XXNT ‘- DE CALGARY À BANFF
LUS e SE . ses :
Théorie humoristique d'un touriste. — La rivière de l'Arc. — Les-Cowboys et les bergers d'Arcadie. — L'ascension de: premiers sommets. — Un chaos de montagnes.
enchantés. Car cé retard va nous donner le spéctacle le Fentrée dans les Rocheuses en plein jour.
© Nous sommes au 3L mai, et -le soleil: qt se lève déjà fait étinceler au loin les ces éternelles. des hauts
de Célgaey qu'à #è heures À. M. et nous en one — __.
EN
samnets. Mais nous sommes encore ent pleine prairie, s A!
#tnous ne lui dirons adieu que dans une couple & heures.
\ Un touriste qui ne manquait pas humour me
donnait l'année dernière son explication pas du tout st “ientifique de la formation des Prairies et des -Monta-
ynes Rocheuses. - — L'Amérique, disait-il, a eu ses Titans comme le
vieux monde, Ils étaient pasteurs de troupeaux,
D pe :
- si Te »
Or, à mesure que leurs troupeaux se alt tient ils
voulurent agrandir leurs pâturages et les rendre inépui-
sables. [ls déraëinèrent done les blocs de quartz, les
collines de granit, les montagnes: de calcaire, et ils les
entassèrent aux bords de l'octan Pacifique. dent les
inondations les sûnaient quelquefois.
[Hs privent les banquises’ de glace qui flottaient « vote
en certainé endroits envahis par a mer du Nord, etil
les umouceitrent, comnie un couronnement -de marbre
sur Ja-digue énorme qu'ils venaient du construire,
“Les Titans sont disparus, Mais leur œuvre est restée
et les troupeuux leur ont survéen, La digue coloseule appelle aujourd'hui la chaine des Rocheuses et «le Selkirk, et les descendants dégé mérÉs s dé leurs hestiux ont été les bufiles.
Va til quelque filiation entre. les Titans et eux fortes races qui se nomment aujourd’ hui les Sioux, des Gens du Sang, les Cris et les Picds- Noirs ? 2C est ut di point
-Ÿ historique encore ohseur.
La
Le touriste, que je cite en cc moment ct qui est
houme politique, ajoutait :
“ Certaines léyendes racontent que dans l’exécutirn
de ec givèntesiue. travail — le mvellement des pütu- |
rages et la “construction de la digue — des exploits inouis de boodlage furent accomplis par les boudirrs de ce temps-là, et que plusieurs ministères furent ren- “versés pendant que le grand œuvre se poursuivait. Lc<
CS
suvemements dégringolatent, mais. “Ja digue montait a
tou jours.” È
“ Un écho de cette histoire, qni est la seule vraie, disait encore mon aimable humoriste, est parvenu plus tard jusqu” un Grèce, qui était un petit pays en voie de devenir célèbre ; et les Grecs qui avaient unè viveimagination en ont fabriqué unt légende, et ils ont raconté que leurs ancôtres étaicnt aussi des Titans qui
“étaient révoltés contre Jupiter et qui aient enti isa
Pélion sur Oga” ; ' , :
Quoi qu'il en soit, l’époque dex Titans est bien finie, et quand nous “regardons autour de nous, ous SUTILINES bien obligés d'avouer que celle des prumcées est venue.
