‹ De quelques causes rares d'intoxication par le plomb: étains plombifères et étamagesChapitre 10 sur 36 · LANCE · texte numérisé non relu

LANCE

Ogier et Bertrand (Annales d'Hygiène 1888) citent une épidémie d’intoxications saturnines survenue à Roanne et provoquée par de la farine transportée au blutoir au moyen d’une chaîne à godets de plomb.

Ducamp et Gubler rapportent des cas d’intoxications dus à la consommation de pain cuit dans des fours chauffés avec des bois de démolition, et recouverts d’une peinture au blanc de céruse.

Le docteur Landrieux (Revue d'Hygiène 1879) a observé deux cas d’empoisonnement provoqués par de la braise plombifère.

Bergeron et Lhote ont constaté des manifestations de saturnisme chez 26 personnes dont 2 succombèrent à la suite d’ingestion de beurre conservé dans une saumure qui contenait 2 grs, 3 à 7 grs 5 d’acétate de plomb par litre. (Journal de Pharmacie et de Chimie, t. XX).

Exceptionnelles sont aujourd’hui les falsifications 4e certains aliments (farines, beurre), avec de la céruse et la coloration de certains gâteaux, brioches et babas avee du chromate de plomb.

Les ustensiles de cuisine en terre cuite, les poteries recouvertes à l’intérieur d’un vernis ou d’un émail plombifère peuvent abandonner aux aliments une certaine quantité de plomb.

Garnier et Simon en 1901 rapportent le cas d’un enfant de 8 ans intoxiqué par un pulpeur émaillé.

IT) Boïssoxs.

L'eau d’origine granitique, faiblement minéralisée peut dissoudre le plomb des citernes, puits, pompes, canalisations dans lesquels elle séjourne,

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Pline, Vitruve et Galien signalaient déjà ce danger.

L'exemple le plus célèbre d'intoxication est celui que Guéneau de Mussy rapporte sur les empoisonnements dont la famille d'Orléans fut victime en 1849 pendant son séjour au château de Claremont. Treize personnes sur trente-neuf présentèrent des symptômes de saturnisme aigü.

De nos jours Pellé et Artus, Ferrier, Gendron, Picard, Quémar, ont observé de nombreux cas de saturnisme d’origine hydrique surtout en Bretagne.

Dénéchaux et Cannone en rapportent 8 dans le Bulletin Médical du 21 novembre 1936.

Thouvenet cite comme fréquentes les intoxications par les eaux canalisées dans des tuyaux de plomb en Limousin.

G. Pouchet, (Recueil des Trav. du Com. Con. d'Hya. 1886) a démontré que les canalisations mixtes sont dangereuses par suite de la formation d’un couple électro: chimique.

Strotmayer pense que les conduites d’eau servant de prise de terre pour les appareils de radiophonie peuvent être attaquées par des courants de basse tension.

Le vin, soit qu’on ait voulu empêcher sa fermentation par des morceaux de plomb, soit qu'il ait été en contact avec des pièces de pressoir plombifères, ou enfermé dans des bouteïlles contenant des grains de plomb oubliés lors du rincage, peut être aussi une source d’intoxication.

Les vins provenant de vignes traitées À l’arséniate de plomb, ne contiennent, s’ils sont bien décantés, que des traces de plomb. Par contre les lies et les dépôts seraient très plombifères (Barthe, Kohn-Abrest).

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Duy cite des cas de saturnisme chronique dus à la consommation de moût ayant fermenté, séjourné ou passé dans des récipients en plomb.

L’addition de litharge au vin pour le replâtrer, au cidre pour diminuer son acidité, sont encore autant de causes.

Le lait contenu dans des biberons en caoutchouc vulcanisé peut se charger en plomb et intoxiquer le nourrisson (Eulemberg).

D'après tous ces exemples, le plomb doit être considéré comme d’un usage très dangereux, surtout en 6e qui concerne l’alimentation.

Aussi a-t-on essayé de le remplacer par un métal qui tout en présentant les mêmes propriétés serait moins toxique.

C’est au < plumbum album » des romains ou étair qu’on a pensé. Il est employé en nature ou sert à receouvrir quelques autres métaux, plus facilement oxydables.

Mais le plomb est souvent mêlé à l’étain et encore responsable d’intoxications dans les étamages et les étains plombifères.

C’est l’étude de ces intoxications qui fera l’objet de notre travail.

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