ACTIVITÉ EUROPEENNE DANS LES PAYS HORS D EUROPE
franchir d'une situation jugée pénible furent les divers mobiles qui conduisirent au delà des océans de nombreux Européens.
Les nations de notre continent cherchèrent dans les pays lointains les matières premières — coton, laine et peaux, minerais, métaux et caoutchouc, les produits exotiques, café, sucre, cacao, thé, bananes, huiles neutres, diamants, laque, nacre, aigrettes — qu'elles ne trouvaient pas sur leurs sols respectifs et des débouchés pour l'excédent sur leur propre consommation de leur production manufacturière. Comme le taux de l'intérêt baissait de 6 à 3 0/0 et que les charges publiques ainsi que le coût de la vie augmentaient, elles facilitèrent à leurs nationaux le prêt des capitaux aux Etats horsd'Europe(i). Ceux-ci en avaient un pressant besoin pour organiser leurs armées, leurs flottes, les différents rouages de leurs administrations, pour outiller leur territoire en construisant des voies ferrées et des 'routes, en creusant des canaux et des ports, pour alimenter en eau potable leurs centres urbains, les éclairer, les sillonner de tramvv^ays.
Afin de protéger les établissements de leurs commerçants et de leurs colons, situés sur quelques points des côtes de l'Afrique et de l'Asie, plusieurs gou\^ernements durent occuper de proche en proche les abords de ces comptoirs, les provinces avoisinantes, la région tout entière. L'Angleterre et la Russie essayèrent de faire un tout politique de leurs immenses possessions coloniales, tandis que l'Allemagne visait à la prépondérance économique et maritime. L'Impérialisme et la WeltpolitiKsont des manifestations du
(1) C'est ainsi que le total des capitaux britanniques placés hors da Royaume-Uni s'élevait au 31 décembre 1906 à 67 milliards de francs, soit 29 en Amérique, 13 en Afrique, H en Asie, 8 en Australie et 5 en. Europe.
Economiste européen.
2 Août 1907, p. 13a.