‹ De quelques explorations chirurgicales inutiles et dangereusesChapitre 7 sur 10 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

EXPLORATION DE l’ URÈTHRE ET DE LA VESSIE.

Quand l'exploration do l’urèthre et de la vessie devient-elle dangereuse? D’abord quand elle est mal faite; de ceci nous n’avons pas à nous inquiéter, et nous supposons toujours que le chirurgien sait manier ses instruments. Puis, quand on la pratique à un moment inopportun, sans tenir compte de l’état local des organes, et de l’état général du malade. Expliquons-nous. Les qualités de burine varient avec les individus ; chez l’un elle est acide, chez Fautre alcaline. L’état de la vessie ri’est pas le même chez deux malades que l’on examine à une minute d’intervalle; chez l'un elle a conservé toutes ses propriétés anatomiques, chez l’autre au contraire elle est enflammée, d’une façon aiguë ou chronique. Remontant encore dans celte topographie viscérale, nous trouvons d’un côté des organes sécréteurs parfaitement sains, et de l’autre des néphrites à aspect anatomopathologique différent. Les résultats de l’exploration, au point de vue des conséquences, ne seront pas les mêmes dansles deux cas; d’un côté bénigne et inoffensive, elle amènera de l’autre des accidents redoutables. Remonter à la source des ces accidents pour en connaître la cause, c’est presque en indiquer la prophylaxie : ablata causa , tollitur effectus . Malheureusement ici l’étude des causes est encore bien obscure.

On a fait de nombreuses hypothèses ; aujourd’hui même Tac*

obstacle dans la partie de la paroi perforée par les manœuvres antérieures, et où existe sans doute un tissu cicatriciel en voie de formation.

En vérité, nous nous demandons, dit Dupuy, s’il est permis à un chirurgien honnête de jouer ainsi avec un organe aussi délicat et susceptible que l’utérus. Or, l’exemple de Hœnning n’est malheureusement pas le seul. » On peut rapprocher ce fait de Hœnning des explorations du côlon et du cæcum que fait G. Simon (de Berlin), en introduisant la main tout entière par le rectum.

;ord est loin d’être parfait. Chirurgiens et chimistes se sont ifforeés d’avoir la. solution du problème. Tel a invoqué la présence d’un ferment spécial donnant à l’urine des propriétés lélétères ; tel autre, admettant la fermentation, a admis aussi in grand nombre de ferments pour la produire. Celui-ci a assisté les accidents consécutifs au cathétérisme à ceux de la résorption purulente; celui-là a fait de la néphrite le point de départ de tous les accidents; pour ce dernier on n’avait affaire qu’à de T urémie. De grands noms se sont mêlés à cette discussion. Les accidents ne sont pas contestables ; la cause seule est sn litige. Chacun, suivant la cause qu’il admet, conseille une prophylaxie différente ; l’un veut la destruction préalable du ferment/l’autre demande qu’on modifie, par des procédés qu’il indique, les qualités de l’urine. Celui-ci veut qu’avant toute exploration on modifie l’étal général du malade, celui-là demande que l’on guérisse l’affection rénale, source des accidents. Comme ces moyens sont faciles à mettre en pratique, tout au moins à essayer, on serait coupable de ne pas les tenter, ■si l’on réfléchit à tous les accidents consécutifs au cathétérisme, Au moins, si l’on ne réussit pas, aura-t-on tout fait pour les -empêcher.

Ce qui a été dit sur ce sujet jusqu’à présent s’est appliqué aux opérations. Par une induction légitime que nous avons déjà justifiée, nous l’appliquons aux explorations. Que le cathétérisme soit évacuateur ou explorateur, pour nous c est tout un.

L’exploration de l’urèthre et de la vessie date de longtemps. Ce serait à l’Ecole d’Alexandrie, au dire de Malgaigne, que reviendrait l’honneur de l’invention de la sonde courbe, et bien avant l’apparition de cette Ecole, on sondait les malades pour vider leur vessie trop pleine. Galien indique l’emploi de 1 algalie contre diverses affections compliquées de rétention d urine ; les succès seurs de Galien se servaient de la sonde droite.

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