‹ De quelques ouvriers-poètesChapitre 12 sur 28 · C.ai' ses préilicti(ms étaient autant d'oracles · texte numérisé non relu

C.ai' ses préilicti(ms étaient autant d'oracles

Commandait le respect, le méiilait aussi,

Kt c(mciliatii(!e elle fit des miracles.

Elle donnait espoir aux pauvres amoui'eux,

S..luait leurs pinjcts d'un tavurable aniline,

Ceux qu'elle avait luiis se disait ni tous lieure:ix

El chacun consultait maman nonne-Av( ntinc

Maman nonnc-Aventnrc avait de pr'os tré>oi'^,

Des trésors de récits de léi^endes bien sonibies ;

Et (piand elle eoniait )l arrivait alors

(J(i(; l'esprit évo(juait de fantastiipies ombres.

On voyait s'a|tpruclier l'elTrayant lonp-irarou

Pont elle di'[ieii;nait les traits cl la t(Hirnurc ;

On eidendail le cri du run('-bre liilxui

Elle contait ^i bien, maman L'onne-Avcnlu:c.

itlaman Bonnc-Avonlure l'-laiL tirs pauvre, liélasf Malgi(' sa bonne )iumcui,, un jour, c'csl tiiste à dire. Elle nianqna de fiain on ne le savait pas (]ar lièrc elle cacliail la faim sous uii sourire. On aurait pu prévoir, éviter ses douleurs. Pourtant on se souvint ([u'enfant de la nature Elle avait ador<' (|uatre-vinL;ls ans les llenrs. Et sous les fleurs on mit maman Bonne-Aventure.

Voilà de la i,^ràce dans le sentiment. Le srnliment est la note dominante dans les œuvres de M™'' Elie. Ses pt^incipales chansons sont : Enfants, voici i\'oël; Pomme et Raisin; Mademoiselle Ltopie; Fleurs et Douleurs ; Mi jani(u'< ni toujours; (Conseils à mon fils; Seize ans: Ouvrez voire porte aux amours. Cette dernièrti est une villanelle loute poétique, elle commence ai»si :■

J'ai pour vous dès l'aubo, ma belle, Ravagé les épnis buissons, Et dans laubt'pine nouvolle J'ai déniché de gais pinsons.

Pauvres petits ils vous iippèlont, Votre cœur est-il sans pitié?

Et dans les notes qu'ils épèiont Ils vous diront mon amitié.

C'est le premier mai, douce amie, Ah! revêtez vos blancs atours, En vain vous faites l'endormie.

Ouvrez votre porte aux amours.

Comme M"^ Fleury, c'est dans les heures volées au travail que M™*^ Elie écrivait, eav son métier de fleuriste demande beaucoup d'assiduité pour procurer la vie; ces habiles ouvrières, qui l'ont concurrence au printemps

en produisant des fl(;urs aussi Jolies que les siennes, vivent péniblement du produit de leur travail.

M'"'' Elie était d'un caractère très enjoué, luttant contre les mauvais jours, qui neman- (juent jamais à l'ouvrier, avec une ptiilosophie sage, où l'espoir du lendemain perçait toujours. La poésie fut sa grande consolatrice, c'est à elle qu'elle a dû les heures les meilleures de son existence. Le contact de ses confrères en couplets était son grand bonheur, elle était pour tous un bon camarade. Dire une de ses chansons, serrer une main amie, elh? était riche I II faut que le pauvre crée son bonhpur.

Le plus dur moment de la vie de cette aimable femme fut l'année 1871. M"* Elie avait un fils, il avait fait son devoir de citoyen pendant la guerre; la Commune arriva, il fut mêlé au mouvement... puis arrêté. Pauvre mère! que de tristesse, que de souffrances! •

r.e fils était brave, ?^ov de sos convictions, il les défendit devant le Conseil de guerre. Une condamnation s'ensuivit et les douleurs do la mère grandirent encore dans ce coeur d(''jA si éprouvé.

Ah î si Ton ne meurt pns sur le coup de ces brutalités du sort, on n'en est pas moins frappé mortellc'ment !

A cinquante ans. M""" P]lie écrivit la chanson suivante, sous le modeste tili'o de :

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