ÉTATS-UNIS. — INDUSTRIES MANUFACTURIÈRES
Notons enfin que les chutes d'eau, dont celles du Niagara qui à elles seules pourraient fournir 3 millions de chevaux de force, sont assez nombreuses, surtout dans la partie occidentale du territoire où précisément les combustibles font défaut.
En 1907 la production minérale des Etats-Unis aurait atteint 10.346 millions de francs dont 3 milliards pour la houille, 869 millions pour le cuivre, 452 pour For et 186 1/2 pour l'argent. C'est-à-dire en charbon plus de 40 0/0 des quantités extraites dans le monde entier, en pétrole plus de la moitié, en minerai de fer 40 0/0, en cuivre 55 0/0, en plomb 33 0/0 et en zinc 35 0/0. Ils tiennent le premier rang pour l'exploitation de l'argent et le second pour celle de lor. L'on peut donc dire qu'au point de vue minier ils sont l'un des pays les plus favorisés de r Univers.
L'abondance simultanée de matières premières de toutes sortes et de combustibles divers devait permettre un incomparable essor industriel. Celui-ci fut favorisé par l'habile politique douanière des gouvernants, mais surtout par les qualités d'audace intelligente et d'activité productrice des citoyens de l'Union.
Les capitaux ont une tendance à se concentrer. De 1880 à 1900 tandis que le nombre des usines, ateliers et manufactures doublait, celui des capitaux, qu'ils employaient, devenait 3 fois 1/2 plus grand.
La production semble se spécialiser; par région, des manufactures de cotonnades se créent dans lesEtats du Sud sur les champs mêmes quifournissentcc textile etdes avilies de viande » surgissent à l'Ouest du Mississipi où les progrès de la culture du maïs développent l'élevage — par genre d'industries, diverses usines fabriquent chacune une série de pièces d'un type déterminé rigoureusement identiques et par exemple les différents éléments dont l'j
86 LES GRANDES PUISSA:\CES MONDIALES nORS d'eUROPE.
blagc forme un vélocipède — et par nature d'opérations, plusieurs équipes d'ajusteurs procèdent au montage d'une locomotive et trois ou quatre ouvriers se succèdent dans le dépet^age d'un même animal. Les appareils employés sont très perfectionnés. Les hauts fourneaux qui en 1880 donnaient 2o tonnes de fonte par jour en produisaient en 1900, 1 48 et certains 250. La capacité des convertisseurs est passée dans la même période de 5 à 15 tonnes. Les machines-outils puissantes etnombreuses permettent unegrandeéconomiedemain-d'œuvre etrendentle travail de l'ouvrier sensiblement plus productif. Bien qu'elle soit la première du monde, l'industrie américaine emploie moins de bras que celles de certaines autres nations, 7 millions de personnes contre 9 millions en Angleterre par exemple. Aussi malgré le taux moyen élevé des salaires, 6 fr. 50 par jour (l), le prix de revient de beaucoup de produits est-il plus bas que partout ailleurs.
La production est dirigée en grand. D'innombrables compagnies assurent l'exploitation des mines, des champs et plantations, des usinés et manufactures, des moyens de transport, etc. Plusieurs d'entre elles ont fusionné, les associations qui en sont résultées se sont groupées en une sorte de fédération et ont formé des trusts dont les principaux sont le Steel Trust (acier) et le Standard oil (pétrole). (( Par son organisation et son rayonnement sur tout le territoire le trust a la possibilité de surveiller le marché et de travailler dans des conditions d'économie que ne peuvent égaler les sociétés indépendantes ». Des
(i) Il est à noter que l'écart entre le salaire nominal et le salaire réel, du moins pour certaines professions, semble progressif aux Etats-Unis. « De 1900 à 1907 tant par Taugmeotation de la rémunération horaire — 23 0/0 — que par la dimunition des heures de travail par semaine, 3 0/0, le gain hebdomadaire par ouvrier s'est accru de 18 0/0. Mais l'accroissement du prix de la vie a été plus rapide encore et le pouvoir d'achat de ce gain s'est trouvé diminué de 1,50 0/0 »• Économiste européen 29 janvier 1909, p. 157.