FORT-DE- FRANCK
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Cette ville Tut fondée en 16*73 et détruite presque entièrement en 1859 par un tremblement de terre. *
Nous y admirons la statue de l'Impératrice Joséphine, qui naquit en 1*763, à Trois-Islets, près de Fort-Royal.
Un petit bateau à vapeur transporte les voyageurs sur les différents points de l'île et se rend jusqu'au pied de la Soufrière, grand volcan éteint qui fit éruption en 1812. N'ayant que deux heures à notre disposition, nous avons dû renoncer à l'ascension de cette intéressante montagne, qui s'élève à 3,000 pieds audessus de la mer.
Le cratère a un mille de diamètre ; sa profondeur est de mille pieds ; on le considère comme le plus parfait des volcans, sans doute lorsqu'il est assez sage pour ne rien dire.
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POPULATION, 32,000 — 260 1(TM.K8 IN SUPKBPIOIK
Minuit, notre gentil Muriel reprend sa course en se dirigeant vers Sainte- Lucie, et, à six heures du matin, nous abordons à Port-Castries, chef-lieu de cette île importante.
Sainte-Lucie appartint tour à tour à la France et à l'Angleterre, et fut définitivement cédée à l'Angleterre par le traité de 1814.
Après la Martinique, cette île est la plus
étendue des Antilles. Le sol est fertile et 129—9
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plus cultivé que dans les autres îles. Ses montagnes sont couvertes d'une riche végétation.
La rade de Port-Castries est vaste et profonde. Notre bateau s'avance gaillardement au milieu des petites îles verdoyantes et vient pour la première fois, depuis notre départ de New-York, se reposer auprès d'un quai confortable.
Une fois sur le quai, je dirige mes pas vers la pauvre et uniqjie église de la ville, pour y célébrer le saint sacrifice de la messe.
Il est superflu de mentionner que j'ai reçu, ici comme partout ailleurs, la plus aimable et la plus franche hospitalité. Le père Tapon, en bon français qu'il est, est charmé de faire la connaissance d'un bor* F i-ançais du Can^ida ^ et djB lui presser la main. - .^j j: jnom
SAINTE-LUCIE
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Je salue son v 'caire, le Père Cadoti, qui me semble miné par cette terrible maladie qu*on croirait inconnue dans les pays chauds r la pulmonie ou la consomption, comme on l'appelle ordinairement.
Malgré les fatigues d'un long voyage à cheval, dans les montagnes, où il est allé administrer un nègre mourant de la morsure d^un serpent, le bon Père Tapon veut bien me faire visiter lui-même la ville et ses princi"; pales institutions.
Nous jetons un coup d'oeil sur le modeste couvent, où des religieuses françaises instruisent les pauvres enfants de ce pays. Ces religieuses vivent et meurent souvent sans revoir leur patrie. Ayant renoncé aux joies de= la famille, elles n'attendent rien de ce monde. Avant d'arriver sur ces îles, leur
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sacrifice est fait depuis longtemps, et nous en trouvons la preuve dans les paroles admirables prononcées par une jeune religieuse française qui était venue sur notre bateau pour demeurer dans cette ville. " Sœur, ditelle à sa supérieure, c'est ici le lieu de nos travaux ; c'est ici qu'il faudra mourir." Quelle résignation ! Là-bas, de l'autre côté des mers, cette ange de la terre avait dit un adieu éternel à sa famille bien aimée ; elle avait peutêtre méprisé le monde et ses richesses pour venir dans ces régions lointaines et solitaires terminer ses jours soue l'humble habit de religieuse.
Port-Castries est assez considérable. Le commerce y est actif et prospère. Les quais sont surchargés de charbon, que les négresses transportent dans des paniers posés sur hur
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tête, tout comme les Italiennes qui vont emplir leurs amphores aux fontaines publiques.
On est actuellement occupé à exécuter des travaux considérables dans le havre. Un bateau-dragueur creuse nuit et jour. Les quais sont construits en pierre. Ce port peut certainement être regardé comme le plus beau et le plus sûr de ces contrées.
L'eau est très rare sur cette île. Pour remédier à cet inconvénient, on recueille la pluie qui tombe des toits dans d'immenses réservoirs ; et on la filtre ensuite dans des vases en pierre poreuse. Elle n'est potable qu'après avoir passé trois fois par le filtre.
Il existe à Sainte-Lucie un volcan éteint de 4,000 pieds de hauteur. Nous aurions aiiné
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visiter cet autre de Vulcain, mais le temps ne nous l'a pas permis.
