‹ De Quelques Affections Chroniques De La Moëlle Épinière Et De Ses Ménignes d’après des observations recueillies à l’Hôpital de BâleChapitre 5 sur 15 · CHAPITRE TIL · texte numérisé non relu

CHAPITRE TIL

d DU TABES DORSALIS

Sous ce titre, nous abordons un des sujets les plus riches et les plus intéressants dans l'étude de ja maladie de la moëlle épinière. Ce n’est que depuis une vingtaine d’années que lon à appris à constater sûrement cette maladie si fréquente et si redoutable. Ce n’est qu'après que le scalpel d’un Cruveillier, le microscope d’un Türk et d’un Rokitansky lui eurent frayé la voie par leurs longues et patientes études de Ja moëlle épinière, que parut en 1858 un travail destiné à faire époque dans l'étude de la maladie dont nous nous occupons, L’ataxrie locomotrice progressive, de Duchenne. Dès lors, le chemin était frayé. L’école française, à la tête de laquelle nous lisons les noms de Trousseau, Charcot, Vulpian, Jaccoud, etc., s’'empara du sujet, tandis que l’école allemande, représentée surtout par Friedreich, Westphal, Leyden, Erb et d’autres encore, ne restait pas en arrière. De là naquit une rivalité scientifique qui donna jour à de nombreuses et intéressantes

études, et actuellement, il est peu de maladies sur laquelle on ait autant écrit et discuté. Non seulement on apprit à reconnaître et analyser la marche ordinaire, on pourrait presque dire typique de la maladie, mais on étudia aussi les formes les plus rares, les variétés se traduisant par des symptômes que nous n’étions pas habitués à rencontrer dans les descriptions classiques. Ge ne sont pas ces formes qui nous occuperont de préférence dans ce chapitre; nous n’insisterons pas non plus sur les cas où nous rencontrons des symptômes tabétiques associés à des manifestations morbides regardées comme caractéristiques d’autres affections plus ou moins voisines de la moëlle épinière. Non, ce que nous tenons surtout à relater ici, ce sont des cas où les symptômes bien caractérisés ne nous laisseront aücun doute sur la nature de la maladie.

Anatomie pathologique : Mais la nature, l'essence même de la maladie, quelle est-elle? Ici, nous appellerons lanatomie pathologique à notre aide. Sans doute, en prenant ce terme dans son acception la plus vague, comme processus pathologique affectant la moëlle d’une façon lente et continue, nous avons à faire à une myélite chronique. Mais est-ce une inflammation, est-ce une simple atrophie ou bien une dégénérescence secondaire? Bornons-nous à examiner la moëlle épinière d’un patient atteint de cette affection. Ce qui nous frappe tout d’abord, c’est une coloration grisâtre plus ou moins prononcée des cordons blancs postérieurs, qui se font en même temps remarquer par une augmentalion, rarement par une diminution de résistance. Gette coloration, occupant souvent toute la surface de coupe des cordons blancs postérieurs dans les régions les premières atteintes dans le tabes, moëlle lombaire supérieure et inférieure thoracique, va en

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