‹ De quelques considérations sur la "Res publica" européenneChapitre 9 sur 74 · CAUSES ET MOYENS D ACTION. D · texte numérisé non relu

CAUSES ET MOYENS D ACTION. D

besoin pour certaines grandes puissances à se créer sur les autres continents de puissants intérêts.

La satisfaction de ces nécessités d'expansion nationale et la réalisation de ces désirs individuels d'expatriation furent largement facilitées par des moyens d'action nombreux et variés.

Les chemins de fer, les navires à vapeur(i),le percement de l'isthme de Suez raccourcirent les distances. Des procédés scientifiques facilitèrent en Europe la consommation des produits exotiques — congélation des viandes, vulcanisation du caoutchouc. Les câbles sous-marins et les lignes télégraphiques permirent l'échange instantané des nouvelles et des lignes régulières de longs courriers relièrent entre eux à intervalles de plus en plus rapprochés les ports les plus importants du monde. Le perfectionnement des engins de guerre, la méthode et la discipline assurèrent à des petits groupes d'Européens une écrasante supériorité sur les cohues indigènes au moment même où la découverte de la quinine les mettait en mesure de supporter les climats les plus malsains.

Leurs connaissances théoriques et leur habileté technique les firent choisir par les gouvernements étrangers comme instructeurs ou conseillers. Ils préconisèrent souvent l'appel aux capitauxde l'Europe et parfois l'emprunteur dut subir le contrôle au moins financier du pays prêteur. Une judicieuse organisation diplomatique et consulaire contribua à faire respecter la vie et les biens des Européens établis dans les autres parties de la Terre comme à renseigner les Ministres compétents sur les forces politiques et les possibilités économiques des différentes nations du globe. Les colonies compactes d'Européens dans les pays d'outre-mer, Allemands aux Etats-Unis et

{\) L'emploi des coques de fer augmenta le tonnage utile, la consommation du charbon tomba de 2 kilogr. à 700 grammes par heure et par cheval-vapeur, la vitesse fut augmentée et les frets abaissés.

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au Brésil, Français au Mexique, Italiens en Argentine furent pour leurs compatriotes des centres d'attraction et pour le commerce de leur patrie d'origine des points d'appui et de rayonnement.

Ce fut donc le xix° siècle qui révéla aux masses européennes l'existence de tous les autres groupements humains dispersés à travers le monde. Travaillées par des besoins généraux d'expansion et des désirs individuels de mieux être, aidées par des moyens puissants, elles déployèrent sous des formes différentes et dans une mesure variable, jusque dans les contrées les plus lointaines, leur intelligente et féconde activité.

Pendant que les Pays neufs du Nouveau Monde se transformaient peu à peu en autant de nations distinctes libres et indépendantes tous les territoires de l'Afrique, sauf le Maroc, l'Abyssinie et la République de Libéria tombaient sous la domination politique de divers Etats européens. Ils y instaurèrent la paix, Tordre et la sécurité. Ceux de leurs nationaux qui vinrent s'y installer ne purent sauf dans le Nord et dans le Sud s'adonner au travail du sol. Une association originale d'efforts musculaires fournis par les Noirs et d'esprit de direction apporté par les Blancs permit la mise en valeur rapide de toutes les régions colonisées.

Tantôt les étrangers seuls ou associés, essayèrent d'exploiter directement les ressources naturelles de vastes étendues et ne cherchèrent dans les indigènes que des salariés (Algérie, Congo). Tantôt au contraire, les colons s'entendirent avec les habitants du pays, leur confièrent des capitaux, les aidèrent à écouler les fruits de leur travail et partagèrent avec eux les bénéfices (Tunisie et Maroc). Ailleurs, les Européens laissèrent aux autochtones, les pleins risques et l'apparente initiative de la pro-

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duction. Mais indirectement, ils la dirigèrent par leurs conseils et surtoni par la double influence de l'augmentation des prix d'achat et de l'exactitude dans le paiement en argent des produits cueillis ou récoltés. Cette dernière méthode dite de l'agriculture indigène tend à se répandre de plus en plus. Ainsi sous ces formes diverses, le travail devint pour les colonisés de plus en plus rémunérateur.

L'essor économique du continent noir pourrait se mesurer au total des tonnes de graines oléagineuses, de caoutchouc et de coton, des quantités d'or et de diamant, qu'il exporte annuellement et à l'ensemble des tissus, des armes, des alcools, des objets manufacturés et des produits divers qn'il achète chaque année. Le nombre de kilomètres de voies ferrées et de lignes télégraphiques qui le sillonnent, rénumération des ports outillés sur ses côtes et des travaux d'amélioration des fleuves qui pénètrent dans l'intérieur prouveraient aussi les progrès de la colonisation.

