‹ De Quelques Notions Critiques sur la Pathogénie et le Traitement de l'Angine de PoitrineChapitre 14 sur 26 · I. — Traitement médical symptomatique · texte numérisé non relu

I. — Traitement médical symptomatique

A. — Pendant la crise

Envisageons tout d’abord ce que nous pourrions appeler le traitement d'urgence de l’angine de noitrine, c’est-à-dire le traitement de la crise.

Ce sont les nitrites qui sont les médicaments de choix de l'accès de l’angine.

Le nitrite d'amyle agit par son action vaso-dilatatrice immédiate. Pourtant il faut savoir que cette vasodilatation, surtout marquée à la face, l’est beaucoup moins dans le médiastin, ce qui explique certains échecs de ce produit au cours des crises angineuses. Le nitrite d’amyle se donne en inhalations de quatre à dix gouttes versées sur un mouchoir ou un tampon d’ouate, que le malade respirera aussi près que possible des narines.

La trinitrine a une action aussi rapide mais plus constante que le nitrite d'amyle, d'effet presque instantané, mais passager, la trinitrine sera prescrite uniquement au début de la crise :

Solution alcoolique au 1/100 de

IL RILEELRER ee RM ARETEUn L.XXX gouttes.

EURE EC a, qsp. 1.000 grammes.

Prendre une à quatre cuillerées, à une minute d’intervalle chacune, au début de la crise.

VAQUEz préconise la formule suivante, dans laquelle l'association de morphine et de sirop d’éther d'une part, sont des adjuvants sédatifs très heureux et de caféine d’autre part, combat l’action parfois trop violente de la trinitrine :

Solution alcoolique de trinitrine au

LOC ARE L.X gouttes.

Benzoate de soude .............. 2 grammes.

CHÉIMONS Er MC TRE 1 gramme.

Ghlorhiydrate d'Héroite rer 6 centigrammes SITOD: d'ÉthET ee Tee 20 grammes.

ee qsp. 100 grammes.

chaque cuillerée renferme IV gouttes de solution de trinitrine et 0,003 d’héroïne.

Prendre une à quatre cuillerées à café, de minute en minute, dès le début de la crise.

La trinitrine s’élimine très rapidement, le médecin peut donc conseiller son administration à plusieurs reprises, chaque série de trois à quatre cuillerées à café étant espacée de dix minutes environ.

Il n’est pas besoin de se préoccuper de la dose maximum en 24 heures, il faut seulement, à chaque prise, ne pas dépasser XV à XVIII gouttes de solution alcoolique 1/100° de trinitrine. Le plus souvent une dose de XII gouttes de solution 1/1000°, soit trois cuillerées à café de la formule de VAQUEz, suffit pour arrêter une crise.

La trinitrine est également présentée, soit seule, soit en association, en comprimés et en dragées dosés à I ou IT gouttes de trinitrine. Cette forme de prescription est évidemment très pratique, car le médicament est ainsi facile à transporter et à absorber. Les dragées les plus souvent prescrites, sont les dragées DuBois

NI

dosées à II gouttes de solution de trinitrine. Il faut les croquer et non les sucer au début de la crise. Leur faible dosage oblige à en croquer deux dans les cas de grande crise angineuse, et à recommencer une ou deux fois si cela est nécessaire.

À côté de la trinitrine, il faut citer également les autres éthers nitriques, en particulier le tétranitrol (tétranitrate d’érythrol, érythrite tétranitrée) d’usage moins courant.

Il se prescrit en comprimés à la dose de cinq milligrammes à quatre centigrammes.

GRANDS ACCÈS — ÊTAT DE MAL ANGINEUX

Chez certains grands angineux, ni le nitrite d’anyle, ni la trinitrine n’amènent la cessation de la crise, la médication héroïque est dans ce cas l’opium, sous la forme d'injection sous-cutanée :

Soit de :

Chlorhydrate de morphine, un centigramme.

Soit de :

Sedol (morphine, six milligrammes; scopolamine, deux dixièmes de milligramme).

Soit de :

Pantopon Roche.

Cette injection pourra être répétée pendant plusieurs jours pour arriver à calmer un état de mal angineux.

Vaquez et DANTÉLOPOLU préconisent l’adjonction de 1/4 de milligramme de sufate d’atropine dans les cas où l’action inhibitrice de la morphine serait à redouter.

En dehors des indications de la morphine ou si l’on ne veut pas recourir à elle, il faut user des hypnotiques et des antinervins. Ils viennent comme médica-

tion d’appoint au point de vue sédatif, pour combattre l’insomnie qui favorise si malencontreusement la reprise des accès.

Il faut user d’hypnotique actif, surtout pour la première nuit, et utiliser pour cela le véronal ou :es dérivés :

Métopal enter ou: sue 0 gr. 30 ou des spécialités comme :

Le Somnifène Roche : XL gouttes dans un denmiverre d’eau ;

L'Hypneural Cos (2 cachets ou comprimés à la fois).

Les sédatifs comme la valériane et le bromure ne seront utilisés que dans l'intervalle des crises car leur action est trop légère pour être efficace pendant la première nuit de l’accès.

Quand l’état de mal angineux s'accompagne d'insuffisance cardiaque il faut la traiter. DanréLopoLu conseille d'utiliser l'injection d’ouabaïne, 1/8 de milligramme.

B. — En dehors de la crise

B) En dehors de la crise

1° Hygiène. — Pendant les périodes de rémission entre les accès, le traitement devra comporter une série de précautions hygiéniques et diététiques faites pour mettre le malade à l’abri de tout ce qui pourrait réveiller l'accès.

Si le patient ne peut pas prendre de repos, du moins lui sera-t-il recommandé de réduire son activité dans la mesure permise par sa situation sociale. Tout travail excessif, aussi bien physique qu'intellectuel, sera supprimé.

rs

Dans la vie jou:naiè.e, les efforts seront le plus possible évités. C'est ainsi que les promenades fatigantes, les courses longues, la marche rapide, les montées d'escalier, le port de colis lourds seront défendus.

Les excès génitaux seront évités.

Il faut conseiller une vie calme, exempte d'émotions sentimentales ou professionnelles.

Le milieu dans lequel vit le malade a souvent une grosse importance : il devra se mettre à l'abri des variations de température, de l’humidité, ne pas vivre sous certains climats trop rudes comme le bord de la mer ou la montagne.

L'hygiène digestive est, dans certains cas, un véritable traitement préventif des accès. Il faut supprimer toute cause de digestion difficile et conseiller la diète végétarienne, des petits repas peu copieux, faire éviter l'alcool. L’aérophagie, dont le rôle est souvent néfaste, sera dépistée et traitée avec soin.

2° Traitement médicamenteur. — En dehors des accès, les sédatifs doivent être utilisés comme stabilisateurs du système nerveux. Les bromure et la valériane sont assez peu actifs, mais on peut employer l’excellente formule de PoTaAIN :

AS ADMET ACL Le Valérianate de quinine......... LR Et NN RP RE 0,02 Pondrerd'ODIURES 2 1 0,01

L'’aspirine peut y être remplacée avantageusement par la salipyrine ou l’antypirine.

Les médicaments du système nerveux végétatifs ont été préconisés par les auteurs modernes. SÉZARY conseille l’utilisation du gardénal à la dose de 0 gr. 05-

Page 1