TROISIÈME PARTIE
TÉTANISME UTÉRIN
Dans son Manuel d'accouchements, Jacquemier fait observer qu'avant les remarques de Denman, de Wigand, de Burns, la rétraction spasmodique du corps de l'utérus et sa fâcheuse influence sur la marche du travail avaient à peine fixé l'attention des praticiens. « La compression qui s'exerce alors sur le fœtus, ajoute-t-il, l’'expose souvent et promptement à succomber en gênant la circulation fœlo-placentaire. »
Noœgelé étudie les contractions spasmodiques de l'utérus, soit partielles, Soit totales. « Une autre espèce de perversion de l’activité de la matrice, écrit-il dans son Traité pratique de l'art des accouchements, qui peut rendre laccouchement bien difficile, consiste en une direction anormale des douleurs, c’est-à-dire en une contraction disproportionnée, spasmodique, de parties isolées de la matrice. À un degré très prononcé les contractions n'observent -plus le type des douleurs ; il n’y a pas de cessation bien nette de la contraction ; celle-ci devient au contraire per-
ELTEES manente et ne fait qu'augmenter pendant le temps qui correspond à la douleur; s’il existe un endroit entre le col et le fond de la matrice qui se contracte outre mesure en comparaison des autres parties de l'utérus qui sont relâchées ou peu contraclées, on appelle cet état
élranglement (strictura utleri) ; bien plus rarement la cou-.
traction tonique embrasse également tout l'utérus et constitue le tétanos utérin, degré le plus élevé et le plus orave du spasme de la matrice... La contraction permanente de l'utérus est particulièrement dangereuse pour le fœtus parce qu'elle entrave la circulation dans les parois de l'organe ct comprime aussi facilement le cordon ombilical. »
Charpentier, dans son Trailé pratique d’accouchements, rapporte un cas de tétanisme utérin qu’il observa. « Dans un cas que nous avons observé, dit-il, l'enfant est né mort après un travail qui n’a duré que deux heures. Il s'agissait d’une primipare; dix minutes avant la terminaison de l'accouchement, nous avions constaté l'intégrilé des battements du cœur fœtal, mais des contractions extrêmement énergiques survinrent presque sans interruplion pendant ces dix dernières mMmutes, amenant l'expulsion d’un fœtus qui naquit mort et que l'insufflation ne parvint pas à ranimer. La rapidité avec laquelle se fit l'expulsion nous empêcha de songer à intervenir, l'enfant était bien portant au moment où elle commença et notre désappointement fut d'autant plus grand que
rien ne pouvait faire prévoir ce malheur, étant donnée
l'intégrité des battements du cœur au moment si rapproché de notre exploration. Ces contractions trop énergi-
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même co trop fréquentes et trop persis-
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