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Donoso Cortès avait donc raison lorsqu'il écrivait à ses amis, dans un jour de suprême découragement :
— ‘La société européenne se meurt ! les extrémités sont froides ; le cœur sera bientôt atteint. ”?
Ces paroles de sombre désespoir, tombées le 16 juillet 1849 des lèvres du grand orateur, se sont réalisées aujourd’hui. L'Europe a vu, avec l’inertie
d’un cadavre, rouler à ses pieds cette tête royale de Maximilien que le démon de la révolution était venu lui lancer en signe de défi et de dédain. La presse seule s’est émue ; mais ses accents d’indignation n’ont pu faire sortir le moindre sabre-baïonnette hors de son fourreau, et enivré par les âcres émanations du sang qui suinte le long des plis de son drapeau, le Mexique continue bravement à marcher le chemin du meurtre, sans broncher ni sourciller.
Si encore la civilisation s’était contentée de rester dans cet état de béate nonchalance, dans cette espèce de somnambulisme navrant avec lequel elle s’est habituée à percevoir maintenant tout ce qui vient de l’esprit du mal, il n’y aurait eu rien à redire.
Je le sais, les temps ne sont plus où Pierre l’Ermite et St. Bernard façonnaient les croisés au souffle de leur parole.
Le mercantilisme et l’égoïsme, ces deux incarnations d’une seule et même chose, ont comprimé, sous le poids de leurs ballots et de leurs marchandises, les plus nobles battements du cœur humain, et l’on verrait de nos jours Godefroy de Bouillon agenouillé et priant aux pieds du St. Sépulcre, qu’il se trouve- ‘rait des gens pour venir crier sur tous les toits qu’il n’a entrepris le long et chevaleresque pélerinage que pour fractionner l’illustre relique en petits morceaux, et la revendre ainsi aux amateurs d’antiquités !
Il était donc dans l’ordre naturel qu'après avoir vu ridiculiser sa grande mission, Maximilien tombé eût le sort de tout ce qui est grand et noble ici-bas,
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qu’on eût fermé sa tombe avec le sarcasme, l’indifférence et l’oubli.
De l'immense foule qui a levé la tête au bruit de la fusillade qui tuait l’empereur, beaucoup se sont aussitôt occupés à ne plus se souvenir de ce crime inoui ; un grand nombre ont ri du plaisir que leur a causé cette chûte annoncée depuis si longtemps ; d’autres plus soucieux du jugement que l’histoire leur réservait, se sont efforcés de légitimer l’épouvantable assassinat, en invoquant en leur faveur la loi des représailles.
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A tous, et principalement à ces derniers, s'adressent les lignes suivantes.
Ancien officier de l’armée de l’empereur, j'ai pu juger aussi bien que personne, le caractère atroce de la guerre qu’on nous faisait là-bas. Les terribles faits que je cite ont été notés jour par jour par des hommes revêtus d’un caractère officiel, préfets politiques, commandants supérieurs, ou chefs de colonne. Tous sont consignés dans les rapports et les documents déposés aux archives militaires et dans les registres de l’ancien ministère de la guerre à Mexico, et, comme ils sont appelés à jeter un jour nouveau sur les actes du gouvernement Juariste, et à faire connaitre à l'étranger les crimes et les infamies qui ont forcé Maximilien à proclamer et à mettre en vigueur le fameux décret du 2 octobre 1865, punissant de mort tout individu pris les armes à la main, décret sur lequel les juges de la cour martiale de Quérétaro se