L ARSIS ET LA THÉSIS
ployés dans les beaux-arts. Il est susceptible de plus et de moins-, et de fiiit, nous voyons que les pieds anciens nooseulement étaient fort inégaux, mais entraient dans les mêmes vers malgré cette inégalité.
A quelle époque ont été inventés les pieds grecs? ont-ils ou précédé ou suivi les vers? De ces deux questions, la seconde seule est vraiment importante pour nous, et doit, d'ailleurs , entrsdner la réponse à Tautre. D est fort évident que les vers ont précédé les pieds. Gicéron le fait entendre très-clairement*; saint Augustin l'explique avec une grande netteté dans son Traité de ïa mutique, quand il dit que tout ce qui, ayant une terminaison marquée et s'étendant à plos d'un pied, est chanté ou prononcé de manière à flatter Toreille par une certaine égalité, et avant toute considération de nombres, est un vers. Quum aliquid caniiur$ive pramuntiaîur quodhabeat eertumflnem, etplushabeaiquamummpt' dem, et nantirait motu ante amsideraticmemnumerorum, sen- $um quadam œquabilitate demulceat, jam metrum est*. Quinyiien, enfin, le déclare expressément : Poema nemo dtMavêtit imperilo quodcun initio fusum, et aurium men$ura H smilUer decurretfUium spatiarum observatione e$se genercJumi max m eo reperlos pedes*. Personne ne doutera que les vers se soient d'abord produits sans art, et qu'ils soient nés du seul sentiment rhythmique de nos oreilles , et de l'observation de prolations semblables : bientôt on y a déterminé des pieds.
Les pieds sont donc nécessairement postérieurs aux vers, c'est un moyen de régulariser la versification qui a été in. venté entre l'époque de la composition des premiers vers, et celle des premiers Uraités où il en a été précisément ques-
• Oral., 55, n«183.
* De muiica, 111, 8, n« 19, p. i04.
» Imt. oral,, IX, 4, n« 4<4.