PROCIDENCES MÉCONNUES DU CORDON OMBILICAL
Lorsque la procidence du cordon a été reconnue avant l'accouchement, il est facile de lui rattacher la mort du fœtus si celle-ci arrive. Mais il n’est pas rare d'observer des cas où, sans la moindre cause apparente, les bruits du cœur fœtal, tout à l'heure encore normaux, diminuent de fréquence, deviennent sourds, irréguliers, s'arrêtent même complètement et l'enfant naît élonné, en état de mort apparente, quelquefois même il ne peut être ranimé.
On peut alors expliquer cette mort inattendue par une procidence méconnue du cordon. Sous l'influence d’une cause quelconque, une anse funiculaire sera descendue à côté de la tête, et là, saisie et comprimée entre celte têle et le bassin osseux. L'apport sanguin diminue, s’arrête même complètement, il en résulte pour le fœtus un état de souffrance se traduisant d'abord par des irrégularités dans les battements du cœur, puis par leur cessation complète. ;
Cette cause de la mort du fœtus avait été signalée par Paul Dubois : « Il peut se présenter, par exemple, telle circonstance où le cordon étant tombé dans la partie
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inférieure de la cavité utérine vers le terme de la grossesse, alors que la tête commence à s'engager dans le détroit supérieur, il se trouve comprimé entre la tête de l'enfant et le rebord du détroit, de manière à intercepter toute communication circulatoire entre la mère et l’enfant et à entraîner nécessairement la mort de ce dernier. Dans ce cas, l’enfant succombe sans qu’on puisse se douter de la cause qui amène ce résultat. »
Dans ses leçons de clinique obstétricale, Depaul expliquait de la même manière certains cas de mort du fœtus pendant le travail : « Entre ces deux degrés, celui où le cordon est encore contenu dans les membranes et celui où il a franchi l'orifice pour s'engager dans le vagin, il existe un degré en quelque sorte intermédiaire. Je fais allusion à ces cas où après la rupture des membranes le cordon glisse sur l’un des côtés de la tête sans la dépasser et reste dans cetie situation pendant la première période du travail. Je suis convaincu que dans un certain nombre de cas où l'enfant meurt pendant le travail sans que rien d’apparent puisse l'expliquer, ce résultat doit être attribué à cette disposition dangereuse du cordon que je viens de rappeler. »
Cette cause de mort est donc très réelle et d'autant plus dangereuse que l’on pense à tout autre chose qu’à une procidence, le doigt ne sentant aucune anse prolabée. Seule alors l’auscultation in dique l’état de souffrance du fœtus, mais on ne la répète pas assez fréquemment, et lorsque l’on s’aperçoit du danger que court l'enfant il e-l souvent trop tard pour intervenir et on ne ramène
gun petit cadavre.