Ou assure cependant que la race des hoodlers n'est pas”
“teinté. Mais on ne ‘la connaît pas dans l'Ouest: Qte
Hous ne recôntrons ici que de nouveaux pasteurs qù ‘on tpypelle ranclonen, et qui s'efforcent dé’ repeipler 1 les fuimenses pâturages que. Je Titans ‘ont ‘nivelés ‘et dérochés: . Lee ni
Voiei la rivière de l'Arc, et UUS èh suivons les sinuosités, C'est. elle” qui va noùs montrer la route i. suivre dou franchir ces montagnes qui grandissent à l'horizon, Personne ne les ‘connait urienx qu'elle : c’est son pays natal. Toutes Jeurs gorues profondes lui sont familières. IL y a des siècles qu'elle les” L fréquente, ét qwelle cireule au milieu de leurs grandeurs
MASSIVES, tantôt avee docilité, tantôt avec rage et en mugissant, : '
* De chaque côté de la rivière, dans les vallous, sur le
\.. collines, sont <papillés de gfands troupeaux. C'est un
des grands ranches Cochrane, Nous amontons lentement,
et nous Avons devant nous l'immense muraille des
Fe Rocheuses, derrière notts de longues échappées de vue
‘sur Ja plaine que nous dominons. J’envie le sort di
, couboy qui'a constaminent sons les yeux de pareil paysages, -Mais la vie qu'il mêne est-dure.
| Quelle différence entre le berger antique, que le poètes ont tant célébré" depuis Homère et Virgile, et | cocbuy des vi xoches de l'Ouest : En fait, c'est la même différence qu'entre les prairies sans bornes et les champ étroits d’Arcadie on de la campagne romaine. > Trtire pouvait Lien s'étendre . à l'ombre d'un hêtre.
sur le gazon toujours vert, et jouer de da Hûte, Il n'avait -
pas autre chose à faire qu'à regarder paitre son petit-
troupeau, paisible et discipliné, dans un espace restreint.
“Mais le cowboy a sous sa garde des troupeaux à demi-
Sauvages, comptant des milliers de têtes, et ayunt
: Pinmensité pour pâturage. Aussi est-il toujinns à cheval.
| et” passe-t-il ses. jours et,,888 nuits. à courir après le- Lètes indisciplinées et aventureuses.
. C'est Y'hive er surtout, quand à pleut, quand il neige,
| quand le chétoot. souffle avec violence, que la besogne
est, pénible, et que les cowboys, dont-un bon nomlir
seernnanenenannnrnrnrnye
ont fréquenté-les collèges, échangeraient volontiers leur sort contre celüi des bergers de l’Acardie, - ,
Mais quand revient la saison d'été, ils ont aussi leurs beaux“jours. Les longues cavalcades à travers la Plaine, sur le cheval qu’ils préfèrent, à la recherche du troupeau qu'ils connaissent et qui ‘leur est, devenu cher, ne sont pas sans agrément. | - Toute la nature alors leur fait fête: Les gazons épaissis par les pluies du printemps tendént sous leurs pas un tapis moëlleux ; les bouquets d'arbres, d'autant plus beaux qu'ils .sont plus rares, se couvrent de verts
feuillages, reposent leurs yeux brûlés par un soleil ardent, et leur ouvrent des retraites ombreuses ; Ja rivière de l'Are, on une autre—car il n’y a pas de rwnche sans rivière — leur offre des vasques d’eau -
fraiche pour se désaltérer et se baigner.
S Le lit de l'Arc: que nous côtoyons toujours, est fonné de petits cailloux ronds.
* Plus nous remontons son ours, eb plus nous sonnnes convaincus que l’Are était jadis — il y à des millions d'années peut-être — un fleuve impétueux qui s’élançait des montagres et charriait dans ses tourbillons-- des. monceaux de galets. Il eu 1 g/ pavé fout Calgary, qui est à plus de 60 milles d'ici, sans se douter qu'il jetait ainsi
748 n* Le D
les fonilations de la future.c capitale de PA ru. Ilen
a "fait les énormes terrassements dont le chemin du
l acifique avait besoin pour entrer dans les Montagnes TT
Lucherses, Qne dis-je ? il en a amoncelé des collines
er
qui nsus servunt aujourd'hui d'échelons poux escalader
les premiers sommets.
