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UT -XVIL . , 3 ee 2e = À SARL ARBERT ce ee
Sur la route d'Edmonton à Saint-Albert.— Le siège épis copal.— Cordiale réception. — Discours. =. Cérémonies religieuses. —Sermon de Mer Taché.— Statistiques. -
Dès 9 heures du matin, le 28 mai, les exeursionhistes - 3e mettaient en route pour Saint-Albert, qui est À. 5 “milles au nord-ouest d'Edmonton. ".
TI faisait froid, et de gros nuages qu'un vent violent
“charriait du nord-est aspergeaient abondamment. les voyageurs d’une pluie glacée," mêlée d'un peu de grêle.
“Mais de temps en temps les nuées grises, en s'écaitant laissaient voir un coin du ciel bleu et percer quelques
rayons de soleil. : Alors s'le paysage 5 ’égayait, les floraisms de mai souriaient,. et les feuilles nouvelles étince- a lhient comme des vêtements ornés de perles.
C’est ainsi du moins que le paysage apparaissait aux imaginations poétiques ; mais il semblait moins beau |
aux ‘ natures positives et flegmatiques.
, Le cheinin qui conduit d'Edmoñton 4 Suint-Albert est d'ailleurs très beau comme la plupart des chemins
de prairies. Il trayerse d'excellentes terres, parsemées.
“de petits bois détrembles et de peupliers, et de quelques
bonquets d'édinettes. De distance en distance; quelques ‘ fernres ut des chaiups cultivés.
“Enfin, dé la cime d’une colline très haute nous ; déconvrons tout-i- -coup la vallée profonde : où serpente Ra
‘rivicre de l'Esturgeon ; et, au sommet. de la colline...
6pPuste, nous apercev ons en “face de nous la cathédrale de Saint-Albert, ‘flanquée d’un côté par le palais épiscopal, et de l'autré par le joli. couvent des Sœurk de lu . Charité.
Le site est enchanteur, et le point de vue des plus vittoresquesr Les versants des deu collines, qui se - font face, s'élèvent en pente douce, et la rivière qui les - sépare est - boréée d'un village naissant, tout au fond ile ha vallée, . S La ronte que nous suivons descend au milieu des mbres dont Les feuilles viennent de s'ouvrir, traverse la - © rivière sous une arche. de verdure toute pavoisée, et remonte de l'autre-côté ‘au rhilieu d’un gazon verttendre, entre une double rangée de petits arhrus jusqu'aux trois édifices qui couronnent pittoresquement ka colline, l'église, le palais et le couvent. ‘La scène de’ l'arrivée fut émouvante. |
Ta voiture qui j conduisait Mgr Taché s'avancait en tôte et gravissait. la colline à pas lents. Toutes les : autres vuitures suivaïient, ct formaient une imp oxante
procession. : .
Les cloches ‘sonnaient à toute volée, les utiflammés flottaient à à toutes les flèches et sur tous les toits : et, sur le balcon de son évêché, : Mer Grandin, la tête décou- : verte, sa belle chev elure blanche encadrant ses traits, et L-—entouré-dun-groupe” de”ses missioniires, attendait ses visiteurs, Toute la population réunie sur la grande place en face de la cathédrale et de l'évêché s'écartait
devant la procession, et s'agenouillait au passage de
chaque évêque pour recevoir sa bénédiction.
| mesure que ls vo oyageurs descendaient de leurs . voitures, Mar l'évêque de Saint-Albèrt leur souhaitait “la bienvenue en les embrässant, et les-introduisait dans .* son jrakais dont les portes étaient tuutes grandes ouvertes. Un quart d’heute après, évêques et réfats, revêtus, rde-leurs mantelettas, Religieux et prêtres se rendaient en procession à l'église pour y assister au chant du Te Deum et À la bénédiction du Saint-Sacrement. Mgr Grandin remercia les Fidèles pour la réception . tiomphale. qu ‘ils avaient préparée, et les invita à se rendre à l'évêché où devaient être présentées les adresses. C’est M. Antonio Prince, député à l’Assemblée Législative, qui Int aux visiteurs une-adresse en français
aussi bien pensée que bien écrite.” Au nom de Ïa
R Végreville, *
population | anglaise: M. H. W. McKenñey lut une autre adiesse en anglais qui ne fut pas moins apprécice,
Enfin Mgr Grandin prit la parole au nom de son clergé, et fit entendre un vrai magnificat de joie et de recon- :
naissance.
