EN D
La structure de la paroi est celle du duodénum avec la couche muqueuse composée de villosités courtes, de glandes en tube, et profondément, de glandes de Brünner peu abondantes.
Dans la séreuse, une masse importante de structure pancréatique dont une partie est sensiblement normale, une autre plus restreinte présente des lésions nécrobiotiques.
Un examen radiologique fut pratiqué par le Docteur Virror un mois plus tard :
Estomac : d'apparence normale, présentant sensiblement les mêmes caractères morphologiques qu’avant l’opération et dont l’évacuation s’effectue en totalité en 2 h. 30.
Le duodénum est nettement déformé par plicature permanente en U de la moitié supérieure de DIT ; plicature devant être attribuée à des adhérences. Malgré cela, le transit duodénal s’effectue régulièrement et sans retard appréciable.
Le Docteur PoLony revoit Mile D... le 12 mai 1933: depuis l’opération, la malade ne vomit plus, a des digestions normales, n’est plus constipée alors qu’avant elle l’avait toujours été beaucoup. En ces deux mois, elle a augmenté de 1.700 gr.
Nous avons vu nous-même, en mars 1935, Mlle D...:
Vers le mois de juin 1933, elle eut de grosses contrariétés morales ; de ce fait, elle perdit 3 kg. en quinze jours. Depuis, elle ne s’est jamais bien portée.
Après tous les repas (il n’y a plus que les laitages et pâtes qui passent sans douleurs), elle ressent d’abord une douleur gastrique à la suite de laquelle elle a des renvois aigres et brüûlants, suivis eux-mêmes de régurgitations de liquide clair et acide. Enfin, environ 4 heures après le repas, elle ressent des coliques douloureuses et un ballonnement à siège variable.
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Elle ne peut d’ailleurs ni manger, ni boire froid car elle éprouverait, à ce moment-là, une impression de blocage.
Elle est toujours très constipée, jamais de mœlena, mais quelquefois, surtout ces temps-ci, des selles mastic (deux, trois fois par semaine). Elle dit, d’ailleurs, que depuis quelques mois elle n’a jamais eu des selles vraiment bien colorées. l
Jamais de diarrhée post-prandiale. Jamais d’ictère ni de subictère. Après tous les repas, elle a des céphalées intenses, temporales et non plus frontales ; le moindre bruit la fatigue. Elle continue à avoir autant d’insomnies qu'avant son opération.
Elle a quelquefois la vue trouble, surtout quand les céphalées sont intenses, et, à l’heure actuelle, elle ne peut lire plus de 10 minutes à la suite.
OBSERVATION V (Inédite)
Mme B.…. est née en 1890. Elle fut malade pour la première fois en 1911 (entérite).
En 1916, elle ressentit de violentes crampes épigastriques pendant trois mois, après les repas ; on porta le diagnostic d’ulcus duodénal, et la mit au régime lacté, pâtes et purées. On lui fit prendre également du sous-nitrate de bismuth.
Pendant un an, elle se considéra comme guérie. De temps, en temps, elle avait une petite douleur qu’elle calmait aussitôt par l’ingesfion de lait.
Au bout de ce temps, les mêmes phénomènes reprirent, mais aggravés. Elle souffrait toute la journée mais avec paroxysmes aussitôt après les repas ; le matin, au réveil, elle se sentait tout à fait bien, à
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tel point qu’il lui serait arrivé de dire qu’elle ne voulait plus manger. D’elle-même, elle suivit à nouveau le même régime et se trouva considérablement améliorée pendant six mois.
Puis, elle recommença à souffrir, mais d’une manière plus aiguë ; aussitôt alors elle reprenait son bismuth. Pendant environ trois semaines, elle eut assez souvent quelques brûlures acides après les repas, qui n’ont jamais été accompagnées d’éructations, mais quelquefois de régurgitations aqueuses très acides.
Elle a toujours été très constipée et s’est toujours surveillée beaucoup à ce point de vue, car, sans cela, les douleurs étaient plus intenses.
En 1921, le Docteur CHARMoILLE (Belfort) fit ux calque radioscopique :
Estomac souple, bien mobile, non douloureux à la palpation, de tonicité médiocre ; le pôle inférieur descend à 9 cm. au-dessous du niveau de la crête iliaque.
Cinq heures après seulement, l’estomac est complètement vide.
On ne note pas de tache résiduelle.
