LE WIGWAM DEVENU UN TEMPLE
Un matin de juillet dns Ja Prairie. — Une vision inattenäures — Un, chef Pieds: Noirs devant la mort.— Sa première : rencontre avec Jésus: Christ. — Le GET, flambeau du
baptéine. Lo 2. | et?
Un' grand penseur a. dit : | “ L'espace est la stature de Dieu. Là himière vient de Dieu aux astres et des astres À nous. La Jumière . ut l'ombre . de Dièu, la clarté l'ombre de Ja- lumière. Ces paroles me revenaient à esprit en. revuéillant des lèvres du P. Lacombe le récit qu’un va’ lire, : —Oui'c est bien cela, penskis-je. © Dieu remplit l'espnee infini, et sa lumière pénètre partout. Mais lu clarté qui nous ariv e west que l'ombre de l'ombre de Dieu ! nm et, :
… ‘ Un jour au imilieu de cette vaste plaine que nous © traversons, le R. P. Lacombe «cher auchait en comp. | . gnie de deux Pieds-Noîrs dans, direction d'un canpe-
A nneneennt . s : 240 . .. |
ment sauv: ss a d'après leurs «calculs. devait être: à ‘marche de distance.
. deux j jours | Ce en juillet, et h j journée était splendide. Y "Le soleil montaié “lentement à horizon ; un soufile \ is Secouait les parfums des herbes, encore "humides Ce rogée. ; . 0 ja Praifie ressemble à à ‘locéan ; etlonn imagine pas, | sans Vaso Yne,. Ja -magnifieence- sereine de dette mer : sans ES où les. foins - ondulent sur : les grandes vagues du soh diaprées de fleurs blanches, bleues, et jaunés. - | Solidement: asèls sur ‘Sox cheval qui galoppait régu-
Jièrement, de ce pêtit galop doux et monotone, partie ü-
- Jier'aux chevaux: dk prairies, le P.L Lacombe récitait sün
bréviaire, pendant ae ses deux” compagnons SAUVALES
chevauchaient à ses côtés, sans échanger une parole.
Les ches VAUX SAUV agès sont petits, Mais ils sont i if, ‘
__tigabless et | peux ent-caloppér à ainsi, tuût ui où. D
| L'air était P ane pareté disphañs ; mais bit ntQt. leu damisa de Viheurs, iransjatentes, “Hottant: conie ue.
uuze Ice sur ls champs fhnnobilisés dans’ leur nb \
imualle. | Li 7
Le sileiree état Hufod, Sgnek nposant comte
nt \ :
| dns un iemile, 7 7, \
Les voyagours hunaient Pair Vout à imprégué.de ets
tours Lulsniqhes, et se Tivriiona an plaisir de chevus.
5, - : 8 ., Lu . Po
| . ai —— chèr a ainsi à travers l'infini, sous Pœil unique de Dieu,
ins la plénitude, de leur liberté.
Tout ! à coup, sur leur : droite, au | Giieu des vapeurs:
Jrisées qui dansaient à l'horizon, il : virènt flotter des:
fmnes blanches. .
| ftiune dans u un n lei inconnu, où "de grands €Ygnes
soulève,'idéalise les chiots, et produit des effets merveil
Jeux, les trois, cavaliers eurent bientôt. conpris “qu AL y
a vitit l un campement de plusieurs téntes à la distance | . ee .
de queljues milles, nous Mais quel € tait ce camapeñént ? ?
— Allons voir, ‘dit le TP: Lacombe.
non, dirent les deux. Pieds-Noix. Ce sont
LT - Oh!
pro liblement des Cris, et. nous sommes en guerre ave,
et -jé UX, Us nous tueraïent. °
Lu iissionnaire hésita; êt reprit s son bréviaire. Soudain, ses reunrdsetsson esprit se : :fixérent sur lea versets,
are À
“nivants du pue huitième.
“Quid é éd homo « quod: memor es jus À CET NS “menés qu puni visitus eur ! D TS ée Qu est- æ que Yhomme pour que tu te: souviennes ke Ini? QT est-ce av un enfät, .des honunes pour que in digues le visiter ? 2 - “ Minuis at eum puis: mins ab A ngelis ; ;. : ylori Au eh. ne Euarun:..
