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sont appuyés pour sa mise en accusation et sa condamnation, je prends sur moi de les livrer à la publicité, bien persuadé que je rends service à la cause pour laquelle j'ai combattu et que j’accomplis une bonre action.
Les hommes qui ont eu l'énergie de ne pas laisser séduire leur bonne foi par les éloquents discours de MM. Thiers, Berryer, Jules Favre et Guéroult, discours que l'ennemi semait là-bas dans nos tranchées et nos avant-postes, qu’il allait jusqu’à rouler dans les plaies béantes des cadavres de nos sentinelles assassinées au milieu des ténèbres de la nuit, savent à quoi s’en tenir sur les graves motifs qui ont amené l’intervention française au Mexique.
Les consulats enfoncés et pillés, les nationaux insultés et menacés à chaque instant, le drapeau français tout frémissant sous les huées et les mépris dont on le couvrait, réclamaient une vengeance prompte et une satisfaction éclatante.
Un corps expéditionnaire reçut donc l’ordre de s’'embarquer et, en mettant le pied sur le sol mexicain, il y apportait ces traditions d’honneur et de magnanimité qui suivent partout l’armée de la France, cette personnification sublime du droit, appuyée sur la valeur et sur le courage.
À peine les troupes d’occupation étaient-elles débarquées à la Vera Cruz que des tentatives d’empoisonnement se faisaient sur des artilleurs français, par trois prostituées du nom de Dolorès.
‘ Le brave général Roblés, disait M. Billault, — cet officier supérieur, dont le caractère était entouré de respect, dans un pays où si peu de gens ont droit au respect — soupçonné de venir causer avec le général français, pendant cette espèce d’armistice qui succéda à la convention de la Soledad, était pris au lasso comme une bête féroce et fusillé immédiatement. ”
Des attentats non moins odieux étaient commis contre des officiers et des sous-officiers ; plusieurs avaient déjà péri à Tampico sous le couteau des rôdeurs de nuit, et, nonobstant ces terribles débuts, cette poignée de braves troupiers, habitués à faire le métier de soldats jamais celui de bourreaux, s'était mise, dès l'ouverture de la campagne, à traiter l'ennemi qu’elle avait devant elle, comme elle avait agi envers ses adversaires de Crimée et d'Italie
Au moment où 1424 officiers, faits prisonniers au siége de Puébla par le maréchal Forey, étaient logés, nourris et soldés au compte du trésor français, le consul de France à Tampico, était arrêté et jeté en prison,
Une noble femme soupçonnée de donner ses sympathies au nouvel état de choses, madame la comtesse de Perrez Galvez, se voyait obligée de s'enfuir par la terrasse de sa maison à Mexico, pour échapper aux
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hommes de l4 police de Juarez, qui voulaient pour la troisième fois lui extorquer la somme de 40,000 piastres, et son amie, inadame la maréchale Castilla, malade et alitée, était mise dans la pénible alternative ou de recourir à la charité de son entourage, pour compléter la grosse somme que l’on exigeait d’elle, ou d'aller mourir au fond d’un cachot.
Pendant que les corps en garnison s’entretenaient la main en faisant cette guerre pacifique à un consul désarmé et à des femmes inoffensives, les troupes du président qui tenaient la grand” route, dévalisaient les convois de marchandises, sous prétexte que leurs chargements étaient destinés à l’ennemi. Dans les haciendas, ils s’emparaient des troupeaux, des chevaux et des mules, en vertu de la méme fiction, mettant à mort leurs propriétaires pour s’épargner l'ennui de toute réclamation, et même, dans leurs patriotiques ardeurs, ils allaient jusqu’à jeter le grapin sur les institutions de charité. La fondation de 47,000 piastres donnée par la pieuse famille Monjardin, quoique déclarée non ecclésiastique et consacrée à une classe spéciale de pauvres, se vendait 940 piastres à un acquéreur étranger, pour permettre à la république de donner un banquet à Juarez !
A la tête des 1424 officiers faits prisonniers à Puébla, se trouvait un homme, un général de division, qui libre sur sa parole d'honneur de ne pas tenter de s'échapper, avait la permission d’aller, de venir et de faire ce que bon Iti semblerait dans le camp du corps expéditionnaire.