Ce fut Mgr l'archevêque d'Ottawa qui eut la tâche
difficile de répondre à toutes ces salutations élogieuses, et . Ô
il “en acquitta avec bonheur. à Mis comme l’homme ne vit pas. seulement de
roles TR féte” Gratoire fut suivie d’un diner qui ne
La manquait pas de goût ni de saveur,
Une jolie séance académique à Vécole,'et une visite «u couvent des Sœurs de Ja Charité furent le programme
de après-midi.
Le lendemain, 29 mai, était un dimanche, et la cathé-
drale, toute pivoisée et décorée, fût le théâtre des plus *
huposntes solennités.
Sa Grandeur Mur Lafièche officiait. Il était revétu
des ornements sacrés qui furent donnés à Mgr Grandin
par Ses amis de France, à l’occasion de ses noces Pare
uent épisc upalés,. et qui sont les plis” beaux que l'on cunnaisse at Nurd- Onest.- us ‘ Myr l'arc hevé que de Sgipt-Bonifuce, le métropolitain,
Ve Xk + ae % : assistait an” trône, entouré de. ses plus anciens comp”
.gnons de mission le P, Lacombe, le P. Rémas et le F!.
- | Fo 193 :
Les autres” évêques “et dignitaires, avec leur brillants costumes, remplissaient le chœur. UT C L'église n’est pas grañde, et pouv ait, à peine contènir d'assistance. composéeÀ’ environ un millier de Canadiens ‘ Français, Anglais eë de Métis. ‘
"Après l'Evangile, Mar Taché monta en chaire, et le | silence le plus idideux se fit : | |
# Nunc dit à servun ÉUUM, Domie, comment a
….'orateur, muix vide runt aculimiei-saluiure tuum,-. —dusti ante f cièm omniun populorum, luien “dl revelutiorem dentium, et ylorièm plebis triæ, + Iséuet ! , :
“Maintenant, Seigneur, vous pouvez hisser aller vatre serviteur, pare que mes yeux ont vu le Sauveur, ‘ue vous aÿez destiné à être exposé aux regards de - fous Les ; æéuples, pour être la lumière qui “éclairera les ations; eb là gloire de votre peuple d'Israël” +
Cctte gfande démonstration teligieuse au siège Épis- UE “dont il avait vu les commencemenfs, et les
: iumenses progrès réalisés dans l'Eglise du Nord-Ouest aps le j jour où HE N vint planter sa tente de mission
‘naïve, ameñaient tout naturellement” sur les lèvres de -
lorateur, cercantique de triomphe et de joie:
Comme le saint vicillard Siméon, il avait longtemps
attendu le jour où il verrait la réalisation de ses loin- #
Hüines espérauces-de” iissionnaire ; et maintenant ce
. jour était venu; ses rêves Ctaient même dépassés, et,
PT D ° Lu oe
. : — 14 Ze .
