‹ De quelques assassinsChapitre 13 sur 20 · JACQUES CLÉMENT · texte numérisé non relu

JACQUES CLÉMENT

consentemenl et la inesine volontc' tic la servir (Icmouroii'iU en leurs cœurs ; qu'ils esloieiil en tel iioiiilne, (|u'cuséiuenl ils pouvoienl faire un bon service cl que, parlant, ledict sieur premier président, (lui, encore qu'il lust prisonnier, ne laissoit pas de sçavoir leurs intentions et le moyen qu'ils avoient de la servir, l'envoyoit vers Sa Majesté pour lui dire de sa part qu'ils estoient prests de se saisir d'une porte et luy donner entrée dans la ville ' ». A l'appui de ses dires, le jacobin produisait un billet du président de Harlay, qu'il présenta tout ouvert à La Guesle, et un passeport en règle du comte de Brienne, prisonnier, comme je l'ai dit, au Louvre, passeport qui devait lui permettre de franchir les lignes de l'armée royale.

Je n'ai pu malheureusement retrouver la lettre du président de Harlay, que nous ne connaissons que par le texte qui nous en est donné par La Guesle, dans le récit qu'il nous a laissé de ces événements, et que celui-ci déclare lui-même citer de mémoire. Elle contenait à peu près ces mots :

Sire, ce présent porteur vous fera entendre Testât de vos serviteurs et la façon de laquelle il sont traictez, qui ne leur este néantnioings la volonté et le moyen de vous faire très humble service, et sont en plus grand nombre, peut-estre, que Vostre Majesté n'estime. Il se présente une belle occasion, sur laquelle il vous plaira faire entendre vostre volonté, suppliant très humblement N'ostre Majesté croire ce présent porteur en tout ce qu'il dira-.

' « Lettre d'un des premiers officiers de la cour do parlement [Jacques de laOuesle] escripte à un de ses amis sur le sujet de la mort du Roy » (Arcli. cur. de l'hist. de Fr.. 1'» série, t. XII, p. 377-j78).

' IbiU., p. 37S.

334 DE (JUEL(JUES ASSASSINS

Ce billet, qui se terminait par une croix enfermée dans un cercle, « estoit escrit en escriture italienne, laquelle est aisée à contrefaire et imiter », remarque La Guesle, qui crut bien, pourtant, y reconnaître la main du premier président.

Quant au passeport, que le jacobin exhiba ensuite, en voici le texte d'après l'original -même qui nous est parvenu, et sur lequel on aperçoit les traces très apparentes de taches de sang'.

Le comte de Brienne, et de Ligny, gouverneur et lieutenant général pour le Roy à Metz et pays messin, à tous gouverneurs, leurs lieutenants, cappitaines, chefs et conducteurs des gens de guerre, tant de cheval que de pied, et tous autres qu'il appartiendra, salut.

Nous vous prions et requérons vouloir seurement et librement laisser passer et repasser, aller, venir et séjouruer frère Jacques Clément, jacobin, natif de la ville de Xans sans [sic) Bourgogne ', de présent estudiant en ceste ville de Paris, s'en allant en la ville d'Orléans, sans luy donner, ny permettre qu'il luy soit donné aulcun empeschement, ains luy donner toute la faveur, ayde, et assistance qu'il vous requerra. En choses semblables, nous fairons le semblable en vostre endroict.

Escript au chasteau du Louvre, à Paris, le XXL\'' de juillet 1589.

Charles de Lu.xembourg.

Par niondict seigneur :

De Geofre-.

' Lire ; Sens, en Bourgogne. Le texlede ce passeport fut dicté, nous le savons, à un secrétaire; c'est ce qui peut expliquer cette singulière graphie {Le martyre de frère Jacques Clémeni, dans Archives curieuses de l'histoire de France, i" série, t. XII, p. 4U4-405).

' Procès criminel... Passeport donne à l'rére Jacques Clément (Bibl. nat., fr. 14054).

Fac-similé de l'original du passeimikt donné a Jacqles Clément

PAR LE COMTE DE BrIKNNE,

(F.îibliolhèque nationale, cabinet des manuscrits, fonds fiançais, M 05^, fol. i).

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