Chapitre V
Considérations médicales
Ces quelques observations prouvent que le plomb, peut par suite d’une mauvaise application des règlements sanitaires, se trouver dans la « poterie d’étain » et les étamages en quantité suffisante pour provoquer des intoxications.
Celles-ci se traduisent par les manifestations les plus diverses.
Les formes aiguës sont signalées par tous les auteurs comme très rares. Cependant, l’usage d’un gril en métal étamé ayant entraîné la mort d’un enfant de 15 ans en une semaine, nous montre le danger que peuvent présenter certains étamages contenant de trop fortes proportions de plomb.
Généralement, la quantité de métal toxique qu’ils contiennent n’est pas suffisante pour provoquer des accidents aussi sérieux.
Maïs après un usage prolongé d’ustensiles étamés avec de l’étain plombifère, les accidents qui accompaonent le saturnisme chronique peuvent se révèler.
Précédés d’une période de latence, ils éclatent son vent à l’occasion d’une moindre résistance de l’organisme (diphtérie observation VIIT.)
La colique de plomb est celui qui est le plus généralement observé. (Observations III, IV, VIL)
On peut voir toutefois, principalement chez es enfants, des troubles polynévritiques. (Observations V NA)
Si quelques intoxications revêtent encore chez des sujets profondément intoxiqués les formes classiques décrites par les auteurs du siècle dernier, souvent los symptômes cités par eux comme les plus constants, liseré de Burton, et surtout hypertension (observation VIIT), peuvent manquer. (Observation V et VI étamages.)
Les troubles les plus fréquemment constatés sont d’une part des phénomènes généraux, asthénie, vertiges, céphalées, d’autre part des phénomènes gastro-intestinaux, vomissements, diarrhée, balonnement, douleurs abdominales très vives. Ces derniers peuvent aiguiller le médecin soit vers une intoxication alimentaire, soit vers un syndrome abdominal grave tel que péritonite ou appendicite, justiciable d’une intervention chirureicale. (Observation V, étamages. )
Le diagnostic de ces intoxications accidentelles est souvent très difficile parce qu’on ne pense pas à un saturnisme possible. Si les mêmes symptômes se présentaient chez un ouvrier travaillant dans une fabrique d’aceumulateurs ou dans toute autre usine où l’on
manie le plomb, le diagnostic ne présenterait aucune difficulté.
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= L'important est donc de connaître la possibilité d’une intoxication de ce genre. Un interrogatoire très serré sur les habitudes du malade pourra mettre sur la voie du diagnostic. Dans les cas douteux, on fera appel au laboratoire. La présence dans le sang d’une quantité de plomb supérieure à 0 mgr 06 par 100 ec. (Poilet), d’hématies à granulations basophiles, une diminuton modérée de l’hémoglobine dissiperont tous les doutes. Une analyse d’urine avec dosage du plomb par la méthode très sensible à la dithizone de Mlle F. Lem et un examen électrique du sujet pourront compléter les recherches.
Le diagnostic conditionne le pronostic. Il est très grave et peut entraîner la mort malgré tous les traitements, si le malade ignorant la cause des phénomènes morbides continue à ingérer du toxique.
Il est bénin si un diagnostic sûr permet d’éliminer dès le début des accidents, la cause d’intoxication et d'instaurer en même temps une thérapeutique efficace.
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