dans ces immenses imite, es OÙ le nom de Jésus était pagière inconnu; il le voyait maintenant adoré, servi “par des peuples de races et de langues nombreuses ; hi Luinière, descendue du ‘ciel en Orient, dirait maine tenant. les nations, de l'extrême Ouest; Es aiédrales
- surgissaient du sol où se dressaient naguère les tentes
- des missionnaires, des villes Horissantes remplaçaient les
h campements des Indiens; et partout éclatait la gloire QE
“Jüuple d'Israël. © ua À Quelle alléresse ! Quel triomphe” pour KR hnble ‘ chvriers de‘lrvigne du Suigheur ! ! Et.co ce, “rai 1
‘de sénevé surosé de leurs sueurs avait: germe aÿfde-"
© Jauent ! Quel bel arbre il était déjà devenu ; et combien
il était déux de se reposer à l'ombre de ses branches
chargées de feuilles et de fruits :
Je né saufais. Éjicduire Pé imotion de l'orateur-en
conmentanit- ce +
AS
exte-si bien approprié à la circonstance, et il est bien fnmtile d'ajouter, qu'il communiqua cette émotion V Son auditoire, | | Cumment awrions-nons, pu rester insensibles en voyant cet illustré missionnaire, vieilli avant l’âge pur ses travaux apostuliques, ‘accablé par des maladies prises dans ses longues courses d’hiver à travers les solitudes du Nord-Ouest, regardant venir la fin de sa carrière, et eontemplant avec. la tendresse émue d'un:
pêre-et les saintes joies d’un apôtre, les succès merveil-
ns %
/ leux de son Œuvre, les gloires et les grandeurs de Te enir ; ! quelle page vivante d'histoire ecclésiastique au - on Oùést” il nous a faite alors! Et combien je | regrette: qu'il ne l'ait pas écrite lui-même, comme lui seul aurait su le faire ! | Il remonta jusqu'aux débuts .de- Monseigneur Pro- - vencher dans les missions.du Nord-Ouest, en 1818, si. jeune me:trompe. “ILHE Téloge de ses vertus, et résume l'histoire de ses nvies.' - eu .
I nomma tous les missionnaires qui vinrent à diffé rentes dates assister l'illustre et vénéré. évêque dans son -. * “uvre d'évangélisation, És ablés - Thibeau, Lafièche,‘ ou
. aujourd’ hui sur le siège épiscopal des Trois-Rivières, Bourassa, le P. Aubert et Tui- même, °°
Il remercia au nom de Dieu les Religieux dévoués. qui devinrent: subséquemmuent ses auxiliaires, les PR. VP. Grollier, mort depuis, Lacombe, Rêm mas et Vègreville. : | . ‘ «
Il raconta les commencements de Mgr Grandin et sun accession à Pépiscopat. Il énuméra les fondations et les établissements, l’érectiün des vicariats “apostoliques et des diocèses, les constructions déglises et de chapelles, la venue des religieuses et la fondation des couvents.et des écoles.
Il fit un tableau imagé des travaux des missionnaires,
de leurs courses, de leurs épréuves, de leurs consolations et de leurs joies. L ‘ — Au juste tribut d'éloge qu'il paya aux morts il sût mêler de bonnes et délicates paroles pour les viyants. | | Venant enfin aux résultats obtenus pendaut “un peu moins d’un demi-siècle, il rapprocha l époque actuelle de l'année 1545, date de. sun ordination. c comine prètre à Saint- Boniface, et il révéla à son auditoire les statistiques suiv antes, qui ne sont pas sans “éloquence : ="
En 1815, il y avait 4 religieuses mais point de
.cuuvent. Aujourd’hui il y a 21 coûvents et 176 reli-
* gieuses dont 122 sœurs de charité et° 54 sœurs auxilia-
trices. |
En 1845, il y avait au Nord-Ouest + prêtres séculiers -t 2 religieux; aujourd'hui on y compte 37 prêtres séculiers, 7 séminaristes, et 100 religieux dont 91 oblats — ontre &8 Frères convers et 8 scholastiques, |
En 1845, + hbitations de prêtres — aujourd’ fui 111.