Après le diner, il me faut prendre le chemin du bateau. Les bons Pères se font un plaisir de me reconduire jusqu'à bord.
Sur la route, un attroupement considérable attire nos regards. '* Arrêtez un peu, me dit " le Père Tapon ; vous allez être témoin d'un " curieux spectacle- Ce sont des nègres qui " transportent une case d'une extrémité à " l'autre de la ville."
Je regarde sans me faire prier, et que voisje ? Plus de cent négresses chantent un Charly man d'un nouveau genre, en tirant sur une corde qui met la case en mouvement. La maisonnette est placée sur des rouleaux ; un boss conduit l'opération. Lorsqu'un rouleau
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fait fausse route, le chant cesse et les bras tombent pendant.
Aussitôt que tout est remis en place, le chant recommence, les bras s'allongent, la corde se tend et la case se remet en. marche.
Pauvre maison, comme elle gémit et comme elle craque ! Elle sera bien heureuse si elle peut résister à toutes ces violentes secousses. Laissons la continuer son chemin, et montons à bord de noire steamer.
Une fois arrivé sur le pont, nous nous installons sous la tente pour jouir une dernière fois du charmant paysage qui se déroule devant nous. Notre curiosité est bientôt appelée ailleurs, car mes compagnons de voyage, inspirés par le commis de bord, se mettent à lancer quelques petites pièces de monnaie sur le quai. Aussitôt une foule de nègres, de
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négresses et de négrillons se précipitent les uns sur les autres pour saisir la pièce qui roule par terre. Cette scène est d'abord comique et nous fait rire jusqu'aux larmes, mais elle prend bientôt le caractère tragique. On se bouscule, on se pousse, on se tire par les habits, on joue des poings et des pieds ; finalement, après bien des cris et des égratignures, l'heureux possesseur de la petite pièce de monnaie prend ses jambes à son cou et se sauve comme le gibier poursuivi par le chasseur, afin de ne pas exciter la jalousie de ses semblables.
Nos compagnons, prodigues en américains, s'amusaient à prolonger ce combat lorsque le capitaine pousse son cri conventuel ; AU right ! Notre bateau s'éloigne lentement du quai et reprend bientôt sa course avec un
SAINTE-LUCIE
nouveau courage. Il est quatre heures de l'après-midi.
Une heure plus tard, nous sommes en face des trois fameux Pitons, dont nous avions entendu parler bien souvent. Rien de plus imposant et de plus grandiose que de contempler ces énormes rochers, ces pyramides colossales taillées à pic comme des tours et recouvertes d'une verdure éternelle. Ces pitons sont inaccessibles, et il nous est impossible de nous faire une juste idée de leur étonnante hauteur.
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POPULATION, 162,00t). SUPERFICIE 162 MILtKS
six heures du matin, notre bateau jette Tancre dans la rade de la Barbade, En attendant la visite du médecin du port, nous passons notre temps à examiner les trois frégates-écoles américaines qui sont mouillées près de nous. Ces vaisseaux sont magnifiques, très propres et portent coquettement leurs immenses voiles, d'une blancheur éblouissante.
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La Barbade, découverte par les Portugais»
appartient aux Anglais depuis 1625.
LA BÂRBA.DE
Contrairement aux autres îles, la Barbade est basse, et ne peut être aperçue dô loin.
La capitale de cette île est Bridgetown. Cette ville est très florissante ; ses rues sont larges et bien entretenues ; les édifices sont construits en pierre. Nous y remarquons entre autres, les institutions publiques, telles que le bureau de poste, les bureaux des douanes, les entrepôts, etc., qui feraient honneur à nos granûcs villes. Un brise-lames protège les petits vaisseaux qui pénètrent par la rivière jusqu'au centre de la ville. Un phare indique l'entrée du port.
Bridgetown possède de nombreux et vastes magasins, garnis abondamment des plus riches marchandises. Plusieurs américains sont venus faire fortune dans cette ville.
LA. BARBADE
Nous trouvons un bon hôtel et un Ice Himse, restaurant de haut ton où l'on vend des boissons à la glace.
Les rues sont encombrées d'hommes d'affaires.
Bridgetown a son Broadway qui, sans être aussi important que celui de New- York, est
aussi difficile à traverser.
) La Barbade, en proportion de son étendue,
possède la population la plus dense dti monde
entier ; on se croirait en Chine.
Les habitants sont bons, actifs, assez intelligents et d'un caractère jovial. Pour eux, point d'émigration. Vivre et mourir à la Barbade, voilà le suprême bonheur pour ces braves gens. Heureux peuple qui sait se contenter de ce qu'il possède !