Laure. coronusli Eur SU per. opera RanuUr 16 \ . ——
. d tt NN NN
nu “Ah: cest raree que tu l'as fait presque légal! des 4 Anges:
C'est parce que tu l'as couronné de gloire
\et: d'honneur plus que les autres ŒUVTES de {S nains ° . se |
Ces helles paroles du Pro diète-Roi furent pour le missnénairé une. ‘ilumination. "
il fut aller : , ‘ ty j
ns Vus-v, situ veux, Père,
AU anal, : il doi,
—IHval quelqu’ un qui attend la visite du ré tre : / LA Les Cris ne fe feront
© Mais nous, ils nous tuérunt- Je réponds de votre vies
etje ferai en sorte qu'on pre re Et mienne avant de toucher à la vôtre .
— C'est Liel; allans, dirent les Pieds-Nois. Etle 4 { , ON eù
trois cavaliers tournant à droite galoppèrent dans la direction des anèhest apparitions.
p \ “Bientôt ils. distihiuèrent les tentes, et leurs habits.
C'étaient des Picds-Noirs, qui venaient de slitnès
“lointaines, et qui n'avaient jamais ‘vu le prêtre.
Mais.
is sivaïent qu'il existait, et is l'appelaient Vi pue
divin, utoyi-pikoier nov
En ne ‘ Ce fut av ec de vrandes démonsaitionsale vit ut de “éncrafi i qu “ils. J'accueillirent.
Hommes, fans, enfants l'entonièrent comme un être surnaturel” Fu
montrant té ciel ;'et, s'approchant de. lui, ils passaient ii h ue snats
leurs mañs sur sa poitrine et ses bras, puis sur leurs
Va
propres membres, comme pour lui enleve
vertu suriaturelle et se l'a
ee É quelqué diroprier — ou commug si L. A To l : * + F \
+ CS ‘ n° | “i Se ‘
l'homme divin eût été un aimant capable de leur com muniquer l'attraëtion céleste. < Il était près de midi, et ce fut bientôt l'heure de *: diner, Le buffle ne manquait pas alors, et de grandes | tranches rôties à la broche fournirent un des plats les
plus succulents du ménu. : ‘ :
LE
Le inissionnaire mangea Lvec eux, fumé AVEC eux le
culumet, et leur parla de Dibu et dd la vicfuture. Les trois voyageurs allaient.» fontèr : à cheval pour eontiuuer leur route, clorsqu’ un jeune homme s'approcha äu P. Tacombe, ét lui dit; “ Mon vieux” père est.
, bien malade; ici, dans cette tente : veux-tu venir lé voir ? \ | : ‘
— Sais doute ; pourquoi ue ne l’as-tu pas dit plus
tôt? JE le prêtre se dirigea vers la tente: que le j jeune
hommie lui indiquait. , ‘ ;
Et ï entrant, ilaperçeut an fond de la tente, étendu par ‘ter, presque nu, un grand vieillarel rèle, déchaärne, livide. et Jés yeux. étincelants, -. >
| Je suis ‘bien-content de te. voi. dit le .tieillard ;
Fa longtemps que je demaude au Maître de la Vie n
«; me fre rencontrer l'homine divin. J'avais pris. que tu devais passer dans nos praifics, mais je n ’espér ais plu beaucoup avoir, le bonheur de te' voir. Je suis
grandement content, | | 77. Eh: bien, moi aussi, ‘dit le prêtre, je suis heureux :
de’ te voir ; et si] 'avais su que tu étais dans cette tente
An
Lan ur EDR ee DLL —
je. serais venu te saluer le premier Juisque tn es le plus v idux, Gt malade. ee -— Oùi, je suis bien ialnde, Mes hivers sont finis,et .. jm en vais vers mes, Pères, Tu es le premier home | ‘de la pr ‘iére que.je. vois, et j'avais peur de monrie CTIE ‘en avoir jamais vu. | a x C'est le-Grand Esprit qui uà envoyé vers tu,
parce que tu le lui as demandé. Je pRssais loin d'ivi, et
Fou sine divigeais ailleurs, Jorsqu’ en Ctisant| ce livre de la pr ière j'ai entendu come une voix ni me disait : Change ta course et vi sur ta droite, il a là- qu a qi a besoin de toi, C'est pourquoi je sis venu.
Mais ve est pas tout de voir l’homme de Dieu, 11 faut attenant que ‘tu apprennes comment, ta peux ren aller vers le Matte de lu,Vie” + *
: Le: vieillard SUUpirA profondément :" “Ah” Jet mai: - pas le temps d'appr endre toubvee qu'il fandrait soir .Jqour cela, ; ’ - ,
N . Es
ee . NN , .
