PRINCIPAL AVANTAGE
que des croisades à la Renaissance, TEurope les retrouva un à un lentement et laborieusement. Par l'intermédiaire lies Indiens et des Arabes l'usage de l'aiguille aimantée passa des mers de Chine dans la Méditerranée et. après des perfectionnements apportés par des Italiens, des Français et des Anglais, devint la boussole. La soie, le papier et les ponts volants suspendus) furent découverts en Extrême Orient, la faïence par les Perses et les Arabes, le verre par les Egyptiens.
A partir de la tin du Moyen âge les inventions se multiplient sur notre continent et, fait à noter, c'est à ce moment que disparaissent de tous les Etats les guerres privées entre particuliers. L'imprimerie en 1450, la route de l'Amérique en 1492 et celle des Indes en loOO, l'isochroliisme des oscillations du pendule lo82, le microscope 1590, la machine électrique 1650, le télescope 1652, ["horlogerie basée sur l'emploi du pendule et du ressort în spirale 1657, la machine à vapeur J69;), la porcelaine [707, le déplacement de l'électricité 1723, les aérostats 1783, le gaz d'éclairage J 786, les machines à tisser et à Hier, a photographie 1824, machines agricoles, les chemins à H'nières de fer 1789 et les locomotives 183(', les engrais chimiques, les explosifs nouveaux, l'éclairage électrique 1876, le sucre de betterave, les anesthésiques et les antier)tiques, etc., etc.
Les Etats-Unis d'Amérique furent les premiers à adoper le paratonnerre, la machine à vapeurà haute pression, es bateaux à vapeur, les ponts suspendus, la machine à oudre, le télégraphe électrique 1832, le téléphone 1876, e phonographe 1878, etc.
Ce n'est là qu'une énumération extrêmement incomilète des conquêtes des hommes sur la nature. De nomireux penseurs concentrent aujourd'hui leur attention sur élude des rapports des individus entre eux, des bases et u fonctionnement des sociétés. La psychologie et la socio- Dgie, l'économie et la politique, l'hygiène et la pédagogie
sont des sciences nouvelles dont le rôle grandit tous lesjours. Leur influence sur les esprits, jointe à l'action des nombreuses transformations matérielles survenues dans les modes d'existence des hommes, même les plus humbles^ fera surgir des problèmes et des situations de fait que n'auront pas connus les générations précédentes.
Le solutionnement de ces difficultés ne serait-il pas facilité si chacune des nations européennes pouvait librement intensifier ses forces productives, physiques et intellectuelles, fouiller l'inconnu et procéder en paix à toutes lesexpériences sociales qu'elle jugerait utiles? Cette rechercha de résultats pratiques qui protîteraientà toute la collectivité européenne, ne serait-elle pas plus féconde si chaque peuple non seulement conservait intacts mais développait ses manières propres de sentir et de comprendre, ses moyens particuliers d'investigation, les traits originaux de son caractère et de son tempérament? Plus ces diverses cultures nationales seraient variées et élevées, plus la civilisation européenne, qui en est la synthèse et qui réagit sur chacune d'elles, serait complexe et riche, souple et puissante.
Or la sécurité du lendemain et la disparition de certains dangers est indispensable, semble- t-il, au complet épanouissement des facultés des hommes, qu'ils vivent en petits groupes ou en sociétés compactes. La possibilité pour chacun d'eux, si modeste que fût sa condition et de notables inventions sont dues à de simples ouvriers, de compter entièrement et en toutes circonstances sur les pouvoirs publics pour défendre son existence, ses biens et certains intérêts (paiement des dettes, brevets d'invention, poursuites des contrefacteurs, etc.), a contribué dans une large mesure au développement de sa personnalité et de son originalité, de son activité et de ses aptitudes inventives. L'histoire prouve les progrès parallèles de l'étatisme et de l'individualisme et leur coïncidence avec l'amélioration du sort matériel et moral des foules européennes.
De même la suppression volontaire et simultanée de la nécessité, aujourd'hui commune et de plus en plus écrasante, de se tenir prêt à chaque instant à repousser toute agression , augmenterait singulièrement la puissance d'expression de chaque âme nationale, leur permettrait des manifestations originales de plus en plus nombreuses et les différencierait nettement les unes des autres. L'Europe tout entière bénéficierait de l'échange actif des éléments divers et variés des richesses de ces unités politiques sociales et économiques aussi fortes que complexes-
C'est la vitalité du peuple qui fait la force des nations et tout ce qui contribue à l'accroître augmente en môme temps leur capital d'énergies, de facultés créatrices et de vigueur morale. Les améliorations sociales sont coûteuses, iutte contre l'alcoolisme et la tuberculose, assistance de tous les malades, des nouveau-nés qui, pour un Etal, sont au moins aussi intéressants que les vieillards, retraites pour tous les travailleurs et assurance sur leur vie au profit de leurs veuves et de leurs orphelins^ réformes administratives et fiscales, nécessitent de grandes sommes d'argent et l'habile utilisation de toutes les forces vives de la nation. Loin d'uniformiser les Etats de l'Europe et d'altérer l'originalité de leurs âmes propres, la dénationalisation de leurs forces militaires leur permettrait de revivifier, dans des masses populaires pleines de santé physique et d'énergie productive, les caractéristiques de leurs cultures particulières.
Parmi les nombreux obstacles qui s'opposent à la constitution d'une force publique commune à tous les gouvernements de l'Europe nous n'examinerons que ceux que feraient naître des modifications apportées au statu qiio territorial. Une fois un État entré dans l'entente européenne ses frontières ne pourraient plus subir aucun
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changement. 11 serait donc nécessaire que les limites de chacun d'eux fussent arrêtées ne varietur.
Est-il souhaitalile que celles qui existent aujourd'hui soient considérées conimes définitives?
llélas! non.
La Puissance pul)lique européenne serait créée pour transformer en rapports juridiques certaines des relations intereuropéennes actuelles de pur fait ou de convention. Elle aurait pour base une idée do justice, et ne pourrait par suite consacrer et rendre irrévocables les situations de fait que la majorité des peuples européens, en dehors de ceux intéressés à leur maintien, estimeraient injustes. De plus elle aurait pour but d'augmenter les caractères originaux et distinctifs de chaque nation européenne, les moyens d'expression des âmes nationales. Or l'organisation en un Etat indépendant des nationalités vivaces et homogènes est une condition indispensable du complet épanouissement de leurs forces créatrices et productives. Enfm l'Europe aurait tout à gagner à ne pas exposer son unité morale aux récriminations répétées que ne manqueraient pas de présenter les nationalités asservies et les peuples récemment abolis.
Seules les régions de l'Europe, heureusement peu nombreuses, où une race forte et tenace poursuit ouvertement lextermination ou l'assujettissement complet d'un groupe d'individus d'une autre race, feraient l'objet d'une révision de frontières. D'une façon générale il serait apporté à la carte actuelle de l'Europe le moins de modifications possible.
Il existe à l'extrémité septentrionale de l'Allemagne une terre peuplée de Danois que le Danemark n'a pas cessé de revendiquer comme sienne.
En 1815 le roi de Danemark possédait, à titre de duc les duchés de Laucnbourg, de llolstein et du Schleswig.