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ERNEST EE UE SN pr a 5 7
habitations, puis sangloter amèrement sur les cadavres de leurs enfants assassinés. Les lueurs rougeâtres de l'incendie annonçaient partout les progrès que faisaient les terribles bandes ; la mare de sang allait grandissant toujours, et quand le dernier peloton d’arrière-garde fut embarqué, quand le dernier clairon eut jeté sa dernière fanfare à l’écho des Cordillières, une immense clameur s'éleva des ruines de ce pays de malédiction.
La révolution venait de lutter avec les principes du droit et la sainteté de la justice. A force d’ignominies et de lâchetés, elle avait réussi à les navrer de dégoût, et maintenant qu’ils partaient, elle riait aux éclats, en contemplant l'immense champ qui allait être ouvert à ses appétits sanguinaires.
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Tant que la France avait été là, les ombres sanglantes projetées par le stylet du brigand embusqué, étaient venues se confondre et s’éteindre sous les reflets de gloire que projetaient au loin les incroyables faits de guerre qu’elle y accomplissait. Nonobstant cela, la presse étrangère s'était tellement efforcée de défigurer nos moindres actions, qu’il se pouvait trouver encore de par le monde quelques bonnes âmes croyant toujours à la générosité mexicaine, On ne courait plus aucun danger de les en désabuser, puisque nos transports glissaient rapidement sur l'Atlantique, et comme le Mexique était assez indépendant pour se passer de la sympathie des honnêtes gens, il se remit donc au plus vite à son œuvre de prédilection.
Cent soldats français faits prisonniers à San Jaciñto étaient massacrés de la manière la plus barbare possible.
Ils faisaient le café et installaient leurs tentesabris pour la nuit, lor qu’on vint leur dire que
le président de la république les condamnait à mort. Formée par pelotons de quinze, chaque escouade marchait au supplice, trouvant sous ses pieds les corps mutilés des quinze camarades pré- ‘ cédents !
Porfirio Diaz se ployait aux idées du jour en faisant exécuter à Puébla 63 prisonniers de guerre. A Patzcuaro, tous les officiers faits prisonniers étaient fusillés par derrière. A San Luiz de Potosi on en faisait autant, et petit à petit le chemin du sang se dirigeait vers ces illustres victimes de Quérétaro, qui devaient tomber bientôt, et clore pour un jour la nomenclature de tant de monstruosités et de crimes épouvantables.
Mais à quoi nous servirait-il de compiler les lourds in-folio qui renferment le bilan des crimes du Mexique, et d’épuiser l’immense torrent d’infamies qui est descendu pendant six ans le long du flanc des Cordillières ! Depuis longtemps les cœurs droits sont convaincus de la sainteté de la mission que nous avions à remplir là-bas, sans qu’il y ait besoin de fouiller plus avant au milieu de ces poitrines trouées de balles, de toutes ces chairs sanglantes. (1)
Les défenseurs mêmes du juarisme ont dû sentir leurs nerfs se crisper d’indignation, en voyant quels auxiliaires l’histoire leur donnait pour faire pencher en leur faveur la balance de l’iniquité.
(1) Le seul mérite de ce travail est d’être vrai dans tout ce qu’il affirme, et je renvoie le lecteur curieux à la pièce justificative intitulée — ‘ UN BILAN MEXICAIN.”
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Le général Ramon Mendez vendu pour six dollars par une prostituée ; Tomas Méjia fusillé par Escobedo à qui il avait deux fois sauvé la vie ; le cadavre de Vidaurri tout bleui de coups de pied, et les cheveux blancs maculés d’immondices ; le général O’Horan déchiré et mutilé par une populace avinée ; Miramon livré par le médecin qui l’avait pansé, et exécuté malgré une blessure mortelle ; le colonel Campos commandant de l’escorte particulière de l’empereur, trouvé à moitié mort sur le champ de bataille, adossé à un mur et fusillé sans pitié ; les illustrations et les respectabilités d’un parti trop grand pour exister au milieu d’une atmosphère aussi empestée, massacrées au coin des bornes et des carrefours, seront autant d’obstacles qui un jour ou l’autre feront trébucher le Mexique dans sa tombe.
Seulement avant de s’y coucher, il a tenu à laisser aux nations de la terre un souvenir impérissable.
Pendant longtemps le peuple mexicain a tâtonné autour de lui pour se trouver une victime qui fût aussi noble que ses aspirations étaient fangeuses et ravalées. N’en trouvant pas près de lui, et craignant que sa réputation de lâcheté ne parvint pas au-delà des mers, il est venu en Europe, au centre de la civilisation, se choisir un empereur au milieu des princes les plus éclairés et les plus intelligents de l’époque. Il l’a acclamé sur ses rives, lui a mis une couronne sur la tête et un sceptre à la main ; il l’a flatté et adulé; puis, voyant que ses