Alors, 4 églises où chapelles — aujourd’hui 150. Alors,
rt
4 écoles — aujourd'hui 166 dont 31 pensionnats. -Alors;
.140 enfants fréquentaient les éeoles — aujourd’ hui, ils
sont! 5,000, dont plus de 1000 sont pensionnaires. Enfin, en outre.des églises et chapelles, il y à 127 stations, régulièrement desservies par des missionnaires,
me -
LT
c'est-à-dire des endroits où ils vont à certaines dates . dire la messe et prêcher, dans des maisons privées. 1
+ En
1 Etat comparatif de la situation actuelle de l'ancien diocèse de Mgr Provencher avec ce qu 'elle était lors de l'or.
dination du Père Taché, en octobre 1545. Dot — |) -asa5 . 1892
2 Diocèses ct? Vicarintsa
Divisions Épiscopales...{1 Vicariat Apostalique. à ut 1 Archevêque, + Evè-
Évéques. FÉQUE. sou nur es
es
ques, Clergé Réculier...,...…. $ Prêtres.. 1 37 Prêtres, 7 Cleres. 91 Oblats, 6 Société de
Prêtres Religieux... 2 Oblats....,..... IUT . Jésus, 3 Chunoines
Réguliers de l'Immaculée Conception.
TSociété de Jésus, 2 7 Obluts, 1 Chanoine Régulier de l’Immuculée Conception.
38 Oblate, 5 Société de Jus, 1 Chanoine Régulierdel Immaculée * Conception.
3 Société de Marie.
12 SœursGrises, 17 Saints Noins de Jésus et «le Marie, 4 Fidèles Compugnes de Jésus, 3 L'Assomption,
30 Tertinires, 10 Saints Nous de Jésus et de Marie, 17 Fidèles Compines de Jésus.
Scholastiques Religieux. Queue Frères Coadjuteurs...… 0... ose É
Frères Instituteurs en :
Religieuses ............, 4 Sœurs de la Charité, (dites Sœurs (Grises)…
Sœurs Auxiliatrices..
Demeures sacerdotales..
Couvents de Reli euses.| - al Eglises, A igieus 2 St Chapelles. . LNNUUIIT 59 Collèges ct Pensionnats.. 3 * Pensionnaires.. 1000
xternats 5 Elèves. 50
6pitaux. ...… rene A Orphelinats. : onu 6
N. B:— Ià jurisdiction de Mgr Provencher ne s'étendait pas à l'ouest des Montagnes Rocheuses. ,
me 7 Lin ute
… 7 v 5 - - Voilà cértes des statistiques qui prouvent que l l'Eglise catholique au Nord-Ouest n'a pas été une vigne-improductive, èt que. ceux qui en ont pris soin n’ont pas été des ouvriers paresseux, L'impression produite par le sermon de Mai Taché : a. été très grande, et je suis sûr que ceux qui l'ont entendu n’en perdront jranais le souvenir.
." À une heure p. m. nous ‘étions tous rangés autour ‘une table abondamment servie: à lévéché, et-nous. yrenions un excellent et joyeux dîner.
‘Les vêpres furent célébrées à + heures p. in, par Mer Grandin, et Mgr l’évêque des Trois-Rivières x fit le sermon. Malheureusement, je ne l'ai pas entendn ; car j'avais dû repartir pour Edmondton à 3 heures P.M, ‘en même temps que Mgr Brondel, Mer Lorrain et le P.. Lacombè. | Ce départ précipité m'a également privé du plaisir (lassister à uné conférence donnée à l’école, avec illustrations à la lanterne magique, par M. Armstrong, qui est agent de colonization pour: la compagnie du Pacifique, et quia accompagné l'excursion, comme artiste-photn- “graphe. On ma fait: beaupaups d'éloges de cette , conférence qui a. obtenu Fun vif succés. | Enfin, à fallut ropréïire: noîre. ätinéraire, et le lundi matin, 30 mai, nous rérontions tous dans notre char spécial, en. route pour Calgarÿ,
Je me trompe, nous ne repartions pas fous ; Car Mgr ‘-
Taché était fort souffrant, et nous avons eu le chûgrin
de nous en séparer à Saint- Albert.
