‹ De quelques considérations sur la "Res publica" européenneChapitre 43 sur 74 · FAMILLE · texte numérisé non relu

FAMILLE

ies. L'institution de la propriété privée est l'une des quelques assises sur lesquelles reposent les institutions euro- Déennes actuelles. C'est donc le but principal des attaques les penseurs et des théoriciens qui croient qu'un nouvel îdifice social abriterait le bonheur de l'humanité.

Sauf en Turquie la famille est partout dans notre couinent basée sur la monogamie, mais l'autorité du mari sur .'épouse, du père sur l'enfant a cessé d'être absolue. La •emme sous l'action de diverses circonstances, parmi lesjuelles figure lobligation de plus en plus répandue de ravailler à l'usine^ au bureau ou au magasin, semble •edouter plus que jadis les charges de la maternité. La rémunération qu'elle reçoit, est à labeur égal, sensiblement nférieure à celle de l'homme et une opinion se fait jour jui voit la cause de cette inégalité économique dans Uinîgalité politique des deux sexes. Ce serait surtout pour la 'aire cesser que les suffragettes à Londres et à Berlin revendiqueraient pour leurs compagnes l'électoral et Téli- ^ibilité. Celles-ci ont déjà obtenu dans certains pays le Iroit de disposer des économies réalisées sur leurs salai- •es, de divorcer dans divers cas, de prendre part aux rotes consulaires, aux élections municipales, d'assister îomme témoins à quelques actes de l'état civil. Le fémilisme demande davantage, mais il se heurte à la nécessité mpérieuse de conserver dans chaque ménage le mininum d'unité et de direction sans lequel il aurait tôt fait le se désagréger. Les pères de famille indignes sont déchus de l'exercice de la puissance paternelle. Des initiatives privées se consacrent à la sauvegarde des enfants noralement abandonnés et au relèvement des adoles- ;ents criminels dont le nombre semble aller en augmenant. Tous les gouvernements se sont efforcés de propager 'instruction publique et l'école est devenue l'une des inititutions fondamentales de nos sociétés (^). Diverses théo-

(1) Il est à remarquer que la présence sur un territoire déterminé de

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ries soQt émises sur la mission qui incombe aux éducateurs. Peuvent-ils librement exposer à leurs élèves leurs opinions personnelles ? Doivent-ils se borner à leur inculquer les notions dont l'Etat juge utile et nécessaire, à la fois, dans l'intérêt des écoliers et dans le sien propre, de munir les jeunes générations? Vaut-il mieux que leur rôle consiste exclusivement à développer chez ceux qui seront un jour des citoyens le sens de l'observation et l'esprit critique, la faculté de raisonner juste et de tirer de leurs aptitudes le meilleur parti possible? Plusieurs parents ont revendiqué le droit d'imposer à leur progéniture leurs propres idées et les ministres du culte catholique celui de contrôler étroitement l'enseignement reçu hors des églises par les jeunes fidèles. Pour certains pédagogues l'ensemble des cerveaux des enfants de chaque nation ressemblerait à un champ vierge dont Dieu et l'Etat, les éducateurs et les pères de famille se disputeraient le défrichement.

La diffusion de rinstruction, la diminution de la durée de la journée de travail et la création du quotidien à un sou permirent l'essor prodigieux de la presse périodique. Organisés aujourd'hui en la forme de puissantes entreprises commerciales et retirant de la publicité des annonces )de notables bénéfices les journaux paraissent en plusieurs pages et contiennent de nombreuses rubriques entre lesquelles se répartissent les informations les plus diverses. Ils sont par excellence l'instrument qui fait pénétrer les idées! et les nouvelles jusque dans les foules les plus compactesj et les plus éloignées. Aussi sont-ils considérés comme l'auxi- j liaire indispensable des libertés publiques. Par l'exposéj

nombreux enfants procure une plus grande utilité à l'État qu'à leurfii parents et il est légitime que tous les citoyens, y compris ceux qui n'on'li pas de progéniture, concourent aux frais d'instruction des jeunes généj^ rations. !

En France les crédits prévus pour l'instruction publique s'élèvent dan i le projet de budget de 1910 à 282 millions de francs. i

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