Ce fleuve puissant allait alors se perdre dans une vaste mer intérieure, qui, en se dlesséchant. a formé lis HnensEs päturaues des bulles, avec ‘dés es et des rivières pour les abreuvef, |
Mais aujourd'hui l'Are est devenu pins niodeste. Il échappe des montagnes sans faire trop de bruit, ct il court vers la Prairie; en se cachant parini les collinés qu'il à devis, au fond des ravins qu'il'a creux,
faisant mille détours comme pour éviter les regards
* indiscrets, - ,
L'est en vain pourtant qu'il joue à cache-cache avér nous, nous de retrouvons toujours. Car nous ne.pouvons pas hous passer de Hi comrie guide à travers les pics menace ants, qui se -dressent devant nous comme nur barrière infranchissable.
== =Déjie naus somttnes pagvenns à nine grande alta :
mais nous : aspirons plus haut, altius. tendinvus. Notre
coursier- de feu ralentit un peu sn alluïe. . Il trouve
«l'ascension rude, et conne tous les geus bêtes, il prlèr
le terre--terre et tout ce qui ést plat. “Il souflle, i soupire, il halète et pousse des rugissenents et des
- Te
phintes. Mais notre driver est sans pitié, et il le Jance de plus én plns vers les hauteurs.
Les premiers sommets se sont écartés et aplanis, pour la bonne raison que nous les avons gravis; mais une troupe de géants nous barre la route, rangés comme des sentinelles imperturbables. Ue sont dè vieux grognards, |
‘ var leurs têtes sont toutes blanches, a ‘ h Il semble qu il soit impossible de nous frayer une route ; mais À mesure que nous avançbns les volosses
*e rangent de chaque côté ct nous reganlent passer,
“NT Pour quelque temps nous nons sommes éloigné de
notre guide et nous avons traversé la rivière Auru-
rushis ; mais bientôt nons rejéignons l’a tre, et nous
nous remettons ! à sa snite, , ’
C’est fini, "plus de plaines ! Nous: (ne regardons plus,” ELU loin, mais en haut. Notre horizon va” gagner n° hauteur ce qu “L va perdre en ne Eu haut les veux et les cœurs! ju In Alissiinis! l
Nous cheminons maintenant entré deux rangies dde rochers cyclopéens, dont les sommets abruptes se perdent dans les cieux, et bar leurs ‘échancrures nous en
| “peréevons d'autres au loin qui cachent leurs: cimes
dans les brouillards. La plupart sont boisés d’ épinettes à leurs bases, mais “Jeurs arêtes extrêmes sont nues : plusieus, con vertes dé glace," dominent des nuages et Imavent le soleil, “qui Jes illumine sansles réchauffer. L'Ares ’est détendu et il forme quelques étangs ; mais’
‘ ‘ sc , 2 : :
a . Ti '
gntes,
“ee nest pas la jlaine, car les montagnes nous cuve
côtés, nous mapercevans plus que des murailles de
- rachers audacieux prenantes formes:les plus extrava-
Quel i immense UC an de piètre aux vagues convul-
sionnées : Quelle “toprmen épouvantable k terre a
dû-subir pour que ceÿ ossifications démesurées. suient +
“orties de ses entrailles !
Nous sommes à 4200 vieds at dessus dù niveiu de
Û L lamer, et nous né faisons que franchir la porte où la
brèche, fhe gp comme l'appellent les Anglais, qui uous ouvre les profondenrs et 1eë élévations des Rocheuses:
Nous eontournons les Phases des monts, coupant parfois les roc hers et les jetant sous n9s pieds pour paver lt
route et. encaisser la rivière.
Voici le mont des Vents, qui recèle dans ses flancs, ‘
j'imagine, tous les enfants du vieil Ecole. Les habitants
de Calgary se plaignent beaucoup de son v oisinagc.
- Voiles Trois Suurs. Ge sont trois têtes jume les
À antées s sur les épaules d'une montagne énorme qui est
FA
évidemment leur mère commune. UN °
Une Les sonets succèdent tux sotimets, toujours pl harilis, set plus mouv ementés, monstrieus, innombrable. ‘1 sont devenus multitude, et: lés plus y grands regarde “ut "par dessus la tête des autres, âvec 1 Îne impassibilité qi exclut tout SOUpCON de curiosité.