” Les infirmités dont il souffre lui- interdisent spé- L cialément le voyage en voiture, et la route d'Edmonton” ! à "Saint-Albert l'avait horriblement fatigué. Il ass reposer quelques jours et quand nous reviendrons * $ e
| Vantouyer nous le rétrouÿerons à Calgary. LL:
En D “attendant, il va laisser un grand vide dans notre
char; car il est un. compagnon de voyage plein de
gaieté en même temps que le plus spirituel et le plus
iutarissable causeur, : ‘ ° : |
À part ces ennuis de mauvaise santé, que je partage malheureusement : avec Mgr Taché, et qüi affectent plus mon humeur que la sienne, le voyage a été fort heureux jusqu'ici. re |
Pour me servir du vieux dicton, tout marche comme sur des-roulettes, et les roulettes du Pacifique Canadien tonlent admirablement. Fu
1 n’y a qu'une voix parmi nous pour reconnaître les. attentions dont nous sommes l'objet de Ja part de la
<ompagnie - du Pacifique. Rien n'a. été’ négligé pour
nous Lssurer un voyage agréable, et l'excursion que
nous venons de faire à Edmonton en est une preuve
nouvelle, nn En effet “le j jour fixé par nous pour aller de Calgary à
Edmonton, il n'y avait. ancun train ‘qui dût faire ce trajet, ct qui pût remorquer"notre char. Prévenu de kr "chose par le P. Lacombe, M. Van Horne a mis une locomotive'à notre disposition, et cette locomotive 1 Tous a attendus à Edmonton pendant les deux jours passés à 5 Saint-Albert, On: ne saurait ‘être. plus-générenx" ii plis”
‘aimable, . , ‘
TT u KV Det
LES s VISITES DE DIET AUX £ SAUT VAGES
: eau à'Herni niine et La Santerelle — La petite vérole chez les sauv ages. La prière d’un Sorcier. — Uue guérison met-
rcilleuse. — Les visites de Dieu. + 4 5h F » PE
ui Î
Je crois avoir dit que nous ramenous avec nous deux chef Cris, dont Fun :se nomme. Osil husiareum, (Peau L d'hermine), et qui est un des plus beaux types san: ages | que l'on. puisse ‘voir, Il va représenter sa- tribu et tous, des Sauvages chrétiens des Territoires au grand congrès eucharistique, qui doit être tenu ‘dans quelques jours .
* au bord du fleuve Fraser par les Indiens catholiques ile
k Colombie. °- | ‘Irest le gendre du grand sorcier Pupabtini, Ge.
‘| Sruterelle) que nous avon$ vu à Hobbéma.
.$a femme a échappé à l'épidémie de la petite vérole en 1870, dans des circoristances que les missionnaires ont jugé prodigieses, ‘et le récit que le Père Lacombe
m'en a fait trouve ici sa pi ce.
Des jeunes gens de la tribu étaient allés en guerre sur Je.territoire Américain, En revenant de leur expé- Es ‘
«in, TRS , . "7 dition ils avaient trouvé dans un camp de sauvages de*
© Etats-Unis, ‘un grand nombre de cadavres étendus dans
lu prairie, Ignorant de quelle maladie ces homm k étaient morts,.ils-les- avaient dépouillés “de fleurs vê vête... ments et ils s'en étaient affublés. .
(A luelques jours après plusieurs d'entre eux furent atteints de cette liorrible malodie dont ils ignoraient N Lo
eribit. Voutui € ur.
Y'existence, et qué les LL apportèrent à Jeur
: C'était" en jüin 1870! et % contagion fit de rapides près dans. la vallée. dË la Saskatchewan, Deux mille “du cents sauvages en moururent, C'était une désola-. tion “ne le prophète Jérémie seul pourrait décrire.et : ‘qui font songer À ses lméntations célèbres : Desolationr desulate est terra, ete, ete. Les, ‘missionnairés, captifs de leur dév ouement, connurent alors toutes les angoisses dt laïtyre.