Mais c'est surtout, encore aujourd'hui, dans l'ordre social et politique que linstallation des Européens en Afrique a apporté les plus profondes transformations. Partout, sauf dans le Nord et dans le Sud, ils rencontrèrent les mêmes difficultés et leur donnèrent à quelques détails près d'analogues solutions.

Ils se heurtèrent d'abord à des peuplades inorganisées constamment en luttes les unes contre les autres. Les rapts de femmes et d'enfants, les meurtres d'adultes mâles, les razzias des récoltes et les vols de troupeaux étaient fréquents même en dehors de toute guerre. Chaque grande famille possédait des captifs de traite, individus volés ou faits prisonniers sur un champ de bataille, astreints à un rude labeur et étroitement surveillés, des captifs de case, fils des précédents, nés dans le carré (i) ou amenés par les femmes qui y entraient, d'une condition moins dure. Aux

(1) Groupe de cases habitées par les membres d'une même famille.

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haines entre indigènes de races différentes s'ajouta l'hostilité de sectateurs de cultes ennemis. De simples croyants ou des chefs locaux s'étaient faits les propagateurs farouches de l'islam. Des régions entières se convertirent en peu de temps, de grands empires se fondèrent, puis s'écroulèrent tout d'un coup. Des peuplades émigrèrent en masses compactes à des centaines de kilomètres de leur habitat et les premiers occupants se réfugièrent terrifiés dans des lieux déserts ou peu accessibles, brousse épaisse, forêts coupées de marigots, rochers escarpés où ils forment encore aujourd'hui des îlots de barharie et de méfiance. Ces profondes rivalités qui divisaient les indigènes de tribus à tribus, sinon même de villages à villages, facilitèrent les opérations des marchands arabes, acheteurs d'esclaves et des négriers chrétiens.

Cet état d'anarchie permanente, de force, de ruse et de fourberie seules triomphantes explique que les « Blancs » aient rencontré en Afrique des individus inhabitués à un travail paisible, régulier et continu, avides de jouissances brutales et immédiates, habiles à mentir, pleins de mépris pour la mort et pour la propriété d'autrui.

Des conquêtes et des traités de protectorat firent en peu de temps passer sous la domination de certaines Puissances européennes d'immenses territoires.

Parmi les chefs qu'elles trouvèrent à la tête de groupements indigènes elles investirent certains du titre de représentants de leur autorité, déposèrent et déportèrent les autres. En plusieurs points des hommes nouveaux ou des fils des souverains déchus élevés à l'européenne furent chargés de la direction d'un canton. Au-dessus de tous ces agents inteimédiaires ou parfois à côté d'eux pour les surveiller des officiers d'abord, des fonctionnaires civils ensuite, administrèrent des cercles ou des districts.

Partout les nouveaux venus respectèrent les institutions familiales et religieuses, les biens et les personnes. Aussi les populations se rallièrent bientôt au nouveau régime.

Dans une mesure variable selon les régions, l'administration se perfectionna rapidement. Les lignes télégraphiques posées, les écoles ouvertes, les bâtiments officiels édifiés, donnèrent à tous l'impression que l'occupation étrangère était définitive. Des tribunaux indigènes rendirent une justice conforme aux dispositions des coutumes locales légèrement modifiées. La police fit régner Tordre et la sécurité. Des chemins defer furent construits, des ports outillés, des fleuves balisés. — Des tournées de vaccination, des dispensaires, des puits améliorèrent la santé publique. Le troc disparut. Les commerçants soldèrent leurs achats de produits du pays en espèces et vendirent leurs marchandises contre du numéraire. Les autorités exigèrent le paiement de l'impôt en argent et pour s'en procurer les indigènes employèrent à la cueillette, à la préparation et à la culture du caoutchouc, du coton, du cacao, que les factoreries recherchaient, les meilleurs procédés que les Européens leur enseignaient. Dans l'intérieur du continent le travail agricole s'imposait à tous. La captivité, quoique fort distincte de la traite, était supprimée et chacun devait pourvoir à ses besoins par ses propres moyens.

Dans les villes de la côte, de nombreuses professions nouvelles s'oflraient à l'activité des noirs : travaux domestiques : boys, cuisiniers, boulangers, cochers ; industries : mécaniciens, chauffeurs, soutiers, laptots, manœuvres, maçons, charpentiers, menuisiers ; emplois divers : agents des compagnies de chemins de fer, employés de l'administration : écrivains, télégraphistes, instituteurs, postiers, douaniers, agents de police, tirailleurs, spahis, plantons et garçons de bureau. L'exercice de ces diverses professions isola les indigènes de leurs parents et ne leur donna pas en général les ressources suffisantes pour nourrir plusieurs femmes. Les familles qu'ils fondèrent ressemblent à celles des sociétés monogames.

