‹ De quelques maladies de la hanche: consécutives à la réduction non sanglante de la luxation congénitale et notamment de la coxa varaChapitre 20 sur 34 · ORNE" A · texte numérisé non relu

ORNE" A

Il nous paraît donc que si la luxation congénitale de la hanche avec coxa valga peut s'expliquer par un simple arrêt de développement, pour les cas de coxa vara il faut faire intervenir l'idée d'une malformation primitive dont l'inflexion du col ne serait que le témoin.

b) Coxa vara acquise. — Dans la luxation de la hanche, beaucoup de coxa vara éliquetées congénitales sont en réalité acquises et relèvent par conséquent de la même pathogénie que celle qu'on trouve chez les vieux sujets. Pour ceux-là, la cause principale de l'inflexion du col semble bien être la surcharge.

Nous renvoyons, pour l'étude de cette pathogénie à ce que nous en disons dans le chapitre suivant, à propos des

Coxa vara consécutives à la réduction.

Coxa vara du côté sain dans la luxation congénitale. — Pour être complet, 1] faut encore signaler les cas où, dans la luxation congénitale de la hanche, la coxa vara apparait du côté sain. De pareils faits ont été rapportés par Alsberg, Helbing, Albert, Ludloff (11° Congrès de la Soc. d'orth.) et enfin Perrin (Revue d'Orth., 1912).

À quoi peut-on attribuer, cette lois, l'inflexion du col fémoral ?

Dans les deux observations d'Ielbmg et de Perrib, 1 s'agissait d'enfants manifestement rachitiques. IE n'est donc pas douteux que le rachitisme entre pour une bonne part dans la production de ces coxa vara. Mais nous ne nous croyons pas pour cela autorisé à conclure, avec Perrin, sur ces deux exemples, que le rachilisme soit seul en cause, car il n'est pas signalé dans les autres observations, Pour Alsberg, il s'agit là d’une courbure de

= 40 compensation : le col de la hanche saine s'infléchissant pour rétablir l'équilibre entre Ja jambe normale et Ta jambe malade, fonctionnellement raccourcie. Pour les divers auteurs allemands, du fait de la luxation congénilale, la hanche saine subirait un hyperfonctionnement el s'infléchirait sous l'action de la surcharge. Ces deux opinions ne nous paraissent pas suffisantes pour expliquer les faits, car alors, au lieu de constituer une complication exceptionnelle, la coxa vara du côté sain devrait être la règle dans la luxation congénitale de la hanche.

L'étude anatomo-pathologique de la luxation nous a montré que, le plus souvent, la hanche saine n'était pas exempte de toute lésion. On a pu y trouver des troubles du côté des noyaux d'ossification et elle présente le plus généralement une teinte claire à la radiographie, qui accuse un certain degré de décalcification. Le Damanx ajoute, dans la Revue d'orthopédie 1905, qu'elle peut être sur la limite de la normale quelquelois en imminence de luxation : antéversion et coxa valga plus où moins marquée.

Ainsi, les lésions les plus diverses qui peuvent frapper la hanche saine, coxa vara, coxa valga, luxation ou préluxation revêtent la même signification et sont, au même litre que la mallormation la plus accusée un aboutissant de la maladie générale qui a lésé le fœtus : ces malformalions relèvent du même facteur étiologique et ont évolué dans des sens différents, ou bien l'une d'elles, par suite d'une cause inconnue,s’est arrêtée dans sa marche. Ainsi. lorsque le rachilisme n'est pas en cause, la coxa vara du côté sain est due à une malformation congénitale et si parfois elle n'apparaît que tardivement, elle n’en recon-

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