— Mais oui, cher Nienx, tu as le temps. Dieu est *, *
« bon, et il ne dinande pas grand’ chose, va. Le désir at
la volonté de le connaître suffisent, N { — Eh : bien, tn sais mieux que moi... Fais de doi cu “qué {u veux, | ou ù
Alors, le D. Lacombe sortit de ‘la tente et dit à ses compagnons. qui étaiént montés à cheval et qui 'attendaient = # Vous pouvez descendre, et laisser: paitre les
chevaux; nous allons coucher i ici. ‘ :
eo Muis, Père, si nous couchuns ici, nous ue réjoin- | + drons pas le campement demain. .
Le — N'importe, je véux passer la nüit avéc ce pauvre Vicillard qui va moutir.. Qu'on me laisse seul a vec lui : iv'suignerai sou corps et son âme.
Et le missionnaire ’se renferma.avee le moribond. (était un des plus beaux types de sa race, grand, hien fait, avec une belle tête. ayant du carartére, de '
grands cheveux blanchis, et toutes ses dents elairex
comme des pérles, H avait mené une vie très régulière, el avait toujours joui d'une bonne santé: . Il w'avait jamais mangé. autre chose que du bufile, ui goûté d'autre breuvage que l'eau claire, “Il avait été un des Sages de sa tribu ct il”. “tait gé néralement. resté docile.aux inspirations de sa - . éinscience, À .
F'avait souvent combattu pour sa Tate, et Dour CU qu'il avait eru être la justice ; inais il avait té un suvrriet pacifique. |
Le l. Lacombe l'interroger sur ses-croyances.
I croyait en un Dieu unique. Mais il croyait aussi en deux ésprits, un Bon et un Mauvais. La mort né tait pour jpi qu'un passage de cette vie à une autre, | où @ serait récompensé ‘où puni selon SÉS cuvrés, | Le. missionnaire lui Fexprane qu'il y av ait en ele
dl 240 —
Saint-Esprit; que’ VEsprit Bon était ainsi la troisième versonne divine, et que le Mauvais’ n'était qu’une créature de Dieu, révoltée contre lui.
— “Mais cest Dieu le Fils’ surtout que tu ne “connais pas, et qué je”vièns"te faire Connaitre; car il est venu sur la terre pour racheter tous les hommes — toi aussi bien que moi, Jl était dans le ciel, avec son Père, pour l'éternité ; mais, il y a 1800 ans, il est descendu du ciel il s'est fait homme comme non, il à véeu et soufért comme nous pendant 33 ans; puis 1 s'est offert à son Père comme une victime, pour obtenir le pardon des péchés des hommes, et il est mort pour nous sur uné croix, Tiens regarde son image, ct vois : tumbien il nous a.tous aimés. -
Et le Père Lacombe tirant son crucifix de sa ceinture Je ui présenta. | 7:
Le vieillard y fixa ses grands yeux noirs que br fièvre rendait plus-brillants, Il prit le crucifix dans 8es nains décharnées, et il le considéra longtemps.
Puis, i se mit à interroger le missionnaire sur tt
grand et consolant mystère de la Rédemption.
11 fallut lui racunter Ja naissance de Jésus-Christ. sa
‘ vie étonnante, ses. miracles bienfaisants, sa mort. sa résurréction glorieuse et son ascension.
Pendant ces récits, le vieil Indien regardait le crucitis. et disait: “ Oh! que je l'aurais aimé si je l'avais connu.
EL
plus tôt ! | :
Il voulut savoir ensuite comment le missionnaire
avait appris toutes ces choses, et qui l'avait chargé de
les enseigner ; et le prêtre lui raconta ‘brièvement l'établissement de l'Eglise, son expansion dans tout l'univers, l'i nstitution du sacerdoce, -et-comment-il avait. ren le pouvoir de lui pardonner ses péchés, et de lui ” wnvrir k porte du ciel. | -
De temps en temps le missionnaire interrompait son récit, pour laisser reposer le malade, ou lui offrir quelque nourriture ; mais le vieillard, avide de l'entendre, disait : ‘encore, parle-moi encore de lui. Et quand'le Père s'approchait pour arranger ‘la peau de buffle qui lui servait d'oreiller, l'ardent néophyte saisissait le erucifix Ÿ it la ceinture dn missionnaire et lui demandait “ com ment le nommes-tu donc 27 :
— Jésus: répondait le missignnaire.
Et l’Indien lembrassait en disant :
-“ Jésus! Jésus! Je t'ai connu bien tal; et il me reste bien peu de temps pour t'aimer !