En 1928, les douleurs ne se trouvant plus calmées par le bismuth, elle alla trouver le Professeur MER- KLEN (Strasbourg).
Examen radiologique (Clinique médicale A) :
Ptose gastrique et colique.
Aérogastrie et aérocolie.
Aucun signe d’ulcère gastrique ni de périgastrite.
Duodénum sans anomalie.
Evacuation gastro-duodénale en 2 h. 3/4.
Intestin grêle et côlon sans anomalie.
On lui fit à la même date, 21 mars 1928, un tubage gastrique. Hyperacidité gastrique :
HCFR RES RM OURREe 1 gr. 60 Acidité totale ... ........ 2"ar290
A la suite de ces examens, elle fut soumise au régime lacté et aux farineux ; elle ne se trouva pas calmée et perdit 12 kg. en 4 mois environ. .
En 1929, elle se fit faire un nouvel examen radioclogique par le Docteur MEYErR (Mulhouse), examen dont voici les conclusions :
L'examen radiologique de Mme B... a montré principalement des symptômes d’une maladie de Glénard caractérisée par. une ptose importante de l'estomac, du duodénum, du gros intestin, du foie et de la vésicule biliaire.
Les douleurs localisées à l’extrémité supérieure de l’épigastre semblent être dues à la ptose gastro-duodénale qui est d’ailleurs assez bien réductible par la compression de la région sous-pubienne.
On a observé également à l’examen une hypersécrétion gastrique qui correspond probablement à une hyperchlorhydrie susceptible de provoquer des sensations pénibles.
À part cela, on a remarqué un petit spasme sur la grande courbure du bulbe. Si l’on considère d’habitude une encoche spasmodique de ce genre comme un des signes pathognomoniques de l’ulcère duodénal, tout autre symptôme en dehors de ce diagnostic fait défaut.
D’autre part, la vésicule biliaire montre des caractères anatomiques et physiologiques tout à fait normaux à part la ptose déjà signalée plus haut.
En résumé, il s’agit donc d’une maladie de Glénard compliquée d’'hyperchlorhydrie.
On aurait constaté en même temps une rétention prolongée de la bouillie barytée au niveau de l’appendice ; pensant à une appendicite chronique, on l’opéra sans lui procurer d'amélioration.
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Elle eut également des séances de diathermie sans plus de résultat.
En juillet 1934, elle alla trouver le Docteur Virror qui lui fit un tubage gastrique fractionné avec la sonde d’Einhorn ; dosage des acides par la méthode de Topfer.
A jeun : on retire 30 cm* d’un liquide coloré par la bile et contenant un peu d’HCI libre.
Injection de 1 cc. de la solution d'histamine au 1/1.000%. — La sécrétion provoquée n’est pas immédiate ; elle ne se déclenche qu’au bout de huit minutes, elle est par contre assez abondante : 175 cc.
Voici les résultats des dosages effectués sur un prélèvement retiré à l’acmé de la sécrétion :
HOT RbEeOMRAUNE. JR 2 gr. 90 ACIUIEOtMeN EE es 3 gr. 20
Le liquide retiré est assez clair, mais contient de nombreux flocons muqueux légèrement rosés.
Un examen de selles montra une très forte alcalinité; ni œufs d’helminthes ni kystes protozoaires.
Un examen radiologique fut pratiqué par le Docteur VITror à la même date.
L’estomac ne présente aucune image anormale, à part sa ptose qui est aussi prononcée et que la ceinture orthopédique réduit très incomplètement. Il se vide en un temps normal.
Le bulbe duodénal n’est pas déplacé, mais ses contours présentent une certaine irrégularité. Il existe une image diverticulaire au milieu et en dedans de D, ; cette image, du volume d’un petit noyau de cerise, persiste même après évacuation de D,. Le fond de ce diverticule est arrondi et présente la même forme sur plusieurs clichés pris à des intervalles différents.
Il paraît s’agir d’un diverticule vrai de la sertissure de l’ampoule de Vater plutôt que de l’ampoule
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de Vater elle-même. Cette même image se retrouve, d’ailleurs, dans l’un des clichés pris par le Docteur MEYER.
Elle a toujours été incapable de travailler, car immédiatement elle souffrait beaucoup plus. Lorsqu'elle avait une période de repos, elle était sûre qu’une nouvelle crise allait recommencer lorsque, pendant un ou deux jours, elle avait des coliques et des phénomènes de diarrhée.
