EE
epunaissances nécessaires 5 ee À Mais, d'autre part, t sil refusait d'agi, Foin- desenteus: -rroirait que c'était mauvaise volonté, et, serait moins * disposé qné jamais à se faire chrétien.
Le P. Lacombe flev son.esprit vers Diet, et prit la détermination hardié de. tenter une opération tout. ln , - fait. nouvelle pouz lui. | | — Puisque tu le veux, :dtsil à Foin-de-sentéur, je vais faire ce que je pourrai, Mais, s'il meurt, ne jense * pas'mal de moi. :
- = Non, certes, “7 io — Tou gendre.estil prêt souffrir? © :
—Ne t'inquiète ‘pas de-tela. La souffrance ne Ini à
pres
unais fait peur. . ou de Le Père Lacombe examina, le bras du pauvre malade. Luvorde de peau qui faisait la° ligature 6 était profondément enfoncée dans les chairs et invisible; et les tissus en “putréfaction tombaient en, lamheaux. Puis il considéra son propre bras, pour en. étudier un peu’ lanatomie et bien, choisir Pendroit où il pourrait faire une entaille
- profonde sans.toucher aux principales artères: : :—.".
he — 239 —
Enfin, il. prit son rasuir, ét, résoliment, en priant
Dieu! de diriger sa ain, il ‘pratiqua dans les chairs une
- À ‘incision n profonde, atteignit la corde.et Ja coupa. Uii flot de sang et de ne jaillit et le malade pouisa un. soupir de soulagement. Des mur mures d'approbation
se firent entendre pari les sa vages ; et le mission.
| aie, encour agé par ce premier succès, enleva du mieux qu'il. put. l plus grande “partie dès “chaïis "gâtées, et
: brûla le reste ‘aveu un ‘bâten de nitrate d'argent qu'il.‘ avait, Puis il enteloppa le bras dans üné couche don
guent cumposé de’ saindonx, de cimphre et dan: extrait
de Loufgeons de Jiard. ‘
{1 recommanda au malade la diète et le repos ; et {rois fois par jour. il renouve elait le. brûlement es tissus gangrénés et la conche d'onguent.
Après quelques jours, le malade était en pleine. voie
de gucrison, et au bout. de trais semaines I était tout à fait guéri.
Onpeut s'imaginer lajoie du missionnaire, et avec
«telle effision il remerciait. Dieu de Ini avoir accordé ce succès, En même temps, il espérait que Foin-drseiteur. se rappellerait sa promesses et il cherchait upe . oceusion propice ‘de l'en faire souvenir.
Quel ne fut pas. son bonheur lorsqu’ un soir, à heure que sa petite doché pelait ‘à la prière les quelqes
san vages. qui étaient chrétiens, 11 vit tout à coup entrer
as
Le
dans” sa iente Foin-dle-senteur avec |quérante de parenté et de sésamis! —— | Après la récitation d'une prière -et le chant" d'in .cantique par Je prêtre ‘et ses fidèles, Foin- de-senteur se Jeva, et demanda au P, Lacombe la permission de varler ; © —ce qui lui fut accordé avec empressément. +
— “ Mes parents, amis, et vous tous qui m'écoutez, dit-il, vous devez être bien étonnés de me voir ici, ve soir ! ? Vous m'avez toujours connu comme ün graud ami des croyances de nos pères, et, comme votre chef, vous n'avez toujours vu à la tête de nos grändes mlecines. (évlennités religieuses), : Aujourd'hui, en présence du Maitre dé lu Vie, ct t devant notre ani l'hontme de la Pri ière, je renoñce F toutes nos supersti- Lions Croyrness) eb j'embrasse la Pr ère religion chrétienne) ! ? . .
Se jetqnt : alors aux genoux du P. Lacombe, Foiu- de senteur lui demanda de le marquer du signe de la croix 5 et le missionnaire se rappelant, Clovis et saint Denis, lai prit la main, lui fit faire le ‘signe de la croix et lui -dit : “ brave chef, adore cé que tua as brûlé, et ble vu
que tw as adoré. ” . re |
Tous eeux qui À ompait Foin-de-senteur voulurent suivre son exemple, et pendant plusieurs mois le missionnaire les instruisit et les prépara à
recevoir r le baptême.
des soir, après une abondante chasse de bufiles et un gran souper, dans les prairies que la rivière à-la Biche | ‘arrose, Le P. Lacombe des’ assémbla et leur fit faire la prière en commun. | -
Ce pieux devoir accompli, les Anciens de la tribu se
mirent à famer, et à causer, Alors, ] Foin-de-s enter
© prit la parole ? 7. | É Tree
— Mon. «ssocis, dit-il au P. Lacoimbe;tr Paphites UE ‘à me : baptiser ; ; mais tu ne le ferais peut-être pas, si tu 5 . connaissais ce que ie été autrefois ct tout le mal que ‘
- j'ai fait,”
Le Père jui montra son crucifix et dit : “ C’est pour sauver les échenis qu l'est venu sur terre ; ; etsitu rereites tes fautes, il te pérdonnera.” " . w
. — Eh : Lien, reprit Foin-de-senteur, je veux
raconter ta vie passée, et ceux ‘qui sont ici diront si parle la vérité.
