SA GRE
Je marque une médication fortifiante et conseille à la famille de faire prendre à l'enfant des viandes rouges griliées®
Trois jours après, je trouve le jeune malade en crise: vomissements incoercibles, diarrhée profuse, vertiges, mais apyrétique.
La famille déclare qu’il n’a mangé aucun coquillage, qu’il n’a bu que de l’eau minérale et qu’il n’a pris aucune pâtisserie.
Le lendemain, plus de selles diarrhéiques, ainsi que dans les jours qui suivent (3 jours) mais ballonnement, vomissements et coliques à forme néphrétiques.
Je pense à une appéndicite rétro-coecale et fais mettre de la glace sur le ventre.
Toute alimentation est supprimée.
Dès ce moment, tout rentre dans l’ordre et je me base sur le diagnostic d’appendicite, me proposant de faire vérifier l’hypothèse par la radiographie. Progréssivement, je permets bouillon de légumes, pâtes, fruits cuits.
L'enfant reprend très bien des forces et n’accuse plus de phénomènes anormaux.
L'alimentation est alors augmentée et je permets quelques cotelettes de mouton, sur le gril.
Brusquement, après 4 jours de cette alimentation, les phénomènes reprennent dans l’après-midi pour cesser vers 18 heures environ et reprendre dans la nuit.
Frappé par la concordance des phénomènes douloureux, avec la reprise de l’alimentation carnée, je fais changer de qualité de viande ei de fournisseur.
Rien n’y fait; je pousse mon interrogatoire plus avant, et apprends alors de la maman, que les viandes grillées portent sur l’empreinte apposée par le gril, des trainées blanches, dues à jl'étain.
Le gril, un gril de récupération de jus, est immédiatement porté à M. le Professeur Carrieu,aux fins d'analyse.
L'enfant meurt dans la semaine ».
ST
Recherche et dosage du plomb dans l’étamage recouvrant le gril suspect.
L'analyse est confiée au Docteur Jean Fourcade, chef du laboratoire de Chimie à la Faculté de Médecine. Il prélève Ogr. 8 environ d’étamage suspect, en raclant le gril avec un couteau. Lavé et dégraissé, ce prélèvement est pesé très exactement: soit 0 gr. 6759.
Cette prise d'essai est traitée par l’acide chlorydrique à une douce chaleur, pour dissoudre d’un seul coup, le plomb l’étain et le cuivre s’il y a lieu. Puis, on fait passer un courant d'hydrogène sulfuré dans la solution pour précipiter le tout à l’état de sulfures.
Le précipité recueilli sur un filtre est lavé à l’eau distillée, et traité en suite par le sulfhydrate d’ammoniaque pour dissoudre le sulfure d’étain.
Le sulfure de plomb ne se dissolvant pas, reste sur le filtre. Il est transformé en sulfate et traité par Peau pour éliminer le sulfate de cuivre soluble qui pourrait se trouver dans lalliage.
Le sulfate de plomb insoluble est calciné au rouge sombre et pesé.
Cette pesée donne le résultat suivant: 0 gr. 3340.
Ce qui correspond à un poids de plomb de:
Le pourcentage en plomb de cet étamage est donc: 0,2281 X 100
Soit environ: 34 p. 100.
La proportion énorme de plomb dans cet étamage peut donc être considérée comme responsable de cette intoxication mortelle.