Elle n’a jamais eu d’ictère ni de subictère. Jamais d’hématémèse et de mœlena évidents ou occultes (nombreux examens coprologiques).
Elle a eu des selles un peu argileuses, mastic.
Ce n’est que depuis le début de 1935 environ qu’elle a des vomissements aqueux, très acides, la soulageant complètement.
Elle n’a jamais eu d’autre maladie.
Sa mère est décédée d’un cancer de l’utérus ; son père d’une congestion cérébrale.
Elle a un frère et une sœur tous deux bien portants.
Elle n’a jamais fait de fausse couche et a deux enfants bien portants.
On ne note aucune malformation congénitale dans sa famille.
OBSERVATION VI (Inédite) (Docteur ViTror)
M. N.., ancien instituteur, est âgé de 60 ans. Il a eu, à 12 ans, une typhoïde avec alopécie et atteinte cardiaque.
Dès l’âge de 10-12 ans, il a des digestions très pénibles, avec, de temps en temps, des vomissements
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aqueux, jamais alimentaires, survenant environ 3 h. après les repas. A 14 ans, il commence à avoir le ventre très ballonné.
À cet âge, il n’a jamais de céphalées ni de constipation.
Il continue à souffrir de plus en plus jusqu’au régiment où il maigrit beaucoup, lui qui était gros, mais où il souffre beaucoup moins. Il avait d’ailleurs déjà remarqué l'influence sur ses douleurs du froid et de la vie sédentaire, qui les augmentaient considérablement.
Aussitôt après son service militaire, il commence son métier d’instituteur et, immédiatement, son mal s'aggrave. Son teint devient très pâle. Les vomissements, toujours aqueux, deviennent beaucoup plus fréquents mais toujours 3 heures après les repas. Les douleurs deviennent très aiguës ; elles sont lombaires et intercostales avec irradiation dans les deux épaules, surtout la droite. Le décubitus dorsal l’améliore considérablement. En 1902, il a un ictère, d’origine indéterminée, qui le tient alité quinze jours. En 1913, on diagnostique une lithiase rénale.
Il a maintenant souvent des céphalées intenses occipitales.
Il fait toute la guerre comme fantassin, continue à souffrir, mais beaucoup moins et a bien meilleure mine.
En 1919, il retourne dans la Haute-Saône comme instituteur, et, aussitôt, recommence à souffrir beaucoup et devient très constipé.
Une radioscopie de l’estomac faite par le Docteur CHARMOILLE (Belfort), en 1921, montre :
« Estomac : présentait un certain degré d’allongement, ainsi qu’un élargissement anormal de sa partie inférieure. Poche à air développée. Hyperstaltisme bien marqué avec évacuation accélérée (elle est presque complète en 1 h.).
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« A noter également que la mobilité de la région pylorique ne paraît pas parfaite. »
Il est à noter également qu'après l’évacuation totale, le Docteur CHARMOILLE avait émis qu’il persistait au niveau du bulbe duodénal une tache indolore à la pression.
En 1923, le malade va consulter à Strasbourg : une radiographie ne montre rien. On le traite comme nerveux. Cependant, son teint est devenu terreux, il ne peut plus marcher que courbé.
En 1995, il retourne à Strasbourg où on lui trouve un syndrome de sténose pylorique fruste. Opéré le 7 septembre 1925 par M. le Professeur LERICHE, voici le compte rendu écrit par celui-ci le 25 septembre:
« M. N.… avait une sténose extrinsèque de la première portion du duodénum provoquée par des adhérences étroites de la vésicule biliaire avec le duodénum.
« Je n’ai pas vu d’ulcère et cependant il n’y avait pas de lithiase. L’adhérence était très serrée et coudaït littéralement l’intestin.
« La vésicule a été enlevée et le duodénum a repris son cadre. »
A la suite de cette cholécystectomie, le malade ressent une grande amélioration durant 18 mois, mais est obligé de retourner à Strasbourg.
Un examen radiologique, le 6 janvier 1927, montre : « Péripylorite, périduodénite avec spasme duodénal ; tache dans le bulbe duodénal correspondant au point douloureux (suspiscion de petit ulcère duodénal). Aérocolie ».
Un régime et une médication calmante se montrent inefficaces et le malade revient en 1927. Une radio montre : « Tache barytée dans le bulbe duodénal, reste duodénal persistant encore après 7 h. 1/2, pas de déformation du bulbe ».