Jonpent de toutes parts. Devant, derrière, des deux -
Qui regardént-ils done dans leur muette contempla- & tion ? Est-ce le soleil lointain-qui-passe sur leurs têtes sans en fondre les neiges et sans y faire.pousser un lin d'herbe? Est-ce, pendant la nuit, les .cieux pleins étoiles ? — Peut-être; mais, s'ils voient les astres, regurdent plus haut, Ils céntemplent lu face-lumineuse. de Celui que le roi- prophège appelle le Din des. or Dieu r, Deus Deoruur ! . - Comme toutes les grandes “choses de Ja nature ils vélibrent le Seigneur, aux veux duquel ils ne, sont ue des grains de sable, et que l'homme a si bien nommé lé Trés- Hüut ! | Nous.arrétons à Canmore pour déjeñner. Mais le restaurant est tropipetit pour contenir tous les voyageurs, et dans une heure, nous feruns -bonne chère, duns le splendide, hôtel du Pacitique, à Bañff. D'ailleurs, nous AVONS un pe déjeñné de Fair vivifiant des moNtunes et de poésie. se | Sans doute, cette dernière nourriture n’est pas eufiisante ; mais elle aide à A morale de humanité: Nés salnous encore du regard ‘quelques pics étonnants, le Rundie (P'Echelon) — qui est plutôt toute * une échelle --le mont Cusrade. qui écoute chanter à
—— 34 pieds Ja’ rivière du même non ;'et, après- une minute - d'arrêt à Anthracite, large exploitation. du “dharbon de
ce nom qui “sert d assises à d'äutres aontagnes nous
urivons À Banff. a à
. Lean chemin qui tra verse le village de Banft, ha rivièr
à notre gauche.
L'Hôtel- du Pacifique. — Promenade pittoresque. — TL" aspect des Montagnes: La poésie dans la ‘nature. — Le naturalisme vrai, — Curicuses for iations réologiques,
Que que, soit le confort d’un beau éhar:- pris on n'est
pas fûché de le quitter au-moins pour. un jour, quand
__mnlaà habité -pendänt. plus æ deux semaines. C'est
. done, fo fort rt joyensement que 1 nous Svourons au magnifique &
ét à bi Pacifique, en arrivant À à Dani. ; ,
Après une promenudé d'environ deux milles à kur nn
y Ar, et de jolis bois sillonnés de sentiers, nous ape
Yuns hôtel perché sur la cime d’ une colline très hante,
C'est tn des sites les plus pittoresques qu L y ait. dans
“ls Rocheuses, et\ Dieu sait s’il en est de spient ides,
ss Ltonme construction, c’est une œuvre de- goût, eh, parfaite harmonie : avec les paysages qui l'entourent, ékince, -
: | légère, aérienne, ornée sur.toutes ses façades de balcons
de
Que |
ES
et
-et de corniches, aux formes varices, et surmontée de.
__huntes le arues, d'arêtes ct de cheminées qui confondent
leurs flèches” av ec ls-cimes des arbres résineux qui -
escrladent. la colline. … TK
L'intérieur est À jeine moins joli. Au centre, une vaste salle octogone, haute de plus de G0-picils, el ayant, d'autre pl afond’ que le’ toit même de Thôqel , entourée de balcons aux deux étages supérieurs, ét thrs . “laquelle cunv ergent les longs corridors des ‘uatre coTps
J'incipaux de édifice formant une Croix grecque.
