SENTIMENT NATIONAL
eaux essaiera cFutiliser le plus largement possible les lorlilles automatiques et les mines flottantes. L'intransigeance, [u'a parfois montrée l'Angleterre, s'explique par lesbesoins mpérieux qui l'étreignent. Le blé est de moins en moins ultivé sur son sol. Annuellement elle doit acheter pour
milliards de francs de produits alimentaires et de matièes premières indispensables à la subsistance de ses 42 mitons d'habitants et au travail de ses 9 millions d'ouvriers.
La maîtrise de la mer peut être débattue... par moments Angleterre n'a que six semaines de blé devant elle, la eule lenteur de la victoire peut amener des désastres '^) ». le qui fît dire au chef des pangermanistes, le comte de lethord que dans cette dépendance vis-à-vis de l'étranger isait « le talon d'Achille de la puissance britannique ».
Ce ne sont pas seulement de grands intérêts qui diffèent ce sont aussi les tempéraments nationaux. Le peuple spagnol ardent et fougueux conduit ses idées jusqu'à leurs ooséquences les plus extrêmes. Les Anglais ont la répuition d'être pratiques et humanitaires i^\ les Allemands .'après Nietzsche sont « d'avant-hier et d'après-demain, pas ncore d'aujourd'huK^) ». C'est en Russie que « la volonté itenteest depuis longtemps comprimée et accumulée, que i volonté — on ne sait si elle sera affirmative ou négative - attend d'une façon menaçante le moment où elle sera iéclanchée(* ».
Pour fondre toutes les énergies et les volontés individuelles dans un moule uniforme et devenir une puissante
{{) Droit international public, cours de doclorat, Paris 1909, partie u cours traitée par M. de Lapradelle.
(2) De toutes les nations européennes la Grande-Bretagne est la seule ui n'ait pas encore reconnu l'annexion du Congo par la Belgique. Depuis lusieurs années ses publicistes etses missionnaires conduisent une vioînte campagne à la fois contre les « atrocités congolaises «et les entraves ue rencontre le commerce européen dans ce pays.
(3) Par delà le bien et le mal, traduction Henri Albert, p. 254. (i) Même ouvrage, p. 194 (écrit en 1885).
160 LES RELATIONS INTEREUROPÉENNES.
unité politique la plupart des États ont essayé de réduire les particularismes locaux. Les différents dialectes ont dû faire place à une langue unique, les charges publiques ont été réparties sur tous les habitants, le service militaire et l'instruction publique sont devenus obligatoires, la justice rendue au nom de la nation. Ces tendances uniformisatrices et centralisatrices ont provoqué, en certains pays, de violentes résistances de la part des citoyens.
Le grand courant individualiste qui a traversé le xix® siècle a contribué à affirmer la personnalité des différentes nations. Les caractères propres de chacune d'elles ont été révélés à ses voisins, en partie par le romantisme qui s'attachait à reconstituer tous les milieux sociaux avec leur véritable « couleur locale », et parTEcole historique dont l'effort portait sur la mise en lumière des traits distinctifs, aune époque déterminée, des différents pays.
La conscience de leur force et la persistance de certaines souvenances ont donné aux divers peuples de notre continent des aspirations particulières. Les vieux Russes ne veulent pas octroyer à chaque groupe de provinces non russes des institutions appropriées à leurs besoins et conformes à leurs désirs. Les pangermanistes rêvent la reconstitution au profit de leur patrie de l'i^ncien Empire romain germanique et poussent activement la conquête économique de la Russie et de la Turquie. Les Anglais cherchent à conserver intacte leur suprématie maritime et à défendre le plus possible leur vieille supériorité industrielle et commerciale. Des souvenirs douloureux séparent des Allemands, les Polonais, les Danois et les Fran- <^ais, de l'Autriche le peuple italien et les multiples nationalités de la mosaïque austro-hongroise supporteni impatiemment le joug des Allemands de la Basse-Autriche.
Le sentiment national synthétise toutes ces particularités économiques, politiques et sociales, l'attachement aux traditions, les appréhensions et les espoirs, le besoin