Comment échappèrent-ils à à a mort! ? Gelax nous semble iniraculeux : dar ils vivaient constarimient au milieu . des mourants- et, des cadavres en pourriture. Il leur fallait non seulement soigner etadmini trer les” malades, inaig transporter les morts enveloppés däns de simples couvertes, et! crenser eux-mêmes des oise dans la-terre “pour les ÿ enfouir, | 5
Pendant la nuit surtout Je cpéctaclé du camp, où la u Ts :
ue t —203—
môrt promenait ses ravages; était efroyaile. De tous. côtés-sÉlevaient des aériissenrents s et des plaintés ; les
uñs. étendues sur Fiheibe sé tordaient dans les convulsions” “der agonie, les autres erraient comme des fantômes à la
… Juenr des feux. qui s’éteignaient,.les chiens-hurlaient ——— comme si le mal les avait torturés eux-mêmes; et quand Taurore se lévait, les missionnaires faisaient Je tour des tentes pour compter les morts et leur donner la sépulture.
‘Or pendant que le- terrible fléau sévissait ainsi an bord de Ja Saskatchewan, M file uniqué du grand sureier Papabh inès (la Sauterelle), fat un jour atteinte-
par maladie. Son pèré V'adorait, et quand il la vit | # ‘ans les transes de la mort il perdit confiance dans 5e5 .- F jengleries et ses médecines, et il vint demander des. . prières aux missionnaires, :
Le Père Lacombe alla voix la j jeune fille, et il constata . © . delle était arrivée à k dernière période de la maladie, ct qu'il n’y avait. plus d'espoir. Il l'exhorta” à l mort | ct ui administta les derniers ‘sacreinents ; car la jeune - fille était chrétienne, quoique le père ft resté païen..
Le R. Père André qui partagenit alors avec le Père . Lacornbe. son pénible ministère, pendant cette effrayante épidémie, alla voir. aussi a jeune fille, et: avertit LA chef Indien de faire, son sacrifice. ee -
Mais aussitôt, que les missionnairés ‘étaient de retour. à leur ténte, le malheureux père revenait les: trouve r et : és: suppliait de venir Voir sa. fille, espérant tonjours que
sn
ë homme de la prière sérait plus puissant que lui
: auprès s du Grand Esprit, 7
Le
— Mais, mon pauvre ami, lui disait le Père Lacom, il est absolument inutile que je retourne voir ta fille: je vais priér pour elle ici. Il faut té résigner d'ailleurs,
Car. ton. .cnfant-vi ä-mourir, DCE Dieu va va la: recevoir ds
son paradis. : Tu n'as. pas voulu te faire chrétien, malgré que tu nous connaisses depuis longtemps, et tu
-continues de mêler tes superstitions païennes” et tes jongleries à quelques- unes de nos croyances que tn as fini par accepter. Mais le bon Dieu n’est pas satisfait de cétte conduite, "et c'est pour te convertir sans doute qu'il v'inflige cette grande douleur.” -
Le ‘sorcier étontait tout cela: sans rien répondre, k
tête basse, les yeux fixés vers la terre ec; mais diand ke
missiqnnairé se taisait il relevait la tôte et- disait :
“ Viens voir ma fille encore une fois avant qu elle ne
meure.” Le Pire. Lacombe se, laïssa toucher. Tout accablé qu'il fût par les’ rudes läbeurs de Ja journée, il marcha : vers la loge du sorcier qui était à à deux milles de distance, I trouva la malade dans le paroxisme de k fièvre. Toutes les éruptions qu'il av. ait observées le
matin. étaient rentrées, et selon toutes (les apparences
-la mort était gnévitable . et prochaine. :Le prêtrè ui
adressa” quelques paroles, récita des prières : “et sen revint, |
Le IL était tàrd, et il a vait grand besoin de Trépos.. Mais à peine était-il au lit qu'il entendit gratter à la porte de la tente. a
— Je parie, dit le Père Laconipe au Père andré, que
« de séreier__
d'est encore « cet ennu nauye 1] se leva et alla ouvrir. C’ était en.etfêt Papabkinès, qui entra sans dire -un mot.. Une- partie de la tente
servait de -chapelle : le vieux sorcier se dirigea de ce
côté, Là, il se jeta à genoux, et après un long silence
cilse mit à prier à voix haute :
— “0 grand Esprit, disait-il, toi” «qui écoutes les.