Au fond de cette salle, en ‘facé de la porte d'entrée, sur les côtés forinant. angle doit, s'ouvrent à droite le “Pure, et À gauche une hige” ‘chèminée, où amtent ds à iches de sapin et d'épinette’ longuës de huit pierls, Rien de confortable et de gai-comme ce gran feu qui ptite el autour duquel tous ‘les pensionnaires font
Eur cle. :
Les balgons, les. piliers, les jalustx ades et toutes Jus huiseries, sant en beau pin rouge simplement. “verni dt font à cette sille centrale un encadrement du plus | jol . efiet, ne - ma
Attenant à ce centre, qui est le reudèz-y ous de tous k ‘les hôtes, une chambre de lecture, une vaste salle à " ‘liner au rez- -de-chaussée, et ‘un salon spacieux au premier Ütage. SC ss |
Tel est hôtel où nous urriv ons, à l'heure du déjer ner, , avéc un appétit fort aiguisé, et d'excellents anis que
es
CES
nous AVORS eu/la bonne forture d'y rejoindre, — le livutenant - gouvemeur des territoires dui Nord \ Ouest, l'hunorable M. Royal, Madame Royat, Madame Gagnon, “leur fille, et Mademoiselle Trudeau, d'Ottaw a
Une arrivée à Ban. dans ces conditicnis est de bon
augure et nous proinét une “autéable journée, Dans ce nid de montagnes Fliorizon est NTI TS ent-giis
et envéloppé de brouillards. Mais préci isément pendaut : que nous dégustons lexcellent menu de Fhôtel le brouillard se dissipe; une main invisible et bienveillnte a soulevé, comme es coulisses d’un théâtre, les - tentures grisâtres qui voilaient cette” immense sçène de | féérie, le charmé et la beauté de Bauft, Le soleil est entré en scène et va préparer les tableaux.
Eà même temps que le soleil, le. eapt, Harper, de li | police montée est. aussi entré, n vient présenter, ses ‘hommages au lieutenant-youverrieur, et mettre de -siuf disposition un. équipage de quatre. chev aux pour v isiter les environs. | ro "° Le teur a huit vlaes, et nous sommes sept, le gapt. Ua per compris. Les chev aux sont superbes, et légirement fringants au départ, mais le: drè Len est-iicomparable, - ‘ La route serpente au milicit” des, .épinettes, chargées de parfums, an bord des rivières qui bouillonnént et
mugissent : puis. ellé gravit dr igas la. sitontagne /
s'aève en xuière de Yhôtel et” qu
\ -scarpée, qui s
tt
n'en est séparée que par les cascades de la rivière de
cladre Le.
#5 se j “éémin n'est guère plus Jarge que la voiture. La
” En vérité, nous sommes constamment suspendus au flanc: des rochers, et l’abime est tout près; car Je
angles des lacets sont particulièrement dangereux pour. un atelage de quatre chevaux, et il faut des prudigus d'adresse pour Jeseontourner ; mais le capitaine Harper connaît son afüire et ses chevi rux le cohnaissent.
7 Nous montons toujours, et les points de vue varient
sus’ cusse, Chaque : «étour de-la route nous révèle de
DOUVERUX “aspéts et bientôt tout Banif déroule sous:
nns Feux. ses admirables paysages, : 7
Nous pouvons maintenant suivre du regard tous les
capricieux méandres de la rivière-de PAre, ses brusqnes,
dé HOUrS SES Ce abrivles au uilieu des cailloux, ses cachettès
paisibles sous. ombraue, sa jolie chûte auprès de l'hôtel,
sa jonction avee l’Ecune de mer (Spray) dont Les flots churs s'élaricent des montagnes et scintillent au fond dune gorge profonde, ue |
Nous voyons les ponts jetés sur les deux riviéres,
les belles routes bordées d'arbres qui y conduisent, les
Villas et les chalets disséminés dans les ‘bois, les abi-
tations de la ville naissante, l’hôtel qui est maintenht an-dessous de nous,: et, li-bas, la nappe paisible ‘et navigable de l'Are, où sont amarrés, attendant les
touristes, des barquettes, des canots, -etane-grande che Ÿ