‹ De quelques causes de la mort inattendue du foetus pendant le travailChapitre 23 sur 36 · CHAPITRE [II · texte numérisé non relu

CHAPITRE [II

SIGNES ET DIAGNOSTIC

Dans le cas qui nous occupe il est peu de signes qui puissent faire penser à la compression possible du cordon, Celle-ci, nous l’avons vu, résulte souvent d’une insertion vicieuse du placenta.

On pourra quelquefois diagnostiquer cette insertion vicieuse pendant la grossesse ; mais lorsque, comme dans l'observation que nous citons, le placenta vient seulement effleurer de son bord inférieur la zône dangereuse, il n’y aura pas d'hémorrhagie et le toucher ne fera sentir qu'un col normal. Seulement, dans ce cas, la partie fœtale qui se présente sera retenue longtemps au-dessus du détroit supérieur : et si d'autre part on ne trouve aucune cause à celte absence d'engagement, surtout chez une primipare, On pourra penser à une insertion latérale du placenta.

Au moment du travail l’auscultation donnera des renseignements précieux sur l’état du fœtus. Si, à un moment donné, on s'aperçoit que. les bruits du cœur se ralentissent, sans qu’il y ait en même temps d’hémor-

rhagie ou sans que les contractions utérines soient plus fortes, on pensera à une compression possible du cordon dans l'utérus même. On ne doit pas à ce moment compter sur la sortie du méconium, Car la plupart du temps la tête qui se présente occupe tout l’espace libre.

Il n’y a donc que l'auscultation qüi puisse alors donner quelques renseignements et une auscultation répétée souvent.

Depaul, dans ses Leçons cliniques insiste sur ce point :

« La compression du cordon peut produire dans la circulation fœtale des troubles à divers degrés. Il est rare quela mort survienne dans un délai très court; quand il assiste la femme dès le début du travail, l’accoucheur peut le plus souvent se rendre compte de la marche progressive des troubles fonclionnels..... Mais ce qui vous permettra mieux encore (que le toucher) de vous rendre compte de l’état du fœtus ce sera l'emploi du stéthoscope et la pratique répétée de l’auscultalion ; vous ferez bien de constater à de courts intervalles l’état des battements du cœur, de noter leur fréquence el leur rythme, de comparer ce qu'ils sont au moment de votre observation dernière avec ce qu’ils étaient auparavant ».

‘Il ne faut pas oublier cependant que la cessation des battements du cœur n'implique pas nécessairement la mort du fœtus. Celui-ci peut être ranimé quoique l’auscultation n'ait rien fait entendre pendant les quelques minutes qui ont précédé l’accouchement.

Le toucher non plus ne doit pas être négligé, on doit le pratiquer avec soin et remonter aussi haut que possi-

ble. « Il importe beaucoup, dit Jacquemier, même dans

RTE

les présentations qui paraissent simples, de porter aussi hsut que possible le doigt au pourtour de la partie qui s'engage, et, dans le cas où l’on rencontre une partie étrangère, de s’assurer d’une manière positive de sa nature: »

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