‹ De quelques considérations sur la "Res publica" européenneChapitre 62 sur 74 · A.PPOBT ENTRE LE PROFIT RETIRÉ ET LE SACRIFICE CONSENTI · texte numérisé non relu

A.PPOBT ENTRE LE PROFIT RETIRÉ ET LE SACRIFICE CONSENTI

icrifices incessants qu'au moins trois d'entre elles se sont isqu'à présent, imposés pour améliorer leurs institutions nancières, judiciaires et administratives, pour assister les ivalides, assurer les victimes éventuelles d'accidents, re- 'aiter les vieux travailleurs, protéger la santé publique, istruire les enfants, développer leur marine, ce qui abaisse î fret général, coloniser des territoires lointains et défenre en certaines circonstances, notamment en Chine en 900, l'intérêt de tous les Européens. La présence sur leurs ?ritoires respectifs de savants et de penseurs, de socioloues et de jurisconsultes, non pas supérieurs à ceux des utres pays mais plus nombreux et mieux encouragés, en fait des foyers ardents d'idées et de découvertes qui enrihissent le patrimoine commun et augmentent la culture énérale des peuples de l'Europe. Champs d'expériences conomiques, politiques et sociales parfois fort onéreuses, entres où s'élaborent et d'où rayonnent les progrès de la lensée sur la matière, la maîtrise de l'homme sur la nature ouvent hostile, elles sont légitimement fondées à s'efforcer e ne plus consumer, dans la création épuisante d'œuvres le mort, une portion grandissante du meilleur de leurs orces vitales. Il ne serait que justice qu'elles profitent pécialement de l'organisation, qui ne menace aucune lation, de la paix européenne. Si Londres, Paris et Berlin ont déjà le cœur et le cerveau de l'Europe, que ne produi- *aient-ils pas le jour où leurs armatures l'Angleterre, la î^rance et l'Allemagne ne seraient plus anémiées et brilées parle régime comprimant de la paix armée. D'ailleurs es peuples européens ne paieraient pas trop cher leur ibération de la contrainte de l'autodéfense en accorlant aux budgets belge et suisse une subvention, qui rait en diminuant, égale au début à la différence entre es recettes nettes de leurs voies ferrées et leurs crédits nilitaires actuels.

Armée et flotte européennes.

La garantie de l'exécution loyale et intégrale de la promesse de ne plus entretenir d'armée ne pourrait être abandonnée à la discrétion et à l'honnêteté de chaque nation européenne. Le nouveau sujet juridique qui apparaîtrait aurait besoin, comme chaque peuple aujourd'hui, de défendre son existence, son indépendance, ses intérêts essentiels. Il aurait en outre la mission d'imposer au besoin par les armes, le respect du pacte conclu et la tâche d'aider, le cas échéant, les Etats de notre continent à protéger leurs nationaux dispersés dans les autres parties du Monde. Des troupes solides et bien entraînées, une flotte puissante et manœuvrière lui seraient rigoureusement indispensables. La constitution d'une Puissance publique européenne ne suffirait pas à elle seule en effet à changer la mentalité des hommes ou le principe fondamental de leurs relations mutuelles. La Force serait aussi nécessaire au Droit qu'aujourd'hui, mais elle serait exclusivement à son service. De même que les règles internationales actuelles, variables avec les différents pays, feraient place à un ensemble de quelques prescriptions européennes adoptées d'un commun accord, de même les armées nationales seraient remplacées par des troupes européennes dont disposerait, dans des limites préalablement fixées, la majorité des peuples de notre continent.

En Europe, cette force militaire aurait plusieurs buts. D'abord celui de garantir l'existence même de la Puissance publique européenne et sa liberté d'action dans l'accomplissement du rôle qui lui serait assigné. Elle empêcherait une nation d'entraver le fonctionnement des lignes ferrées qui sillonnent son territoire ou de s'opposer à la percepton des recettes que leur exploitation procurerait. Elle mettrait chaque peuple à l'abri des tentatives de reconstitution détournée de troupes nationales auxquelles pourraient se

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