échevelées livrées à un ennemi qui faisait la guerre comme le jaguar de ses forêts, en se glissant en tapinois derrière un quartier de rocher, y attendant à l'affût le moment de bondir sur sa victime et de promener doucement sa patte sur ses chairs sanglantes, pour ne pas trop user ses griffes.

Voilà la guerre à laquelle se sont brisées pendant six ans les troupes françaises au Mexique. Les diplomates ont appelé cela l’intervention, l’étranger un coup de main, l’Europe une vie de guérilleros, et le soldat qui tirait son coup de carabine, tombant

et mourant silencieusement, l’appelait simplement

son service.

En ces temps-là, la Prusse n’avait pas encore inventé la chevaleresque tactique qui consiste à se défiler sous bois pour lancer des boulets à 4,000 mètres, puis lâcher 35,000 hommes contre 7,000, comme à Wissembourg, ou 140,000 contre 35,000, comme à lroeschwiller. L’élan, le courage, la générosité, étaient alors des vertus militaires que personne ne rougissait d'apprécier, et souvent l'étranger, qui le matin, en déployant les colonnes de son journal, tombait sur les nouvelles du jour et se mettait à suivre au pas gymnastique ces pantalons garance,

qui s’élançaient lestement dix contre une batterie, .

se couchaient à plat ventre pour laisser passer au-

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