I. — Phénomènes primitifs après la réduction
Ils sont bien mis en lumière par les travaux de M. Nové-Josserand, qui s'appuie sur une observation personnelle et sur les aulopsies antérieures de Veau, de Cathala et de Müller, qui ont trait à des hanches récemment réduites.
Dans la deuxième observation de Müller, il s'agit d'une fillette de 2 ans et demi, atteinte de luxation double de la hanche, qui succomba six semaines après la réduction de la hanche droite. L'autopsie montra que la réduction s'était maintenue et la comparaison de la hanche opérée avec celle qui n'avait pas été trailée permit de bien se rendre compte des modifications qu'avait déterminées la réintégration de la tête dans la cavité.
Le cotyle s’est ouvert, sa coupe, au lieu de présenter la forme d'un C, a pris celle d'une cuvette peu profonde et à bords presque plats. Sa surface s'est régularisée pour s'adapter au contour de la tête; il reste cependant quelques espaces encore remplis de graisse au niveau desquels le contact des surfaces articulaires est imparfait. La capsule présente une disposition très intéressante : l'élargissement de sa partie postéro-supérieure, qui coiflait la têle luxée, a disparu; on trouve, à ce niveau, de nombreux plis déjà adhérents entre eux, au point qu'il n'est pas possible de les séparer pour rendre à la capsule la forme en dôme qu'elle a de l’autre côté. Cette rétrac- Hon de la capsule paraît être le principal agent de mainlien de la réduction. | Il résulte donc, de ce fait, que la réintégration de la tête dans le cotyle rudimentaire, détermine une modhification presque immédiate de ce dernier : ses bords cartilagineux s'évasent, sa surlace se régularise, la graisse qui le remplissait disparait: en un mot, 1l se fait un modelage qui a pour eflet de rendre le cotyle habitable, autant que ses dimensions le permettent. S'il est large et profond, comme à l’état normal, la stabilité de la hanche peut se trouver assurée, ainsi, au bout de quelques semaines; mais s'il est rudimentaire, comme c'est le cas habituel, le maintien de la réduction dépend tout d'abord presque exclusivement des parties molles : ce sont la tension élastique des muscles qui résulte de l'attitude en abduction et la rétraction de la capsule en haut et en arrière qui fixent la tête contre le cotyle et l'empêchent de se reluxer. (Nové-Josserand, Revue d'orthopédie, 1912).
Il. — Organisation du cotyle cartilagineux
ou période secondaire
Dès lors, l'organisation du cotyle va entrer dans une deuxième phase. M. Nové-Josserand examinant d'une façon minutieuse une pièce anatomique, constate qu'au premier abord il semble y avoir peu de différence entre le colyle du côté lésé et celui du côté sain, mais il s'apercoil, en superposant les coupes faites sur la hanche saine et sur la hanche réduite, que sur la première la cavité se trouve creusée surtout aux dépens du issu osseux, el que cette partie est, au contraire, peu profonde sur la seconde. Comme nous l'avait déjà montré la radiographie les deux noyaux osseux qui forment Je fond du cotyle sont beaucoup plus épais du côté opéré que du côté sain, ils revêtent une forme massive el ont une surface presque plane, mais, par contre, le fibro-cartilage qui le recouvre s'élève plus haut que l’autre d'environ 2 millimètres.
Ainsi, alors que du côté normal la parlie osseuse forme presque les trois quarts de la cavité, du côté opéré, elle en représente à pee la moitié, el c'est le fibro-car-üilage, très développé, très haut, qui lui donne sa prolondeur et le rend capable de retenir la tête ».
Si maintenant nous nous reportons à l'anatomie d'une hanche luxée non opérée, nous trouvons un cotyle osseux peu profond, qui est incapable de modification immédiate. La tête, dans le nouveau cotyle, repose sur un fibro-cartilage faiblement adhérent à l'illon et qui est manifestement le fibro-cartilage arliculaire déformé el aplati sous l'action de la têle. C'est grâce au relèvement