‹ De quelques éléments du pédicule pulmonaireChapitre 15 sur 36 · LYMPHATIQUES · texte numérisé non relu

LYMPHATIQUES

Nos recherches personnelles sur les lymphatiques du pédicule pulmonaire ont essentiellement porté sur l'examen de 14 dissections de cadavres de tous âges, faites directement sans injection préalable.Sur tous ces sujets, morts pour la plupart d’affections des organes pulmonaires, nous avons pu déceler au voisinage du hile des ganglions,le plus souvent hypertrophiés, quelquefois dégénérés, de couleur rosée chez l’enfant, plus ou moins anthracosiques chez l’adulte.

Ces lésions anthracosiques des ganglions ont été pour nous particulièrement précieuses. Pour quelques groupes ganglionnaires un peu éloignés du pédicule principal du poumon, elles nous ont permis d'affirmer l’origine pulmonaire directe ou indirecte de chaînes ganglionnaires.

Sur quelques sujets maigres, un peu secs, entachés de tuberculose, nous avons pu poursuivre sans injection artificielle quelques vaisseaux lymphatiques.

Pour J’étude de ceux-ci, nous avons également, sur quatre sujets, employé la méthode de Gérota.

Nous nous sommes enfin servi également des quelques pièces sèches où les lymphatiques sont injectés au mercure qu'il

y à au musée de Clamart (salle F, vitrine VI).

C’est essentiellement au voisinage des voies aériennes, vé-

Eh

ritable squelette de la région que nous étudions, que nous trouvons les ganglions lymphatiques du pédicule pulmonaire. Ceux-ci affectionnent essentiellement pour siège les angles de bifurcation tant de la trachée et des bronches que ceux des gros vaisseaux de la région, et s'y répartissent en différents groupes ganglionnaires.

La description que nous allons donner de ces amas lymphatiques se rapproche beaucoup de celle de Barety, d’ailleurs partiellement emprüntée à Becker. Elle en différera cependant par l'adjonction de quelques groupes secondaires non mentionnés dans le texte de Barety ; mais la plupart d'entre eux sont dessinés dans les excellentes planches qui accompagnent

son travail.

Pour l'étude de ces ganglions, une première division s'impose :

Certaines glandes occupent la région médiastinale et s’observent aisément à la suite d’une très rapide dissection à la sonde cannelée.

D’autres, occupant la zone de dispersion du pédicule pulmonaire sont cachées en quelque sorte dans le viscère ; c'est en dissociant plus ou moins le {issu du poumon et de son hile pour séparer les uns des autres les gros troncs bronchiques et vasculaires qu'on se rend compte de leur situation et de leurs rapports.

Nous étudierons donc successivement : les ganglions mé-

diastinaux puis les ganglions interbronchiques.

(TANGLIONS MÉDIASTINAUX.

Ils comprennent, en allant de haut en bas, les importants groupes suivants :

Ganglions latéro-trachéaux. — Ils sont au nombre de 5 à 7 de chaque côté, et nous les avons toujours trouvés très hypertrophiés quand il existait des lésions tuberculeuses du sommet.

Ces glandes lymphatiques sont placées sur les bords latéraux de la trachée entre cette dernière et la plèvre médiastine. Ce groupe ganglionnaire occupe d'ordinaire ua plan antérieur par rapport au pneumogastrique ; parfois un ou deux ganglions sont placés en arrière da nerf. Ce groupe est en rapport en avant : à droite avec la face postérieure de la veine cave supérieure à laquelle les glandes lymphatiques ont tendance à adhérer lorsqu'elles sont dégénérées; à gauche, avec l'artère sous-clavière gauche. A noter également du côté gauche les rapports avec le récurrent. Ce groupe ganglionnaire, par ses

ganglions internes, constitue la chaîne récurrentielle.

Ganglions sus-bronchiques. — Ces glandes lymphatiques sont placées, comme l'indique leur nom, au voisinage du bord supérieur des bronches.

Les plus internes ont tendance à occuper plutôt la face antéro-supérieure (la face postérieure de la bronche est à ce niveau occupée à droite par l'azygos, à gauche par la crosse aortique). Ils affectent des rapports très importants avec différents orga-

nes capitaux du médiastin ; aussi Baréty a-t-il cru devoir

les isoler sous le nom de ganglions prétrachéobronchiques. 5 P Les ganglions sus-bronchiques externes ont, au contraire, e) , plutôt tendance à déborder en arrière le bord supérieur de la bronche principale.

GANGLIONS PRÉTRACHÉOBBONCHIQUES (sus-bronchiques internes).— On donne ce nom à un groupe ganglionnaire formé de de 4 ou 5 glandes lymphatiques qui occupent la face antérosupérieure de l’angle obtus que forment extérieurement la trachée et la bronche principale correspondante.

Cette formation ganglionnaire existe des deux côtés, mais les glandes lymphatiques sont toujours plus développées à droite que du côté gauche. On pourrait supposer que cet inégal développement est dû à la prédominance du poumon droit sur le gauche. Il est plus probable qu'à gauche, le groupe ganglionnaire sus-bronchique interne,gêné dans son développement par la présence des gros vaisseaux artériels, s’est reporté plus en dehors. Le groupe sus-bronchique externe est en effet infiniment plus développé à gauche que du côté droit où il reste toujours plus confondu ou moins avec les ganglions prétrachéobronchiques.

Les deux groupes prétrachéobronchiques affectent dans leur ensemble une forme ovalaire plus ou moins allongée. La grosse extrémité de l’ovale que forme la masse lymphatique est tournée en bas et en dedans.

La situation exacte et les rapports de ces deux groupes sanglionnaires diffèrent à droite et à gauche.

Groupe prétrachéobronchique droit. — Il se compose de

quatre ou cinq ganglions qui, à l’état normal, ont générale-

EN ro

ment le volume et la forme d’un gros pois ou d’un haricot. Ils nous ont paru affecter d'ordinaire la disposition suivante : deux ou trois d'entre eux sont plaqués sur la face antérieure convexe de la trachée et de la bronche ainsi qu’à leur angle de bifurcation. Une ou deux glandes sont placées au-dessus de la bronche ou se trouvent même à cheval sur son bord postérieur qu'elles débordent en arrière.

Ce groupe prétrachéobronchique droit occupe une région limitée par d'importants organes. Ce sont : en avant, la veine cave supérieure et le bord droit de l’aorte ascendante ; en dedans la crosse aortique et la trachée ; en bas le bord supérieur de la branche droite de l'artère pulmonaire ; en arrière la face antéro-supérieure de la bronche droite à sa racine, la face antéro-externe de la trachée et le pneumogastrique droit. Nous avons presque toujours trouvé à ce niveau un ganglion en rapport intime avec le tronc nerveux. En dehors la loge ganglionnaire limitée par Barety au poumon nous a semblé devoir être arrêtée à l’azygos ; les ganglions plus externes sont plutôt rétro que prébronchiques. En haut enfin les ganglions prétrachéobronchiques droits communiquent largement avec la chaine des ganglions trachéo-latéraux.

(ianglions prétrachéobronchiques qauches. — Ils sont représentés par trois ou quatre ganglions sensiblement moins volumineux que ceux du côté droit et qui se confondent avec les ganglions les plus inférieurs de la chaîne récurrentielle.

Ces ganglions sont situés sur la face antérieure de l'angle de bifurcation-de la trachée et de la bronche gauche dans l'espace compris entre ces organes et la crosse aortique qui limite en avant et en haut la loge ganglionnaire.

L'artère pulmonaire forme le plancher de cette loge. En de-

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