‹ De quelques assassinsChapitre 5 sur 20 · LE « TUEUR DU HOY » : CHARLES DE LOUVIERS. SEIGNEUR DK MAUREVERT · texte numérisé non relu

LE « TUEUR DU HOY » : CHARLES DE LOUVIERS. SEIGNEUR DK MAUREVERT

• ... Il faut atlilrer quelqu'un qui "d'uue harquebouzaile lue l'Amiral, cl mettre ce harquebouzier dans uue maison qui upparLicuue à l'uu des serviteurs de la maison de Guise, et que le coup se fasse en plein jour. Incoutiuent que l'Amiral sera mort, ceux de la religion sacliaus la maison ne faudront de se ruer sur ceui de Guisc, et les Parisiens sur lesdits de la religion et de Montmorency, tellement que les uns defîerout les autres. Le Roy se serrera cependant au Louvre et aura une troupe preste pour se ruer prompteraent sur le parti qui seroit demeuré comme le maistre ; pour en dépesclier à la cliaude ceuï qui seront des principaux. » [Mémoires de lestât de France sous Charles IX. 1578, t. 1, fol. 193.)

Délivrée du rival redoutable et exécré qu'avait été pour elle le duc de Guise, mais ayant profité des victoires du cliampion catholique pour imposer aux Réformés cette paix d'Amhoise (19 mars 1503) qui tolérait seulement l'hérésie et, après l'édit libéral de janvier 1562, la remettait hors du droit commun. Catherine de Médicis peut croire demeurer enQn seule maîtresse en France et avoir bridé tous les partis. Et si vraiment elle avait encouragé les projets de Poltrotet, le poussant à accuser Colig^ny, avait voulu exciter contre ce dernier une san-

glanle vengeance de la part des Guise, elle semble alors avoir renoncé à ses machiavéliques desseins. Aussitôt la paix d'Amboise signée, elle s'efforce, en apparence au moins, de calmer plutôt que d'envenimer l'inimitié des Lorrains et des Châtillon. Elle empêche l'instance judiciaire que veulent entamer les Guise d'être ouverte devant le parlement de Paris, fait évoquer l'affaire parle Conseil du Roi (28 septembre 1563), trois mois après (5 janvier 1564) enjoint à ce même Conseil d'en ajourner le jugement à trois ans, et, le 29 janvier 1566, fait rendre à Moulins, devant ladite assemblée, l'arrêt par lequel « Monsieur l'amiral de Chastillon est déclaré innocent de la mort du duc de Guise ». En même temps, elle paraît s'appliquer à prévenir tout conflit armé entre les Lorrains et l'Amiral et ses partisans ; elle multiplie les occasions de rapprochement entre eux, et les défenses tant aux uns qu'aux autres de « s'offenser par voye de fait ou de droit », « de se provoquer, insulter ne médire de fait ni de paroles », obtient des princes ennemis la promesse écrite et signée par eux de « n'attenter à leur vie, ni à celle de leurs frferes, neveux et parents », s'ingénie à les tenir éloignés de Paris '.

La Reine craignait-elle que les violences commises par l'un des partis, et, en particulier, un coup de force des Guise contre l'Amiral, ne fissent renaître la guerre civile, et redoutait-elle par-dessus tout cette perspective? La chose est fort probable. Un fait positif est que la couronne était incapable à ce moment de soutenir l'effort

' Baron de Ruble, L'afsassinat de François de Lorraine, duc de Guise, 1S février 1563, Paris, 1897. in-8", p. 101, 114, 122, 130.

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