OBSERVATION IV
Parue sous le n° XX dans l'article « Formes douloureuses de la luxation congénitale de la {hanche » par Nové-Josserand et Rendu
(Lyon chirurgical, 4% juin 4909).
Jules F... Luxation de la hanche gauche, opérée en avril 1899, alors que l'enfant était agé de 6 ans et demi.
Juillet 1900. On note que le résultat anatomique et fonchonnel est parfait. Ce résultat se maintient en décembre 1902: la tête occupe une silualion normale: les mouvements sont complets; la capacité de marche très bonne (10 kilomètres).
En août 1908, le malade signale que son état est toujours sa-
üsfaisant, puisqu'il est capable de marcher jusqu'à trois heu res sans fatigue. Mais :l ressent, à des intervalles très réguhers, des douleurs survenant sous forme de crises qui l’obligent à cesser de marcher pendant une semaine.
Ces phénomènes de contractures, de boïteries et de douleurs, qui ne puisent pas leur origine dans une lésion anatomique, peuvent êlre comparées à ceux qui se passent dans une arliculation atteinte d'ostéo-arthrite tuberculeuse au début. Dans cette affection, en effet, on voit survenir de la douleur, de la limitation des mouvements et une claudication du même type. Pourtant, il est bien avéré que les hanches de nos malades ne sont pas tuberculeuses, leur évolution ultérieure le prouve surabondamment.
Il est simplement probable qu'il n'y à entre les deux affections qu'une analogie de processus. La réaction de la hanche, qui, dans la tuberculose, est due à des phénomènes mfectieux, résulte sans nul doute, après la réduchon de la luxation, du travail irritalif qui se passe dans les pièces articulaires, el d'où procède la réfection de l'articulation. La contraclure est due à une action nerveuse réflexe, à point de départ articulaire.
Peut-être, d'ailleurs, le fait que ces troubles ne surviennent souvent qu'après une certaine période de repos. permel-il de penser qu'une mlecuon banale et passagère n'est pas étrangère à leur production. Toutefois, l'absence de gravité de ces lésions et leur évolution apyrétique parlent contre cette hypothèse.
Gourdon, enfin, à signalé au Congrès de chirurgie de Paris, 1912, qu'environ 40 p. 100 des cas de Juxation
congénitale de Ja hanche bilatérale et 20 p. 100 des Tuxa-
Uions unilatérales s'accompagnent de symptômes d'hyperexcitabilté nerveuse. Ils se traduisent par de l'hyperhesthésie cutanée, de la conträciure musculaire, et de l’exagération des réfiexes. Ces malades réagissent plus vivement, pendant et après l'intervention, et sont plus prédisposés aux accidents paralytiques: de plus, le traitement post-opéraloire est plus difficile chez eux, car 1ls présentent des raideurs par contracture, pémbles à vaincre et marchent beaucoup plus tard.
Il est possible que ce soit à une telle catégorie de malades que se rapportent les observations ci-dessus.
Il n'en est pas moins vrai que si une hyperexcitalhté nerveuse intervient pour favoriser ou exagérer les accidents, il faut chercher la cause première de ceux-ci dans le travail irritatif que subit la hanche après la réduction.