‹ De Quelques Petits Signes Des Lésions Des Lésions Du Sciatique Et De Ses Branches En Particulier De L'Augmentation Du Reflexe Patellaire Et Du Signe De La Flexion Du Gros OrteilChapitre 6 sur 29 · LE REFLEXE PATELLAIRE · texte numérisé non relu

LE REFLEXE PATELLAIRE

De même que les différents troubles de la trophicité ont eu besoin d'être précisés dans leur rapport avec l’altération nerveuse pour acquérir une réelle valeur diagnostique, non seulement au point de vue de la réalité de cette altération, mais encore de son degré de gravité, de même il était indispensable de préciser l’état du réflexe patellaire, d'indiquer sa variation suivant le degré de la névrite, sa modalité clinique pour chaque cas.

L'exagération du réflexe patellaire avait déjà été signalée d'une façon épisodique par les classiques, par exemple par Babinski, dans le Traité de médecine de Bouchard, en ces termes un peu vagues : «Le réflexe patellaire est exagéré dans certains cas, normal dans d’autres ? »

Plus récemment, par Babinski (Revue neurologique, numéros 17-18, mai-juin 1915). chez un blessé par une balle reçue à la partie moyenne de la région postérieure de la cuisse, «ilien est résulté une paralysie avec 'amyotrophie et réaction de dégénérescence de tous les museles de la jambe et une anesthésie du pied et de la jambe dans le domaine du sciatique; on constate aussi de

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l'atrophie du triceps crural, mais, dans ce muscle, il y a seulement de la subexcitabilité électrique, sans réaction de dégénérescence. Il est enfin à remarquer que le réflexe achilléen est aboli, tandis que le réflexe rotulien est exagéré ».

Maurice Villaret et Faure-Béeaulieu ont eu le mérite de montrer que, dans les lésions du sciatique ou de ses branches, le réflexe patellaire est exagéré de fee pour ainsi dire constante.

Ajoutons, cependant, que cette exagération peub, dans certains cas, être masquée par une contraction des antagonistes du quadriceps fémoral. Cette exagéralion se constate à la vue, quand on percutele tendon du quadriceps fémoral : on assiste alors à une réaction du muscle plus vive et plus ample que celle du côté sain.

De son côté, Jumentié a constaté, par l'enregistrement graphique, cette exagération du réflexe patellaire, dont l'intensité exaltée s'oppose, suivant les cas, à la conservation, à l’affaiblissement ou à l’abolition du réflexe achilléen correspondant.

PATHCGÉNIE

Babinski (Revue neurologique, n° 17-18, mai-juin 1915), à.propos de ces faits, s'exprime de la façon suivante : « Dira-t-on qu'il y a une névrite profonde du sciatique et une névrite superficielle du crural. une névrite de ce dernier genre pouvant produire de la subexcitabilité faradique, jointe à la surréflectivité tendineuse. Je n’accepterais guère une pareille interprétation et je crois plutôt que les troubles observés dans le domaine du crural sont d’une nature toute différente que ceux du sciatique. Ce sont des phénomènes dits réflexes, comparables à ceux

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que provoque une lésion osseuse ou articulaire. Il y a donc, en pareil cas, association de deux ordres d’accidents, ayant une symptomatologie toute différente, dont l'évolution ne sera pas la même, et qu'il faut savoir séparer. »

Pour le professeur Grasset, l’exagération du réflexe patellaire ne serait que la conséquence de l'augmentation de la réflectivité tendineuse, due elle-même à l'état psychonévrosique.

Pour nous, avec MM. Maurice Villaret et Faure-Beaulieu, cette exagération est surlout causée par la diminution du tonus des muscles de la face postérieure de la cuisse, en particulier du triceps sural, muscles innervés par le sciatique ou sa branche poplitée interne, tous muscles anlagonistes du quadriceps fémoral.

Comme nous le verrons dans les observations que nous rapportons, il peut arriver, en effet, que le réflexe achilléen demeure normal, alors que le réflexe patellaire est déjà exagéré. Ceci ne doit pas nous élonner, car un muscle, bien qu'atteint d'hypotonie, peut garder son réflexe tendineux intact. L'hypotonie et la réflectivité tendineuse, qui souvent marchent de pair, sont cependant deux choses différentes et qui peuvent se dissocier,

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