Pour ne pas mécontenter le maréchal Forey, qui avait mission de concilier les esprits par tous les moyens possibles, les officiers français lui permettaient l’acces de leurs quartiers, le laissaient s'asseoir à leur table, et condescendaient même à lui serrer la main. Pourtant une large tache de sang suppurait continuellement du creux de la main de cet homme ; car un jour, forcé d'abandonner la position la plus fortifiée de Puébla, le pénitencier que battait en brèche l'artillerie française, il s'était rappelé que les oubliettes de ce formidable édifice renfermaient ses détenus politiques, presque tous officiers distingués, qui avaient osé ne pas être de son opinion. Une pensée infernale illumina alors son cerveau : des brandons furent allumés et quelques heures après, ses antagonistes n'étaient plus qu’une masse de chairs carbonisées.
On savait cela dans le camp, et néanmoins on avait fermé :.: yeux sur la conduite de ce misérable, pour n’obéir qu’à l’ordre du maréchal qui n’exigeait de lui qu’une promesse formelle de rester prisonnier, en échange du pardon qu’il lui donnait. Cette parole il l’avait jurée solennellement en face de son armée vaincue, de sa ville prise d’assaut ; puis un soir qu’il faisait sombre, ce général de division traversait furtivement nos avant-postes, sous un déguisement de femme, et le lendemain Jésus Gonzalès Ortega recommençait à piller et à faire assassiner ceux chez qui, la veille encore, il buvait le vin de l'hospitalité et recevait la solde d’officier-supérieur prisonnier de guerre.
Dès lors les atrocités ne connurent plus de bornes.
A la Téjéria, petit village aux environs de la Vera- Cruz, trois cents guérilleros tombent à l’improviste ur des ouvriers qui travaillaient à l'amélioration de la route. Douze de ces pauvres travailleurs sont massacrés sur le champ, quinze blessés grièvement, et les deux cents qui restaient, traînés dans les montagnes pour être incorporés dans une bande. Trois mille piastres furent le produit de cette lugubre boucherie.
Chemin faisant, un de ces vaillants soldats coupe le doigt à une malheureuse femme, pour s'approprier un anneau de peu de valeur qui avait sollicité sa convoitise, et l’arrière-garde s'occupe à assassiner le boulanger des victimes; puis, en guise de passe temps, mêle sa tête et ses membres pantelants à la pâte qu’il était en train de préparer, pour confectionner le pain du jour.
Le 15 août 1863, le colonel Quesadas emprisonnait dom Tranquilino Guttierez sous prétexte qu’il était le confesseur du général Marquez, puis le faisait fusiller et ordonnait que son cadavre fût pendu à la porte de l’église d’Huisquilucan, petit village que le malheureux prêtre desservait.
Un curé, connu par sa charité et son esprit de dévouement, M. Saturnino Baldera, mourait à quelques jours de là, sous les balles d’un peloton d’exécution, pour avoir courageusement refusé de prêter serment aux lois dites de réforme, sanctionnant la
la spoliation des biens de l’église. Le décret de mort contre ce prêtre était signé par Juarez, oublieux qu'autrefois un moine dominicain, chez qui il avait été recueilli comme domestique, l’avait fait instruire à ses propres frais, et lui avait ainsi permis de venir signer son nom sur la sanglante page que l’histoire lui consacrera un jour. (1)
Partout le clergé était traqué comme une bête fauve ; les faibles et les désarmés ne trouvaient plus de pitié, et Buitron promenait ses bandits de village en village, saccägeant tout ce qui se trouvait sur son passage, brûlant les haciendas, prenant de force les
(1) Le président avait déjà rendu le décret suivant contre le clergé de la République :
Art. I.—Les prêtres de tout culte qui, abusant de leur ministère, exciteraient à la haine ou au mépris des lois, ou du gouvernement ou de ses ordres, seront punis d’un an à trois ans d'emprisonnement ou de déportation.
Art. II.—On supprime dans la crise actuelle tous les chapitres ecclésiastiques dans toute la république, à l’exception de celui de Guadalajara, en raison de sa conduite patriotique. Tout accord des membres de ces corporations pour l’exercice de leurs fonctions sera puni comme délit de conspiration.
Art. III.—II est interdit aux prêtres de tous les cultes, de faire usage, hors des églises, de leurs habits sacerdotaux et de tout emblème distinctif de ieur ministère.
Cette disposition aura son effet dans les dix jours de sa publication.
Les parties contrevenantes payeront des amendes de dix à cent piastres, et subiront un emprisonnement de quinze à vingt Jours,
Mandons et ordonnons que le présent décret soit imprimé, publié et exécuté.
Délivré au palais du gouvernement fédéral à Mexico, le 20 août 1802,