bufles quänd ils ont besoin d'eau, toi qui donnes aux oiseaux les graines qui les nourrissent, pourquoi’ done “né m'écouterais-tu pas? Est-ce que tu aimés mieux les hètes que les hommes ? On dit que fu as un fils et due
tu l’aimes'comme toi-même : Eh bien moi, j'ai une fille
et Je l'aime plus que moi- -même, Toi qui peux la guérir pourquoi veux-tu ds ‘elle meure ? Qu'est- ce que cela te
fair à toi de me prendre ma ‘fille ? ? Tu n'en as pas besoin, :
‘sde m est nécessaire à moi. Si tu m ‘entends, et si tu . nu vraiment. le Maître de. la vie, laisse-vivre ma fille, et je croirai. alors 'que tu es bon et que tu nous aimes.” Vous : allez voir, dit père André au “Père Lacombe, que ce vieux sorcier va faire un mir ile !
* Le malheureux père -pria ainsi -une' partie de la. nuit.
Aw matin, le Père Lacombe fut forcé de partir pour
une mission un peu lointaine étilne revint qu au bout de
LR.
quelques j jours. Il ctait bien sûr que la fille de Papuhe kinès avait dû mourir dans l'intervalle. * Quelles ne furent pas sa surprise et sa joie quand, à peine de retour, il vit venir à travers la prairie le vieux sorcier “et sa fille bien-aimée : elle était parfaitement guérie!
C'est quelques-mois-aprèst Welle ést devenue Sidame Osiklusiveyun (Peau. d'hermine). Quant au vieux” sorcier, .il S'est eonverti-depuis, èt est devenu un fervent
- chrétien. |
Quand j'ai connu cette histoire, j'ai compris pourquoi le vieux Pupubkinès avait emibrassé le P: Lacumix . avec tant d’effûsion, à la gare d'Hobhéma. C'est qu'il resar de le missionnaire comme son sauveur et celui de sa fille. | LL
-Tout en prêtant l'oreille au’ conteur, je regardai-- Oskhusareyun, et jadmirais 2 son maintien. noble et : digne. |
Le Cris est vraiment une belle race, et ‘sa Jangue, est -dans l'opinion des missionnaires une des plus belles qui existent. L | ‘
Au point dé v ue’ grammetical elle est admirahle, disent-ils, comme. régularité, comme simplicité, et comnit. “richesse. Quand vous en connaissez les racines princi- ” pales, avec quelques combinaisons de certaines syllabes
‘usuelles, et lés finales de’ genre et de nombre, VOUS pouvez comprefdre et même parler la langue crise.
ee
- my a un 997" € à # Se
Le pays que nous traversons, en revenant d'Edmonton it Calgary, est plein des souvenirs de cette tribu ; et h plupart des récits merveilleux que je tiens du P. Lacombe ont eu pour théâtre ces- belles vallées Quarrose
ka rivière à la Biche." 2
C’est donc ici qu'ils me paraissent à avoir leur. place marée: dans ge. volume. - — + * Sans doute; ils ne sont pas ‘des souvénirs actuels de notre voyage; mais c'est ici que je les ai recueillis, et ils
appartiennent à un ordre de choses qui ne reviendra plus, et dont quelques bribes au moins seront ainsi sanvéées de oubli. ‘ ; Ces récits contiennent d'ailleurs un grand enseignement : c'est que “ Dieu ne fait point acception ‘des jersonnes, comine disent les Actes des Apôtres, et qu'en “taute nation celui qui le craint et pratique la justice lui est agréable. ” . NT # Parmi les races mêmès Jes pius dégradées il est des honimes qui cra ignent Dieu sans le convaître, et qui pratiquent. la ‘justice naturelle. Quand ces hou l'anpellent du fond de leur’ misère, Dieu les’entend ; va les visiter, et s’il n'avait pas de inissionnaire à sa disposition il leur enverrait un ange comme il fit pour’ le centurion Corneille." . : 7 À l'aurore du christianisme, FE y. eut quelque doute :. sur cette doctrine, parce que les Juifs s’imaginaient que
Dieu leur avait donné le monopole des vérités du salut.