* Ces colloques se prolongèrent toute la nuit; et quant l'aurore paru, Padmirable vieillard - connaissait les principales vérités de’ notre religion, et voulait être .
laptisé. D
Ce n’était pas encore le grand jour qui luisait dans cette me : c'était l'aurore, avec ses Iueurs grandissantes, qui dissipait les nuages, ou les illuminait de ses teintes
roses.
TS
Le R: P. Lacombe sortit alors de la tente, ct convofua tout le camp à assister à la cérémonie du bagtéme. £n fit tous les préparatifs, et se’ procura Jean, Fhuile et
le sel nécessuires. … . - Mais il n'avait ni eierge ni lougie, et il propusa | D: un des sauvages présents de tremper un morte de’coton dans la graisse fondue, pour en faire 4e espèce de mèche qu'il tiendrait allumée: pendann 2 cérémonie, . . mo. L N et Lo . Le sauvage qnuine connaissait pas L sens syvmbulique dr cute lumière, ét qui érnt que le missionnaire ertignait de he pas: voir assez clair, Jui montra le soleil RE
tt ft un gèste- qui. voulait ‘dire: avec une
sè les vait, rarei ile lumière lméche est bien iiutile, 4 Le. Lacombe sourit, ut perisa : cet homme a raisoÿi, voilk le vrai #amben qui conv ient pour éclairer cette. sene. An moment où le soleil de justice et de vérité va se lever sur cette fe, il est juste que le grand stars “7 «qui en. est l'image devienne son témoin. | pot pendant que le disque du soleil, amborant coninc- Je char du pr ojhète. Elie, émergeait des collines voisinits; et plongeait son ‘grand œil rouge dans ce pauvre rédui. | devenu un temple, de prêtre récitait les prières de J'Eglise dans l'administration du sacrement. de hptême Quel tablean ! - Et quelle similitude entre les phébie” ménes matuiel et surnaturèls qui s'accomplissaicnt : c
ce moment !
- nl is .
An dehors dé la téhte comme dans Tintérivur de cette
äme Jumitrè grandis gt et rayonnail, Les brunes
flottantes * ivsifaient. “et les plis restés jusqu'alors ‘ans l'onbre,s'av ivaient de splendeurs nouvelles. “Le “baptême, a ait net, .Chirysostôme est unt
fête de lumière,” C'est aussi une régé néition, l'onp-
Sion, d'unerie nouvelle, l'ouverture du doydunre des
» Ke rieur, “ D \
Le - .
Dans cu “icillaïd, dont le existence tuuchait à isa fin.
une renaissice de vie s s'opérait, ‘Une Carrière nouv elle commençait pour lui, en même temps que le soleil “entrait dans sa course diurne, et les portes éternelles étaient toutes grandes ou vertes devant Jui. . Ele était donc enfin arrivée jusqu'à lui la Rélemr-
tion consommée par le Christ ! Etle “missionnaire =c
disait : * ]-bas, au clocher de ma chajelle, l'A» gelus
soifne cn ce moment, annoncçaut la visite. de P. Angie . Marie, Ja Consommation du grand niystère de l'Incunation !:
Nous ue saurions peindre Ja mr aégres du
vieux sauvage quand | la: cérémonie du baptéme “fut
CS
ter mince, ’
“Maintenant, lui dit le Père, vous potvez mourir joyeux ; le ciel est ouvert pour vous recevoir. d'envie votre sort; car. dans quelques heures peut-être vous .Yériez face à face ce Jésus que vous avez voulu connaître, et qui est venu vers vous Je. vais vous
Quitter, car il ÿ à 1à-bas un grand nombre de vos frères qui attendent ; mais nous nous reverrons Ji-haut N Après quelques autres épanchements, le missionnaire embrassa-le vieil enfant de la nature, deveuu un jeune enfaut de la (irâce, et prit congé, . — L Le vieillard mourut le jour même. ‘.
:%, Et le missionnaire, chevauchant toujours à travers la Prairie et reprenant la récitation de son bréviaire-v lisait les versets suivants du psaume 62:
os" Dans cette terre déserte, sans chemin et sans euu,
je me suis présenté À toi eomme dans ton sanctuaire,
“afin de contempler ta puissauce et ta gloire,
“Ta miséricorde vaut mieux que toutes les vies, et
ge jour la louer que mes lèvres S'ouvriront.”
+ isaasanes
nat | | : ‘ nm?
« / te ne : XAU | x . - !