“Je n'ai pas connu mon pére, ni ma mére. Re:
“orphélin trè ès jeune, je fus recueilli par. une vieil femme qui m'adopta pour son. fils. Dans nos trib les orphelins sont les rebuts du camp et sont trait}
comme des chiens ; mais “la vieille. avait grande pi ‘ de moi. .
“Je graridis ainsi; mais je n'étais considéré | personne. Jenavaisqus de nom, comme en ont tous À guerriers ; et lon m'appelait “celui qui- n'a pas dé nom.” - Cela mu “humiliait, et j'en souffrais grandement.
Fe CB
où leurs sœurs, les arinaient, les ‘ équipaient, et ils partaient pour des expéditions lointaines, en poussant le cri de guerre, avec les Encouragements des Vieillards,
et des acclamatiqns de-la tribu.
“Quand jeus dix-sept. hivers. je résolus. de me faire nn nom, et de partir. aussi pour Ja guerre ; mais je. ne.
cemmuniquai mon projet à personne, car je v'avais ni
sœur, ni fiancée, ni aucun -homnie qui “intéressât . n à mn il,
« de: me procuraiurk vieux fusil, et anelques prov ie sions, \Je me fabriquai moi-même un are, ui carquois
, an
‘plein de flêches, et un lasso ; et je partis à Fiairoviste, tout seul, : au. milieu de Ja nuit. Mon: Absence né fut
guère remarquée, parce que personne ne occupait de
mot, L "
| “ Pendant cha jours et cinq | nuits, je cheuiinai dans. là prairie, cherchant un calnp ennémi, dormant guelques
héures dans des- -cachettes comme une bête fauve. “Un soir, je découvris au. Join, au bord d’une rivigre,
“un Vaste camp. de Pieds-Noirs. ‘Je m 'embusquai dans. un ravin,: au milieu des bronssailles, : et j'ettendix
l'aurore.
‘Au point du jour, j'examinai les alentours et. les mouvements du camp. Je remarquai ün grand troupeau de chevaux qui s’en allaient paître dans Ia plaine.
“De temps en temps, j'étais témoin du départ de quel. ‘ques braves. Leurs’ jeunes femmes, ou leurs fiancées, |
ET
LS AT . — 234 — ut “Tout à coup, j'aperçus un güerrier de hante taille, drapé dans une ample couverte raÿ ée de rouge, et se . dirigeant vers moi. J'étais sûr qu'il ne m'avait pis — aperçu, et je eumpnis que c'était un des Anciens qui. ” s'en allait au haut d'une colline pour adorér lé Soleil, du allait se lever, et pour bénir le camp qui dormait enégre..
=. Je vis qu'il allait passer auprès de ma caciette, di
je résolus de letuer, Mais, en déchargeant mon fusil sur
. lui, fallais rév eiller le Camp, et tonrber entre les mains
des enpetnis, |
Te bandai mon arc, je pris une flèche sue je Paisut, ét visai l'homme au cur., .
‘+ «Ta flèche”vola droit au but, et Thomme toinba. Comme le tigre des montagnes, je in “élançai Ve | lui, et comme il respir ait. encore je lui enfonce “ti mou couter dns Là poitrine.
4 Ga cheve elure était une des plus belles que Jo pit voir : je là Jui an rachai, après avoir décrit: un cree © S sanglant autour de sa tête,
“En hissant retomber son ciâné dépouillé sur Theïbe verte, ÿy remiarqnai des touffes de foin odoriférunt. El en n arrachai une jioignée que je mis dans mou Su ii,
pendant que jattachais À ma ceinture la super be éheve ejure du chef ennerni. “ ‘ M
‘A ce moment, j'observai quelque mouvement duns le camp, et je pris ma course vers la troupe de chevaux. :
mon -lasso À la main. Un grand. nonbre s S'enfuirent ; mais nr bel étalon, moins effrayé, se laissa approcher Assez pour que je pusse lancer à son coù mon laséo. 11 se cabr ; mais je réussis À Var rêter, sautai sur son dos, et poursuivis lesautres chevaux quis 'enfuyaient devant
mo, de maniére à les diriger. vers MON Pays.