Les Européens ne remplissent que les fonctions de direc-

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teurs et de surveillants, tous les autres travaux sont exécutés par les noirs.

Les conséquences de l'état de choses nouveau n'ont pas tardé à se faire sentir. Parle fait seul de la paix européenne et sans qu'aucune mesure spéciale n'ait été prise dans ce but les institutions sociales commencent à s'écrouler. Les villages populeux d'autrefois se morcellent en de nombreuses petites agglomérations que les indigènes appellent en certains endroits du nom caractéristique de « villages de CTilture ». Chaque hivernage les pluies font s'effondrer un pan de leur tata (i) sans que nul ne songe à le reconstruire. Les grands carrés se disloquent. Chacun des fils d'un même père préfère vivre avec ses femmes et ses enfants séparé, sinon éloigné de ses frères. Autour de chaque factorerie la brousse est défrichée par des jeunes gens venus souvent de fort loin pour cultiver un lougan C^), réaliser leur récolte et emporter leur gain dans leur pays d'origine. Ils paient le vivre et le couvert que leur assure l'un des indigènes de la localité en travaillant pour lui un ou plusieurs jours par semaine. Les agriculteurs achètent des bovidés et capitalisent en vaches, tandis que les pasteurs et les chasseurs se sont adonnés à la culture.

La disparition de la captivité a rendu le portage difficile dans les régions où les hommes libres répugnent à cet effort. Aussi les transports à dos d'âne, de bœuf, de chameau, par pirogues ou par chalands ont-ils pris partout où ils étaient possibles une notable extension.

Tous ces éléments d'un état social nouveau rendent inapplicables à nombre de cas les coutumes anciennes. Jadis les relations des particuliers étaient dominées par la force. La volonté du chef de famille, tempérée par rintérêt bien compris du groupe lui-même et une certaine pitié pour les individus d'une même origine, était toute

(1) Enceinte fortifiée (au Sénégalj.

- (2) Champ ( d'' ).

puissante dans le carré, ne pliait au dehors que devant une force supérieure. Aujourd'hui la base du règlement de tous les litiges entre indigènes est le recours au fonctionnaire européen, c'est-à-dire à la justice. Aussi les personnages dont le prestige reposait jadis sur la possibilité permanente d'une contrainte matérielle le perdent peu à peu, maintenant que celle-ci n'est plus à leur disposition et déjà en plusieurs points, les administrés n'ont plus le respect des petits chefs. En certaines parties du Sénégal en outre, un père ne peut plus marier sa fille contre son gré, ni disposer à sa guise de l'activité de ses fils. Les derniers serviteurs qui restaient volontairement avec leurs maîtres disparaissent tous les jours. Les fortunes se déplacent et vont aux familles nombreuses unies et laborieuses, aux hommes actifs qui achètent et vont revendre au loin, ou qui se chargent de sous-détails des entreprises européennes.

Dans cette atmosphère sociale qui se différencie de plus en plus de l'ancienne, les qualités natives du noir que l'oppression et la crainte perpétuelle avaient comprimées s'épanouissent librement. Charitables et hospitaliers, serviables et doux, ils respectent les vieillards, aiment les enfants et vénèrent les mères, — les insultes adressées aux mères sont les plus cinglanteset les moins pardonnables — et travaillent avec ardeur, encore que par intermittence. Sobres en général ils présentent un taux de criminalité extrêmement réduit.

Comment ce nouveau milieu réagira-t-il sur les individus? Par suite des facilités de communication et leur grande mobilité, les indigènes prendront conscience de leur nombre et de l'infériorité numérique des Européens. Les antagonismes de race qui jadis firent préférer la domination étrangère à celle d'un adversaire local iront peutêtre en s'atténuant. La génération qui a vécu sous l'ancien état de choses et peut par comparaison mesurer les bienfaits du régime nouveau est bien près de la tombe et c'est

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par des siècles que se comptera l'abime qui sépare celle qui s'en va de celle qui monte. Les masses restent crédules et impressionnables tandis que l'élite acquiert en même temps qu'un sentiment plus vif de sa personnalité (l) une susceptibilité grandissante. L'Islam progesse. Certains marabouts présentent l'anarchie marocaine comme une habile résistance contre les entreprises des infidèles.