Mais, un jour, à Jopyé, saint Pierre eut un. ravisse-" ment esprit. Il vit le ciel ouvert, et comme une grande nappe suspendue par les quatre coins, qui’ sabaissuit. du ciel en’terre, et dans luelle étaient toutes sortes de auadrapèdes, de reptiles de de dl erre, er ——
—doiseatx du Gel -
Et une voix. ni dit.: tue et mange.
Saint Pierre objeëta qu'il m'avait jamais rien mangé | d'impur. Maïs la voix répliqua: ce que Dieu a puritié, ne l'appelle pas impur. Loue ee
Et quand cette scène se fut renouvelée trois fois, la nappe fut retirée dans le cel 7 .
Que signifiait cette vision ?— Pierre comprit que
toutes les natiôns,Gentils comme Juifs, Ctaient appelées a foi chrétienne et au ciel. \ | L'Eglise a continmné cette interprétation. de sa vision, et c'est pourqual elle envoie ses missionnaires à foutes les races et dus tuntes les terres conndes et incuniuex pour Jeur porter le don de-la foi.
Ces vibites de Dieu aux abandonnés de ce moude revêtent des formes aussi varices que toutes les anvres divines, mais sa Providence éternelle n'en est pas moins visible aux veux le l'hourne sans préjugés.
On vient de voir par quel chemin il est arrivé an cœur du sorcier d'Hobbéma, et j'ai raconté précé- . deunrñent comment il avait pénétré sous le toit du vieux -
Pasqua, es - |
Vaïci maintenant up autre fait qne je tiens de la bouche même de Mgr Taché. :
Un jour, dans une mission lointaine, un Indien se * présenta devant-lui, et après les salutations d'usage, il
"mi niontra & main gauche qui “n'avait pas de pouce:
—Que signifie celii ? ? lui deriianda l'évêque: —" L'année dernière, réporidit le sauvage, un jour que -" fe faisais la chasse, mon fusil a éclaté et m'a emporté le - pouce, Le sang coulait “horriblement, eb malgré tous | “mes efforts et-tous les moyens employés j je ne pouvais. pas Fétancher, Jens la certitude que j'allais mourir, Alors je regardaï en. haut, et je dis : Toi qui as fait la Terre, Grand-Père de tout ce qui est vivant, si tu peux vratment conserver la vie aux êtres que tu as. créés, eb Si tu me vois, tout pétit que je suis, arrête mon sang de couler, et quand j je rencontrerai un homme de la prière je ticherai de te connaître.
“ Le sang s'arrêta instantanément. Je. femis ma ” “mitaine, revins à la loge, et fus bientôt guéri. — \ “Aujourd'hui, en apprenant ton arrivéé jai voula. femplir ma promesse. Je.viens te, voir, toi l'envoy 6
Grand-Bsprit, afin que tu m'apprennes ce que tu” canhuis de lui, ? : | : |
dh imâginera facilement quel accueil ht fit le’ xénéa] missionnaire, et avec. quel émpressement il vi inst; uisit etle baptisa. .
. .. - | à. CUS
© Dans les récits qui vant suivre les voies de la Provi- dence brillent avec éclat. , Quelques-uns des faits qui s'y trouvent consignés ont déjà été racontés par M. . abbé Dugas dans un joli volume intitulé * Légendrs du Nord-Ouest ” ; mais ils-ne--sont-pas-du tout légen-
daires. Ils sont authentiques, et j'en tiens” tous les Aétaïls du R. l. Lacombe lui-même. La forme est bien
à moi, mais de fond est bien à lui.