.. “De grauds cris retentissaient dans de” camp où” L l'alarme était donnée, et.des centaines de guerriers, cou”: aient après les che aux qui restaient, pour les monter
| et me poursuivre. “ Mais peñdant ce tempis-Fà j je m 'enfuyais comme l an- | tilope pour suivie par des chasseurs; et,quand je reuardais en arrière, A travers les nuages de poussière que soulevait ma troupe de ehevaux,. je voyais se dessiner an Join plusieurs cavaliers qui galoppaient en poussant iles hurlements de rage sans-réussir à diminuer la distance qui nous séparait. Au contraire, je m ’apereus bientôt que je- les distançais : toujours davantage, et quand il - © fut l'heure de inidé, is avaient renoncé à. ma ponr. NE cuite. . ue L no & “Je me: reposai alôrs, etfis boire mes chetanx dans ane rivière ‘que j'avais à traverser. Je. voyageai tout “— reste du jour et toute la nuit. Quand l'aube se leva avais sous les yeux le camp encore. eñdomni de ma ‘nation bien-aimée, etjy réntrai, monté sur mon supérbe -Coursier et-emmenant devant moi quarante- deux beaux ue chevaux enlevés aux Pieds-Noirs.
c. ; DE SEP sr
me
__ “Levezvons ! Levez-vous! ctiai-je. Ilest révenu. le la guerre, celui qui n'a pas encore de nom! Que les crphélins et. tous ceux qui n'ont pas Ge “ehex VEUX
s epprocheuté et je leur donnérai des coursiers—
Au milieu de lémoi du camp, j'entonnai le chant
de guerre, et tous les guerriers, eu croyant à peine leurs
veus, nrentourèrent en poussant dus acclamations. | “Un des Vicillonts S'approcha, et médit: mn
petit-fils, descends’de ton cheval que je t'embrasse ! “Je pris als le foin d’odeur que j'avais gardé sur
na poitrine, et je lofiris au, vieillard en Pembrussant.
LE
=— Merci, ditl, bu es un brave ”, et” s'adressant à «foule il ajonta : : Foïn-de-senteur sera son nom! “ C’est alors que je fus élu un des chefs de la nation.
— Et maintenant « qué tu sais combien j j'ai été méchant,
vsl-ce que tu peux encore me “baptiser, homme de he
Prière
Pour. toute réponse, le P: Lacombe, en proie à la plus
vive émotion, le'serra sur son cœur et' l'embrassa, Quelques jours après, it le baptisa, ainsi que st
femme ; puis il célébra leur mariage. Plus tard,
accom pag le P, Lacombe. à-Saiut-Boniface, etily fut”
solennellement confirmé dans la cathédrale, en présene e d'une foule de fidèles, | .
Nous avons dit en commençant ce chapitre. “quelle influence bienfaisante, il 4 exercé sur les autres Indien,
du qnelle grande part î a-prise dans B- négociation des traités avec le’ gouvernement du Canada + Pour Ii témoigner sa reconnaissance, et la ‘hante :
estime qu'il avait conçue pour lui, le gouverneur Morris
lui avait fait présent d'un magnifique revoluer, que
Foin-cle- serteur montrait avec orgneil À à ses amis.
. Un jour qu'il le faisait admirer à son. beat: Frère, a assis dans sa tente, celui-ci manipule le revoléer de telle façon qu'il le décharger presque à bout portant dans Ji figure de notre héros. k
La balle avait pénétré Jusque au cervean, ct il'toiuba mort, ee ’ |
Ce fut un deuil universel dans toutes les tribus, et parmi les missionnaires qi le regardaient conume un de leurs plus puissants protecteurs, °
Le Père Lacombe le pleura comme un frère, ct il plenrait encore en me racontant sa tin tragique.
Etrange fatalité qui s’aftache à cvs races. malheu- . lenses,. et qui semble Jes vouer à La destr uction, Lont “eue Ja civilis satiôn leur apporte pour “améliorer leur SOPL “semble contribuer à hâter LA décadence, et les Zites iiêhies duideür &out-dorintés pour Se. protésui servent .SOUX “eTLb à les fire nururir, : LL
Le sont elles Lui pourtaient pet nt-ôtre) en parlant
des Blines, répéter avec vérité la parole des Troyens :
" limea Dunuus, et don Jerrntes?, je crains Les Cirées,
méme quand ils nous apportent: des présents : “&
La civilisation.a certainement pour ces pauvres sau-
; ages un côté manvais et sombre ; ; mais il est juste de ;
dire ax "elle a aussi son côté lumineux. Elle ouvre le . ciel à ceux qui veulent ÿ entrer ; ; et" ils peuvent “lire dans une certaine’ mesuré en parlant des Blanes qu'ils regardent toujours un peu éomme des ennemis : saluten
féx inimicis nostris, le salut nous vient de nos ennemis:
Es / “
KKICN ne