Mais les Noirs ne paraissent pas actuellement susceptibles de s'assimiler l'esprit de la culture européenne et de se former avec leur mentalité et leur tempérament propres, leurs souvenirs et leurs aspirations, une civilisation originale et consistante (2). Us en étaient au point où se trouvait l'Europe au lu^ siècle de l'ère chrétienne et brusquement sans aucune transition ont été introduites dans leurs rudimentaires institutions et leurs mœurs grossières des idées etdes innovationsque nous avons mis seize siècles à acquérir. Non seulement ils ne les comprennent pas mais ne cherchent pas en général à en pénétrer la cause et se donnent^ en présence d'une locomotive, d'un navire à vapeur ou d'un appareil télégraphique l'uniforme et inféconde explication « ça y a manière toubab(3) : cela est une affaire des Blancs ».

Il sera difficile de déterminer la base juridique nouvelle des rapports de plus en plus nombreux des indigènes entre eux. Les coutumes qui sont suivies aujourd'hui, fonction d'un état social en voie de disparition rapide, n'auront plus aucun sens dans la société nouvelle qui se prépare. Pourra-t-on comme on l'a essayé isoler dans le Coran toutes les dispositions purement juridiques et en faire le substratum d'un code adapté aux besoins propres

(1) Le ton des journaux publiés au Sierra Leone par des pasteurs noirs peut en donner une idée.

(2) Ils paraissent moins éloignés de la civilisation musulmane qui arriverait peut-être, si elle disposait du pouvoir politique, à s'implanter pleinement dans ces pays.

(3) Au Sénégal, dialecte oualoi'.

de chacune des colonies européennes, préceptes qui sont bien moins éloignés de la mentalité des non musulmans et des quelques indigènes christianisés que les nôtres produits d'une civilisation plus compliquée et plus lointaine?

Laissera-t-on un droit coutumier s'élaborer peu à peu sur un enchevêtrement confus et hétéroclite de principes européens, de maximes coraniques et de survivances fétichistes?

Le problème se pose eu termes sensiblement analogues dans toutes les possessions étrangères en Afrique. Les essais tentés dans l'une pourront servir d'exemples aux autres. Par contre chacune d'elles subira plus ou moins directement la répercussion des fautes graves qui viendraient à être commises dans ses voisines.

Les diverses questions africaines qui se sont présentées ont été l'objet de négociations, d'accords et de collaboration : abolition de la traite par mer, répression de l'esclavage par terre, condition juridique des grands fleuves et modalités des occupations territoriales (acte général de Berlin), régime de la vente de l'alcool (Conventions de Bruxelles, etc.).

Qu'elle y ait constitué de forts groupements de ses nationaux comme en Algérie ou dans la partie méridionale, qu'elle y ait plutôt incorporé des capitaux comme en Egypte et en Tunisie, ou bien qu'elle ait compté sur le travail libre de l'indigène débarrassé de l'anarchie ambiante, l'Europe a apporté dans toutes les portions de l'Afrique oia elle exerce son autorité, avec la paix, Tordre et la sécurité, le goût de l'effort continu et régulier, le respect de la personne humaine, si humble que soit son extraction, le sens de la propriété privée, de l'épargne et de la prévoyance. Dans des milieux sociaux transformés, des germes nouveaux ont été semés. L'avenir saura les fruits qu'ils auront portés.

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Les Européens rencontrèrent en Océanie des peuplades polynésiennes en général peu aptes à coopérer activement à la mise en valeur des ressources naturelles de ces îles et archipels. Aujourd'hui encore la question de l'immigration y est fort importante. L'Australie et la Nouvelle-Zélande furent colonisées par des Anglais, la Nouvelle-Calédonie et Tahiti par des Français, les Nouvelles-Hébrides par des ressortissants de ces deux Puissances. L'Allemagne possède le territoire de l'Empereur Guillaume, les îles Palaos et les Carolines, les Marshall et les plus importantes des Samoa.

Les possessions britanniques du Pacifique sontdes foyers actifs de vie économique.

La houille de l'Australie approvisionne déjà de nombreuses usines et tous les navires qui sillonnent les mers du Sud. Ses mines d'or ont fourni au monde plus de 12 milliards de métal jaune et plusieurs des méthodes découvertes par ses ingénieurs sont actuellement employées dans toutes les exploitations aurifères. Le développement de l'élève des ovins a coïncidé avec Taugmentation de la population de notre continent, l'intensité croissante de l'agriculture et la diminution des terrains de parcours Ses 66 millions de moutons constituent pour elle une source nota])le de revenu. « La concurrence des laines australiennes longues, blanches et soyeuses et le bas prix des transports par mer ont eu pour effet de réduire sensiblement en Europe l'élevage du mouton... une centaine de navires spéciaux transportent en moyenne par an 400.000 tonnes de viandes congelées » (*). Les produHsdeTAustralie, laine, blé, viandes, beurres et fruits, ces derniers favo-

(i) Camena d'Almeida, Les grandes Puissances du monde, p. 61.

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